Pop / Rock
[Chronique] « O Shudder » de Dutch Uncles : l’ombre au Soleil

[Chronique] « O Shudder » de Dutch Uncles : l’ombre au Soleil

11 février 2015 | PAR Bastien Stisi

Au service d’une synthpop tendre, éthérée, et pointilliste, plus maniérée et classieuse au fur et à mesure que les albums défilent, les Dutch Uncles (qui sont donc Britanniques, et pas Germaniques) font paraître O Shudder, le quatrième LP de leur carrière, le troisième chez l’excellent Memphis Industries (El Perro Del Mar, Hooray For Earth, Poliça, Supreme Cuts…)

[rating=3]

Tonton a pris le soleil. Mais n’a bronzé que d’un seul côté. La trace de maillot est due à l’utilisation simultanée de synthés (pas toujours) chauds et de voix mélancolico-sensuelle que l’on retrouve sur ce O Shudder, un album plein de nuances (solaires et sonores) capable d’enchaîner mélodies faciles et expérimentations cliniques, comme souvent chez ces Mancuniens qui, chose pas si fréquente, ne sonnent pas le soufre traditionnellement assimilé à la cité ouvrière de Ian Curtis.

C’est peut-être parce qu’ils sont banlieusards de cette cité-là. Et qu’ils préfèrent sans doute la new-wave de A Certain Radio au post-punk de New Order, et plutôt même la pop groovy et synthétique de leurs voisins kendaliens de Wild Beasts, avec qui la ressemblance est, sur O Shudder, encore plus poussée que sur leurs précédents albums (à l’écoute de « Drips » ou de « Tidal Weight », c’est notable).

À part peut-être lorsqu’apparaissent ces chœurs de très mauvais disque disco (« Decided Knowledge », « Be Right Back ») la synthpop de ces Mancuniens aux arrangements astucieux (sur « Given Thing » ou sur « Don’t Sit Back (Frankie Said) », les cordes sont pertinentes) ne s’avère jamais allergène. Car plutôt que d’avoir vu apparaître sur sa peau de vilaines allergies, tonton a su choper, brillante idée, quelques vitamines dans le corps.

Dutch Uncles, O Shudder, 2015, Memphis Industries, 42 min.

Visuel : © pochette de O Shudder de Dutch Uncles

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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