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Playlist de la semaine (68)

Playlist de la semaine (68)

24 mai 2014 | PAR Bastien Stisi

Un clip détraqué et ensanglanté pour le trio Die Antwoord, le projet solo de l’ex chanteur de Cocoon, et le clip pop folk et prêcheur de Lilly Wood & The Prick… la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Die Antwoord, « Pitbull Terrier »

Toujours aussi flingué et extrême, le nouveau clip du trio sud-africain Die Antwoord (qui annonce la sortie de leur album Donker Mag le 2 juin) confond le trash, le sanguinolent, le grotesque, et la dénonciation sociale, en présentant les élucubrations cérébrales et meurtrières d’un « pitbull terrier » lancé, au milieu des townships dégradées d’Afrique du Sud, à la poursuite de deux gentilles petites chattes aussi malignes que sexualisées…Un clip et un son électro punk en parfait raccord avec l’univers habituel du trio, et qui conforte, s’il en était besoin, la position absolument marginale d’un groupe dont on peine décidément à savoir s’il est absolument décérébré ou au contraire immensément réfléchi…

2. Mark Daumail, « Mistaken »

Encouragé par sa rencontre avec Stephan Eicher, dont il a co produit le très bel L’Envolée en 2012, le Cocoon Mark Daumail s’échappe un temps du tandem pop folk clermontois qu’il forme avec Morgane Imbeaud depuis 2006 (elle, est de son côté partie former le projet Peaks), pour se consacrer avec son projet solo et à l’exploration d’une pop marquée eighty qui favorise désormais l’électronique à la prédominance acoustique. On y découvrira notamment le mélancolique et minimal « Mistaken », porté par un clip spectral semblable à un drôle de cérémonial doucement synthpop…

3. Lilly Wood & the Prick, « Into Trouble »

En résonnance parfaite avec le titre de son morceau, le nouveau clip de Nilii Hadida, de Benjamin Cotto, et de leur projet Lilly Wood & The Prick, retrace la trajectoire chaotique d’un prêcheur perturbé (l’acteur Jean-Luc Couchard) parti répandre la bonne parole là où personne ne paraît disposer à l’entendre. Dans une ambiance qui rapprochera Lars Von Trier des Frères Dardenne, la pop folk noircie du duo français trouve une profondeur nouvelle, et donne une nouvelle belle exposition à un morceau que le profane associait jusque-là davantage à la campagne internationale Cartier pour le parfum La Panthère qu’à une création arty et soignée.

4. Peter Murphy, « Hang Up »

Épais et complexe, le prochain album solo du fondateur et chanteur du mythique groupe britannique Bauhaus emprunte les chemins d’un rock électrique et magistral, au croisement d’une folie vocale et d’une lourdeur guitareuse toujours aussi impressionnante. Lion sort le 17 juin prochain, et est introduit par le single « Hang Up », noir, puissant et profond comme les meilleurs passages de la vaste discographie de l’un des plus passionnants groupes de goth rock de la planète.

5. Glass Animals, « Pools »

Après « Golden Antlers » et « Exxus », les Londoniens de Glass Animals font paraître « Pools », un nouvel extrait (et aussi un clip tout en pâte à modeler) de leur album Zaba, disponible dès le 9 juin, un disque au sein duquel les percussions tribales rencontreront une indie pop bizarre et fantasmagorique, couverte par des sonorités que le groupe n’hésite pas à qualifier de « décor naturel fabriqué par les humains ».

6. Amandine Bourgeois, « Alors On Danse »

La Française Amandine Bourgeois revisite les plus grands tubes d’une vingtaine de grands artistes garçons, et se prend méchamment la tête dans le guidon en le faisant. Avec une pauvreté équivalente et malgré une discographie jusque-là impeccable, Au Masculin massacre à tour de rôle Dutronc, Gainsbourg, Halliday, et bien sûr Stromae, un nouveau papap de l’électro pop parolière qui restera sans doute figé d’horreur devant la reprise d’« Alors On Danse », pop folk, qui nous est proposé ici. Plutôt que de relire ses classiques, Amandine gagnerait, finalement, à tenter d’en inventer encore de nouveaux.

7. Lana Del Rey, « West Coast (Four Tet remix) »

Lana Del Rey sait décidément parfaitement s’entourer. Après avoir associé le Black Keys Dan Auerbach à la production de son prochain album Ultraviolence (sortie le 16 juin), la diva pop fait appel au génial producteur du royaume britannique Four Tet afin de redessiner la silhouette de son titre « Ultraviolence », soudainement abandonné par sa mélancolie pop rock et vaporeuse pour se trouver pénétrer par une ambiance deep et désormais parfaitement adaptée pour les vilains dancefloors. On notera aussi sur l’EP la présence de remixes signés Camo & Krooked, Ten Ven et William Carl Jr. Tout un programme.

https://soundcloud.com/lana-del-rey/lana-del-rey-west-coast-four-tet-remix

La plupart des morceaux de la playlist sont à retrouver sur la page Deezer de Toute La Culture.

Visuel : (c) pochette de Pools de Glass Animals

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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