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[Chronique] The Computers, Love Triangles Hate Squares, un rock déjanté furieusement fifties

[Chronique] The Computers, Love Triangles Hate Squares, un rock déjanté furieusement fifties

15 mai 2013 | PAR Marie Charlotte Mallard

Alors que le groupe britannique originaire d’Exeter s’était fait connaître avec un premier album plutôt punk, il nous revient avec un nouvel opus tendance fifties Rockabilly complètement déjanté et décoiffant ! Sans tomber dans la caricature Rétro et tout en gardant ses influences punk, le groupe semble revenir aux origine avec « Love Triangles Hate Squares »  et se confère par la même une nouvelle identité musicale.

Credit - Dean ChalkleyL’album s’ouvre sur « Bring me the head of a Hipster », quelques rifs de guitares qui débouchent d’entrée sur un fougueux et impétueux Rockabilly, pure folie, douce et suave frénésie savamment rythmée qui ne vous donne qu’une envie, danser, sauter, dans tous les sens. Vif, énergique, endiablé, le titre vous transporte dans une autre époque, celle ou le rock émergeait à peine et se dansait encore en couple. Une époque où le rock encore à ses premières heures n’était pas fait que de guitares électriques tapageuses, vociférantes et tonitruantes, mais mêlait influences country intégrant orgue et surtout harmonica, autant que Jazz laissant encore une place au piano et aux cuivres, se laissant guider par une basse et une caisse claire sonnantes et continues.

Le deuxième titre « Love Triangles Hates Squares » du nom de l’album en témoigne d’ailleurs. Introduit par une basse subtilement bluesy le titre d’où coule également une pointe de soul par la présence du chœur en refrain se révèle être un savoureux melting-pot des genres, la voix du chanteur nous rappelant néanmoins l’origine punky de groupe. Terriblement Revival la troisième plage de l’opus «  MR. Saturday Nigth » nous fait ensuite littéralement fondre. Cette fois, un roulement de tambour martial introduit basse, orgue électrique et guitares partant au quart de tour, accentuant un peu plus encore l’ardeur délirante que porte le groupe au sein de cet album. Pétillant, sucré sans être mielleux grâce notamment à une rythmique très marquée, il nous rappelle à bien des égards, dont l’insouciance légère et le discours pour midinette, le Rock de Chuck Berry ou Buddy Holly. Une tendance que l’on retrouve également dans d’autres titres tels que C.R.U.E.L, calme et douce ballade dont les sonorités toutefois plus typées rock adolescent nous séduisent moins, de même « Point of interest » un Rock-Pop tendance Coldplay  qui nous emporte peu.

De manière générale, les inspirations diverses de The Computers se font largement sentir tout au long de l’album. L’emprunte du King, Elvis y est d’ailleurs largement présente, inspiration que l’on retrouve par ailleurs dans le look capillaire du groupe, en effet, The computer en plus de signer un album retour aux sources signe également le retour de la fameuse banane. Ainsi les titres « Sélina Chinese »  et « Sex text » nous ramènent largement aux grandes heures d’Elvis, la première intégrant un piano martelant rythmes saccadés et intégrant mélodies aux accents proprement jazzy typiques des années 50, de cette grande époque qui a vu naître et populariser le rock, et la seconde avec une introduction langoureuse à la guitare, plus allante, dont les lignes harmoniques utilisées nous ramènent dès son introduction au célèbre « Love me Tender ». Les inspirations et influences d’ordre harmoniques ne s’arrêtent d’ailleurs pas là, ainsi le titre « Disco Sucks » nous renvoie indubitablement au fameux « Money » des Pink Floyd.

Nos Rockeurs de The computer ont donc largement révisé leurs classiques, et dépoussièrent tant le répertoire que le genre, redynamisant les tempos, apportant avec beaucoup de finesse au rock d’antan une vivacité nouvelle et le brillant éclat d’une jeunesse retrouvée. Sans non plus faire la part belle à ses propres origines The computer semble visiblement avoir trouvé le juste équilibre entre tradition et modernité, le tout aboutissant à un exquis et délectable Rockabilly, sur-vitaminé, effréné, passionné et déraisonné.  Véritable exaltation diabolique, nul doute que cet opus vous déchaînera et vous emportera de bout en bout dans une folle farandole un brin vintage emplie d’une bienveillante et non moins galvanisante nostalgie.

A noter que le groupe sera en concert au festival Papillon de nuit le 18 mai prochain. Toute leur actu ici.

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Marie Charlotte Mallard
Titulaire d’un Master II de Littérature Française à la Sorbonne (Paris IV), d’un Prix de Perfectionnement de Hautbois et d’une Médaille d’Or de Musique de Chambre au Conservatoire à Rayonnement Régional de Cergy-Pontoise, Marie-Charlotte Mallard s’exerce pendant deux ans au micro d’IDFM Radio avant de rejoindre la rédaction de Toute la Culture en Janvier 2012. Forte de ses compétences littéraires et de son oreille de musicienne elle écrit principalement en musique classique et littérature. Néanmoins, ses goûts musicaux l’amènent également à écrire sur le rock et la variété.

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