Pop / Rock
[Chronique] « Panda Bear Meets The Grim Reaper » : migraineux quoique pop

[Chronique] « Panda Bear Meets The Grim Reaper » : migraineux quoique pop

12 janvier 2015 | PAR Bastien Stisi

Cofondateur émérite et multitâche d’Animal Collective et tampon indé-tarée du dernier album des Daft Punk (avec qui il a collaboré sur l’étrange « Doin’it Right »), le New Yorkais Panda Bear (que l’on nomme Noah Lennox dans le civil) fait paraître son cinquième album solo, le hautement vénéneux Panda Bear Meets The Grim Reaper.

[rating=3]

« Mr Noah », single dévoilé en amont (et avec un EP du même nom), instant censé s’avérer plus pop et plus accessible que le reste : on y entend le chant plaintif de canins (sans doute des loups plus que des caniches…), et celui, simultané, de boucles robotiques salement enrayées, rapidement accompagnées par la voix obsessionnelle, tordue et convaincue de Noah Lennox, venue se joindre à la folle et alambiquée cacophonie de ce morceau salement tortueux…Ceci symbolise ainsi ce que représente Panda Bear Meets The Grim Reaper, et plus globalement, l’œuvre personnelle (jamais trop lointaine de ce qu’il fait sous l’étiquette Animal Collective) du brillant et détraqué Noah : un immense bordel joyeux quoique vénéneux, accessible quoique migraineux, laboratoire clinique d’expériences publiques où les séquences de chant pleines de tocs sont constamment mêlées à des boucles sous l’influence de dangereux psychotropes (écoutons « Boys Latin », « Selfish Gene » pour nous en convaincre). Lorsque qu’elles ne s’esquintent pas, les boucles s’enfument.

On sent pourtant ici, malgré l’évidente filiation qu’il faut dresser avec son formidable et très compliqué prédécesseur Tomboy, la volonté d’une démarche sans doute un peu plus pop, volonté aboutissant, élément pas si évident chez lui, à la présence de ce qui s’apparente à quelques mélodies pas trop mal formulées (« Crosswords » et « Principe Real »). Les plus fanatiques reprocheront peut-être la tentation (très relative) du mainstream. Les autres demeureront sûrement toujours aussi pommés et dubitatifs. Diviser pour mieux régner. Et le faire en haut d’un royaume indie pop forcément fantasmagorique puisque hautement psychédélique.

Panda Bear, Panda Bear Meets The Grim Reaper, 2015, Domino, 51 min.

En concert à la Gaîté Lyrique le vendredi 6 mars 2015.

Visuel : (c) pochette de Panda Bear Meets The Grim Reaper

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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