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Playlist de la semaine (82)

Playlist de la semaine (82)

13 septembre 2014 | PAR Bastien Stisi

La nouvelle balade tracassée de Mina Tindle, le clip sexué et érotique de Moodoïd, et le premier album d’un crooner à poils longs et à la voix haute…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Mina Tindle, « Pas les Saisons »

Les Parades évoquées par le second album de Mina Tindle, à paraître le 6 octobre, ce sont les esquives, les fuites (en avant), les corps que l’on recule instinctivement pour éviter les coups que la vie donne à quiconque a le malheur de se trouver dans sa trajectoire aléatoire. Les Parades, ce sont aussi celles de ce matador triste (et sans taureau à combattre) qu’envisage le clip de « Pas les Saisons », le nouvel extrait imagé d’un album qui accentue les accentuations pop suggérées par Taranta, et qui confirme le statut d’une artiste qui fait désormais du français la langue favorite de ses comptines tristes, mélodiques et euphoriques, que l’on pourra découvrir à la Gaîté Lyrique le 24 novembre prochain.

2. Moodoïd, « Les Chemins de Traverse »

Des danses chamaniques, des sorcières sexuées, des phallus en guimauve, des légumes goûteux…le clip des « Chemins de Traverse », issu du fabuleux Monde Möö, est signé par Pablo Padovani lui-même (avant d’être gourou pop, le chanteur Moodoïd est d’abord réalisateur), et évoque un Magicien d’Oz dans lequel la candeur féérique aurait été remplacée par un érotisme ravagé…Le son, lui, continue de cumuler nappes psychédéliques et égarements vocaux, et redonne la volonté de se voir projeté, déjà, le 12 novembre prochain, date à laquelle les Français à paillettes introduiront le concert de Damon Albarn dans le cadre du Festival des Inrocks.

3. Oscar And The Wolf, « Joaquim »

Qu’il s’agisse d’une Lune pleine ou parcellée, les morceaux du Flamand Max Colombie, à la tête de son projet Oscar And The Wolf, paraissent être en mutation constante, toujours écartelés entre post-dubstep traumatique, R&B tyrannisé, électro vaporisée, et folk fantomatique. Il n’y a aucune violence chez ce loup-là, mais beaucoup de souffrances, qu’il faut donc extraire et graver dans le marbre griffé d’un premier album froid et ombrageux (Entity, sortie le 20 octobre), qui, à l’image d’How To Dress Well, de Fyfe, ou de tous ces crooners R&Pop aux lyrics sensibles, imposent le règne de ces rêveries fracassées, que l’on aurait tendance, parfois, à confondre avec des cauchemars…

4. Tony Allen ; Damon Albarn, « Go Back »

Jean-Louis Aubert, Doctor L, The Good, The Bad & The Queen, Charlotte Gainsbourg, Sébastien Tellier…et maintenant Damon Albarn : à la liste des très grands noms de la scène internationale ayant posé leur voix aux côtés des percussions de Tony Allen, l’ancien batteur de Fela Kuti & d’Africa 70 ajoute celle de l’ex Blur / Gorillaz, venu ajouter voix et synthé sur « Go Back », un morceau en forme d’hommage aux naufragés de Lampesuda (cette île italienne sur laquelle échouent nombre d’immigrés clandestins…), et premier extrait d’un nouvel album (Film OR Life) perso prévu pour le 21 octobre.

5. High Hazels, « Misbehave »

Venu de la glorieuse cité de Sheffield (comme avant eux Joe Cocker, Cabaret Voltaire, Pulp ou Arctic Monkeys), High Hazels perpétue la tradition d’un rock rocaillé, dandy, insolent, mélodique et déluré, et fera paraître son premier album éponyme le 27 octobre prochain sur le label Heist or Hit Records (celui de Simian Ghost,). « Misbehave », lui, présente le leader, chanteur et guitariste James Leesley en pleine séance d’un karaoké qui tourne rapidement à la bérézina brodélique. Rock drunked, and catchy.

6. SBTRKT, « Higher »

Pour ce qui représente sans doute son dernier extrait avant la publication de son très attendu second album (Wonder Where We Land), le DJ et producteur londonien SBTRKT (que vous êtes toujours autorisé à prononcer « subtract » pour ne pas passer pour des buses) penche vers un R&B au flow hip hop et jamais essoufflé, s’appuyant sur le jeune Raury (dix-huit piges) et une production mystifiée pour faire monter encore davantage la tension avant la date fatidique (le 29 septembre).

7. Son Lux, « Lost It To Trying (Mouths Only Lying) »

De base, l’écoute des productions de Son Lux n’a pas forcément vocation à provoquer dans l’esprit de l’auditeur une vague de réjouissances et d’optimisme excessif (ceci est un euphémisme). Alors, si on ajoute à la mélancolie baroque qui se dégage des morceaux de Lanters des images d’acabit similaire (des amants qui se séparent, se rabibochent et paraissent trainer derrière eux dans les bois des corps sans vie…), on parvient à un résultat qui associe le beau (le son) et le très laid (les images), au sein d’un remix du grandiose « Lost It To Trying ». Pour les Parisiens, rendez-vous le 31 octobre pour le Pitchfork Festival.


Les morceaux de la playlist sont à retrouver sur la page Deezer de Toute La Culture.

Visuel : (c) pochette de Entity de Oscar and the Wolf

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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