Pop / Rock

[Chronique] « Desolate Stars », les minauderies mélancoliques de Sea Lion

[Chronique] « Desolate Stars », les minauderies mélancoliques de Sea Lion

28 août 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

« I wanna be a rock musician » confiait la chanteuse suédoise récemment au magazine Gigwise. Mais ni son EP Cobra’s Eyes. (2014), ni son premier album Desolate Stars ne la situe dans ce genre-là. Sea Lion est plutôt une voix très féminine, persistante et transperçante typique de la riche scène folk suédoise.

[rating=3]

La voix de Sea Lion aka Linn Osterberg rappellera aux fans celle de la star Stina Nordenstam. La chanteuse sort aujourd’hui Desolate Stars, un rapide et élégant opus de 26 minutes qui s’écoute volontiers les jours de pluie. Une « intro » comme une ballade au bord de l’océan où juste le souffle de vent se fait entendre est la porte d’entrée vers des textes qui se nichent dans une intimité partagée. « He wears a smile », « If my baby » ou « Gosthlands », la jeune femme fait le choix d’un tempo lent qui impose la ballade et l’introspection. Il y a du regret et de la nostalgie dirigés vers un passé récent pour la chanteuse à la voix de petite fille.

Déjà bien repérée en Suède, elle devrait rapidement trouver son public à Paris où elle jouera les 11 (A la Maroquinerie) et 12 novembre (Au Badaboum). Elle sait ouvrir son champ en invitant claviers et nappes plus électroniques sur un morceau comme « Plains ».

Elle raconte qu’elle aime composer seule, dans sa chambre. Elle raconte aussi que pour « He wears a smile », il pleuvait des cordes dehors. Il est étonnant de voir comment son appétence pour une fusion avec la nature ne se glisse jamais dans les gants d’une leçon maladroite. Elle est parfaitement à l’aise dans un classique guitare-voix qu’elle fait naviguer seule.

Trés autodidacte, Linn Osterberg manque pour le moment d’une ligne bien à elle. On pense trop à d’autres en pleurant ses Desolate stars. La guitare de Peter Von Poehl, la douceur de Lisa Ekdahl. Elle sait attraper avec justesse la tristesse d’une nuit mais n’arrive pas à en extraire les zones d’angoisses. Le chemin pour être rock est pavé de cordes de guitares à triturer mais la fille est à suivre, sans aucun doute.

Sea Lion, Desolate Stars, 26 minutes, Turnstile Music, sortie le 28 août 2015

Visuels : © Turnstile

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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