Pop / Rock

Bosco Rogers : Comme une soirée du jeudi soir

Bosco Rogers : Comme une soirée du jeudi soir

21 septembre 2018 | PAR Pierre Poughon

Bosco Rogers, soutenus par deux premières parties aux antipodes l’une de l’autre, nous ont partagé hier soir un live en demi teinte au Supersonic.

Par Pierre Poughon

Après plusieurs EP accueillis comme il se doit et un album fort de sa signature mélangeant pop et punk, dont le très bon « The Middle » (leur single acclamé à l’international) on retrouve les pros de l’incrustation en fond vert (meilleurs que Kaviar Special), Bosco Rogers, avec un nouvel EP, All Wet. 5 sons au total, avec toujours cette impossible recette. La pop reste toujours le point fort du duo franco-anglais (#FuckBrexit). Mais la surprise de ce concert ne réside pas forcément là où on l’attendait.

Arrivé seul sur scène, on a l’impression qu’il est un peu perdu, voici Fernõ. Avec son kimono, ses lunettes de soleil, sa dégaine d’artiste pas forcément dans la bonne époque, tu te demandes si t’es au bon endroit. Le voilà qui prend sa guitare, tapote sur son clavier midi, et il t’embarque dans un voyage pop année 80. Mais sans le côté ringard, c’est ça qu’est incroyable. Du haut de nos 22 ans, nous regardons toute cette mouvance avec dédain et l’envie d’effacer toutes ces chansons françaises que tous nos potes mettent en soirée dès qu’il sont un peu secs. Mais là c’est mieux. C’est cool. Le mec arrive, avec sa guitare, son looper, son midi, et son micro, à nous faire partir vraiment loin. Et c’est cool. Mention spéciale à la reprise de France Gall, « laisse tomber les filles », juste incroyable. Le mec mérite de l’attention.

Puis viennent Sons of Rafael. Duo, une boite à rythme en poche, les voilà déballant une rock punk pas si dégueu que ça. Le leader, a la chemise bien dégueulasse, prend la place, sur scène comme sur la piste, laissant son pote, à qui il faut apparemment beaucoup d’attention pour qu’il décroche un sourire, pas vraiment d’espace. Leur musique est plutôt excentrique (principalement dû au charisme du chanteur), calant les recettes classiques de tous leurs prédécesseurs. À recommander pour ceux qui veulent poser le cerveau et profiter d’un bon moment de sueurs et de cris.

Pour finir Bosco Rogers monte (enfin) sur scène. Voilà le duo de guitaristes entouré d’une bassiste et d’un batteur pour l’occasion. Et faut avouer qu’un truc a tué tout le live, c’est la snare. Incroyablement méchante, elle défonce un mur de béton en deux secondes.
Les chansons défilent, les deux protagonistes s’échangent le chant et les guitares. Il faut savoir que l’un des deux est un sosie caché de Richard Ashcroft (en plus jeune hein, et les ravages de la drogue en moins) et c’est ce dernier qui, malgré les efforts de son coéquipier, attire naturellement la lumière. Le mec a une présence scénique, et ça se ressent dans sa voix (écoute Nina ou le fameux The Middle) qui est d’un cool incroyable.

La fausse note (blague vraiment nulle) de tout leur set reste la mise en exergue, voulue ou non, du côté punk de leur musique. On entendait plus vraiment les rythmes pop capables de te faire danser sur un rien, à part certaines chantées par notre fameux sosie. C’est bien dommage. On aime la bassiste qui a fait le taff à en défoncer un ou deux médiators, on déteste (encore une fois) la snare du batteur, qui a ruiné l’histoire.

Ce concert était comme une soirée du jeudi soir. Pleines d’attentes. Une soirée qui ne se passe jamais comme prévu, mais si t’es dans le mood c’est pas trop grave, tu peux facilement profiter. Sinon tu fais contre-soirée dans la cuisine à écouter France Gall et ses potes pas si ringards que ça finalement.

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Pierre Poughon

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