Musique

Playlist de la semaine (75)

Playlist de la semaine (75)

26 juillet 2014 | PAR Bastien Stisi

Le retour du DJ et producteur masqué SBTRKT, l’inédit des Girls In Hawaii, et le retour prodigieux des Raveonettes…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. SBTRKT , « New Dorp, New York »

Après avoir dévoilé un peu au pif la semaine passée le morceau « Imo », le DJ et producteur londonien Aaron Jerome, pilier du projet de post-dubstep azimut SBTRKT (à prononcer « subtract » pour ne pas avoir l’air bête) vient de dévoiler un nouvel extrait (« New Dorp, New York »), issu de son prochain album Wonder When We Land. Plus clair et plus enjoué que d’ordinaire, l’extrait tient sans doute d’abord sa bonne humeur (relative) à la présence au chant d’Ezra Koenig, le chanteur de Vampire Weekend, et contraste avec les précédents featuring du garçon au masque tribal, mené tambour battant et cœur saignant aux côtés de Sampha ou de Jessie Ware.

https://soundcloud.com/detailsofmylifenet/sbtrkt-new-drop-new-york-feat

2. Girls In Hawaii, « Build A Devil »

Girls In Hawaii brûle les diables, évoque les corps sans vie et la douleur, et continue à faire fondre les cœurs des adeptes de pop rock les plus attendris. Et pourtant, leur nouveau morceau « Build A Devil », accompagné d’un clip participatif, n’est pas issu d’Everest, leur album post-traumatique et particulièrement endolori, paru quelques mois après la disparition du batteur Denis Wielemans. Il fait en réalité partie des morceaux retirés de la version finale d’un album sur lequel il aurait pourtant largement mérité d’avoir une place de choix.

3. The Raveonettes, « Killer In The Streets »

Entre indie rock cradotte et mélodies soigneusement ajustées, le duo Danois The Raveonettes (Rose Wagner et Sharin Foo) trouve le chemin du vertige pop sur son nouvel album Pe’ahi (le septième en onze ans d’existence), balancé un peu à la surprise générale et porté à son apogée par le jouissif et compulsif « Killer In The Streets ». Les blessures du cœur, trop fortes pour s’emplir de raison, engendrent alors ici les instincts du tueur. Les voilà ajustées et satisfaites, addiction superbe et immorale, sur l’un des tous meilleurs morceaux pop rock de l’été.

4. Giana Factory, « Lemon Moon »

Ah tient, encore des Danois dans le coin. Mais ceux-ci, loin des guitares pop et des volontés assassines de leurs aînés Raveonettes, favorisent, l’application de synthétiseurs branchés sur timbre new wave et incantations possédées, et en ressortent un second album, Lemon Moon, localisé entre acidités citronnées, froideurs lunaires, et cavalcades synthop. Produit par leur compatriote Trentemøller, décidément dans tous les bons coups dès lors qu’il s’agit de parler « pop du Nord » (on se souvient de ses remixes de The Knife), les trois figures féminines de Giana Facory sont attendues sur la Scène Pression Live à Rock En Seine le samedi 23 août.

5. Cold War Kids, « All This Could Be Yours »

S’ils ont quelque peu remodelé leurs troupes (il y a un nouveau batteur et un nouveau guitariste), les Californiens de Cold War Kids poursuivent toutefois sur la lancée sonore de leur discographie récente, et font toujours davantage référence à la guerre qu’à la glace qu’évoque leur nomination même. « All This Could Be Yours » est issu de leur prochain album (le cinquième), et percute clavier chaud, chant haut perché entre pop gospel hérétique et rock & roll sulfureux, et refrains aguicheurs. Tout cela risque de ne pas aller beaucoup plus loin que l’été, mais demeure d’une belle et honnête efficacité.

https://soundcloud.com/coldwarkids/all-this-could-be-yours

6. Princesse, « Happy Fool »

Anthony Alias est un garçon qui parle de filles et de trajectoires amoureuses pas toujours heureuses, avec la sensibilité d’un velours froissé par les aléas incertains des histoires. Et puisque l’être féminin est ici sacralisé, par les nappes synthétiques, par cette voix hautaine et sensible, par ces beats doucement propulsés, il fallait, malgré le sexe masculin, s’appeler Princesse, et contourner les regards sans recul. Il y a ici de la tristesse, et paradoxalement beaucoup d’espoirs, dans cette pop humectée dans la mélancolie, mais qui combat le fléau du cœur en faisant bougeant les corps, les éloignant par ce biais des douleurs trop plombeuses. Sur son EP Permanent Heartbreak, Princesse convoque alors Youth Lagoon, Pegase, Beach House, Peter Pitches. Tout ce petit monde échange, souffre, copule, fantasme le bonheur, et paraît destiné à vivre, au sein d’un château dream pop tout spécialement créé pour l’occasion, heureux jusqu’à la fin des temps.

https://soundcloud.com/princesseprincesse/happy-fool?in=princesseprincesse/sets/permanent-heartbreak-ep

7. Lana Del Rey, « Ultraviolence (Breton remix) »

Omniprésente sur les ondes depuis la parution de son Ultraviolence en juin dernier, têtes d’affiche quasi systématiques des gros festivals depuis l’arrivée de leur War Room Stories en février, il paraissait presque surprenant de n’avoir encore vu Lana Del Rey et Breton croiser leurs routes et leurs talents respectifs à l’intérieur d’un projet commun. Et c’est désormais chose faite, par le biais du remix pas franchement vital de « West Coast » par les Londoniens, qui terminera sans doute de lasser les plus avertis, pour un temps du moins.

https://soundcloud.com/bretonlabs/lana-del-rey-westcoast-bretonlabs-remix

Les morceaux de la playlist sont à retrouver sur la page Deezer de Toute La Culture.

Visuel : (c) pochette de Wonder When We Land de SBTRKT

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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