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Playlist de la semaine (55)

Playlist de la semaine (55)

22 février 2014 | PAR Bastien Stisi

Le dévastateur duo fraternel de Carbon Airways, le retour de la délicate Mina Tindle, et la collaboration sacrilège de Jean-Louis Aubert et de Michel Houellebecq…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Carbon Airways, « Black Sun »

Programmés au Coachella et au Printemps de Bourges, les Français fraternels de Carbon Airways (les deux membres sont frère et sœur) mélangent le dubstep, le rock, la pop, le hip hop et la new wave dans un projet unique, et ressortent de ce mélange aussi brillant qu’éclectique un électro punk furieux et cependant mélodique. Dans la verve de Crystal Castles ou de Kap Bambino, la famille Fernese engage une lutte virulente et déchainée à travers leur premier EP Black Sun, et pourra sans doute se vanter bientôt d’avoir assombri (en l’éclairant) l’astre le plus lumineux de toute la galaxie…

2. Mina Tindle, « Love Letter »

À l’occasion de la Saint-Valentin, Colette a fait paraître la semaine passée une compilation exclusivement française censée accompagner les amoureux (seuls ou à deux…) dans l’espoir ou le désespoir procurés par la célébration la plus ringarde qu’il soit. En plus d’inédits de Chassol, de La Femme, de Mustang ou de Discodeine, on a pu également découvrir sur ce Colette French Kiss le nouveau morceau de la très délicate Mina Tindle, qui introduit avec la folk cristalline de « Love Letter », et trois après l’excellent To Carry Many Small Things, un second album prévu pour la rentrée prochaine.

3. Jean-Louis-Aubert ; Michel Houellebecq, « Isolement »

Lorsque le chanteur chante le poète, c’est à l’auditeur que revient le droit de faire la grimace : sur Les Parages du Vide (sortie le 14 avril), l’ex leader de Téléphone Jean-Louis Aubert reprend (massacres ?) les poèmes du Goncourt 2010 Michel Houellebecq, sous les yeux anto-flagellés de son très consentant auteur. Plutôt que la pop-rock édulcorée et le clip sans charme de « Isolement », le premier extrait du disque, on préféra encore se rappeler de Présence Humaine, un album où l’auteur de La Possibilité d’une Île se chargeait lui-même de la récitation de ses propres poèmes, engageant l’auditeur dans une atmosphère rance et désespérée, plus proche de l’univers viscéralement urbain et pessimiste de son œuvre littéraire.

4. Monsieur Monsieur, « Lucid »

Dignes continuateurs de leurs camarades Brodinski, Gesaffelstein, ou encore Club Cheval, deux messieurs font claquer la techno sur des boucles jamais terminées, et maculent la 14e publication de Bromance Records d’une nuée enivrante et détraquée. Ne pas hésitez une seconde : dans l’ombre frissonnante véhiculée par le Lucid de Monsieur Monsieur, personne ne vous verra bouger frénétiquement votre corps tout entier…

https://soundcloud.com/monsieur-monsieur/monsieur-monsieur-lucid?in=monsieur-monsieur/sets/bromance-14-monsieur-monsieur

5. Piano Club, « Ain’t No Mountain High »

Sur les traces de Fortune, d’Elephanz, des Two Door Cinema Club dans leurs phases les plus rock, ou même des Juveniles (dont ils assureront la première partie le 27 février au Bus Palladium), les Belges de Piano Club accouplent l’instrument à cordes frappées avec une électro pop lumineuse, parfois groovy, et livrent avec Colore un premier album léger et plein de nuances, suffisamment équilibré pour ne pas tomber dans la sucrerie pop assumée et indigeste.

6. The Scales, « Near The River »

Au ceinturon, des colts chargés au twist 2.0 (façon Willy Moon) et à l’indie rock des années 2000 (façon Artic Monkeys). Sous la selle, des guitares, des orgues et un chant aussi désinvolte qu’une démarche de cow-boy mal luné. Dans le premier EP de The Scales Twist In The Drama, des histoires et une ambiance de westerns spaghettis assaisonnés d’une façon très contemporaine, tout proche d’une rivière sur les rivages de laquelle les balles perdues paraissent aussi dangereuses que l’humour noirci et les guitares forcenées de ces Français aux sales (et donc aux bonnes) manières.

7. Flavien Berger, « Gilded Gaze »

Flavien Berger compose initialement le morceau introducteur de son EP Glitter Gaze pour accompagner le rythme cardiaque de l’un de ses amis marathoniens. L’électro minimale, lancinante et changeante de ce Français membre du collectif bruxellois SIN prend justement son temps pour s’étaler et se décliner, et accumule les ambiances synthétiques, classiques et métronomiques (et même le joli chant des oiseaux) au travers d’un morceau d’une vingtaine de minutes, qui ne sera pas trop long pour présenter le talent à rallonge de la dernière superbe trouvaille du label Pan European Recording (Judah Warsky, Poni Hoax, Kill For Total Peace…)

La plupart des morceaux de la playlist sont à retrouver sur la page Deezer de Toute La Culture.

Visuel © : pochette de Lucid de Monsieur Monsieur

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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