Pop / Rock

Agnes Obel au casino de Paris, perfection et minimalisme

Agnes Obel au casino de Paris, perfection et minimalisme

24 novembre 2016 | PAR Hassina Mechaï

Agnes Obel est le phénomène musical du moment. Les gens qui affluaient ce soir-là au Casino de Paris semblaient tous se hâter vers une mystérieuse cérémonie musicale, une expérience sensorielle plus qu’un concert. Au sortir de la salle, après un concert suspendu et en grâce pleine, cette impression est demeurée.

Le concert se jouait à guichets fermés. La rumeur avait visiblement couru d’un nouvel album, Citizen of Glass, particulièrement réussi. Le concert fut minimaliste, dans le bon sens du terme, simple et profond.

Petit oiseau comme perdu sur la scène du Casino de Paris, il aura suffi à la chanteuse danoise de murmurer un simple « Bonsoir Paris » pour que la salle ondoie. Derrière son piano, entourée sobrement de quatre excellentes musiciennes, violoncelliste, violoniste, clarinettiste, clavecin mais aussi choristes, elle entama ce concert par un instrumental, « Red Virgin Oil » qui posa sur la salle ses rets de « ouateur ». Doucement, comme timides ou engourdis, les applaudissements se posèrent sur le silence étonné qui suivit.

Puis la voix d’Agnes Obel, si reconnaissable, se fit enfin entendre : se succédèrent les morceaux « Dorian », « Torjan Horses, « It’s happening again » et le sublime « Familiar » qui semblait très attendu par le public. Ce dernier semblait être entré dans une torpeur hypnotisée, doucement bercée par les envolées sombres du violoncelle et les notes claires du violon, tandis qu’au clavier, Agnes Obel faisait entendre ses mélodies souples.

Entre les chansons, Agnes Obel resta minimaliste, parlant peu, de façon simple. Des « je t’aime » fusèrent, qu’elle accueillit doucement d’un « really ? Thank you » amusé. Agnes Obel n’a pas la prétention d’être une bête de scène. L’idée même serait incongrue. Mais elle est la dompteuse de cette même scène, en geste délicat, immobile derrière son synthétiseur. Un mot, une note, un murmure cristallin et le public frissonnait.

Trois chansons en rappel, une superbe reprise de « Riverside », un sourire discret en guise d’au revoir, une salle en amour,  Agnès Obel a offert ce soir-là un concert d’une incandescence tranquille.

A noter, en première partie, l’excellente Lisa Hannigan qui a réussi le tour de force d’intéresser puis de capter le public venu d’abord pour Agnes Obel par des morceaux mélodieux et une interprétation subtile.

Visuel : ©Alex Bruel Flagstad.

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Hassina Mechaï

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