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[Chronique] Avec « Reflektor », Arcade Fire relève le défi du double album

[Chronique] Avec « Reflektor », Arcade Fire relève le défi du double album

14 novembre 2013 | PAR La Rédaction

Arcade Fire Reflektor

[rating=4]

Après avoir ouvert la brèche d’un succès mondial avec un époustouflant et sombrement optimiste premier album (Funeral), réussi le test du feu avec le second (Neon Bible), et entériné le tout avec un troisième empreint d’une maturité certaine (The Suburbs), Arcade Fire lance avec son quatrième album Reflektor le pari risqué du double album. Treize titres pour une durée totale de 75 minutes (le format standard d’un cd est dépassé d’une minute…) et une dense succession d’instants pop ambitieux.

L’imprégnation du séjour des canadiens d’Arcade Fire dans les îles amène le groupe à composer un album plus dansant que ses prédécesseurs, avec comme trame musicale une inédite force rythmique caribéenne. « Reflektor », morceau d’entame épique (plus de 7 minutes, avec la participation de David Bowie), se présente comme une parfaite fenêtre musicale de l’opus et annonce le désir du groupe de développer une nouvelle sonorité. Exemple de ce métissage nouveau, le second titre « We Exist » et ses fortes potentialités tubesques, qui appuie encore le trait, et où la ligne de basse sonne comme une collaboration de Michael Jackson avec les Bee Gees.

« Flashbulb Eyes », au beat reggae dub, évoque quant à lui de manière plus frontale encore la présence du groupe en Haïti et en Jamaïque après la tournée de The Suburbs afin de soutenir les populations en difficulté. Cet investissement des territoires caribéens (le groupe séjourne dans un château de Jamaïque durant plusieurs semaines, où ils seront influencés par les échos des sounds systems locaux…) représente pour les montréalais le départ spirituel de l’élaboration de ce nouveau disque.

Pourtant, Arcade Fire conserve sa griffe. La participation à la production de James Murphy (LCD Soundsystem) apporte aux arrangements et aux parties synthés constantes une dimension presque chaleureuse et organique (« Supersymmetry »), objectif avéré du groupe. Des morceaux comme « Normal Person », « You Already Know », « Porno, It s Never Over (Oh Orpheus) » diffusent une énergie eighty particulière, et citent sans démesure les accents disparates de Depeche Mode, de The Cure, de Billy Idol et de New Order.

Avec une stature désormais internationale, Arcade Fire modifie légèrement son cap et parvient à gravir sans failles le dangereux pic commercial engagé depuis la parution de l’incontournable Funeral, relevant de manière convaincante le défi du double album. Reflektor est un pari gagné.

http://www.youtube.com/watch?v=r75BFcH4u2k

Arcade Fire, Reflektor, 2013, Universel Music / Barclay, 75 min.

Alexandre Alvart

Visuel : © pochette de Reflektor d’Arcade Fire

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