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Playlist de la semaine (138)

Playlist de la semaine (138)

06 novembre 2015 | PAR Bastien Stisi

Le retour vertigineux de Dream Koala, la vidéo freaky de Lawrence Rothman, le nouveau clip abrasif de TOYS…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Dream Koala, « Dimension Sleeper »

Fasciné / terrifié par le caractère vertigineux des architectures hongkongaises, new-yorkaises, shanghaïennes, qu’il a découvert au cours d’une dernière tournée en Asie et en Amérique du Nord, Dream Koala évoque ces immensités insolubles sur ce nouvel EP (sortie le 4 décembre), nommé Exodus afin de manifester cet échappatoire sensoriel rendu possible par le son puisqu’il n’est pas toujours envisageable autrement. Le vertige, on l’a aussi sur la jolie pochette qui accompagne le disque (la photo est signée Damien Krisl) et surtout dans cette dream pop préoccupée toujours somptueusement sensible, que l’on pourra sans doute voir aussi en décembre aux Transmusicales de Rennes, puisque le Franco-brésilien y donnera un live actuellement préparé aux côtés du Caennais Superpoze.

2. Lawrence Rothman ; Charli XCX, « Oz vs Eden »

L’un des clips les plus cools de l’année vient donc d’être livré, spécialement pour Haloween, par Lawrence Rothman, cet Américain qui gravite entre Bowie (ses alters-égos artistiques) et Ty Segall (ses peintures de drag-queen) qui illustre son « Oz vs Eden », issu de son premier album à venir, par le biais d’une vidéo aussi drôle, quali et freakt que la liste des collaborateurs vocaux qui s’accumulent et s’accumuleront (Angel Olson, Kim Gordon de Sonic Youth, Ariel Pink, ici Charli XCX) sur ce premier album à venir en 2016.

3. TOYS, « Fire »

Paul Prier et Bastien Doremus, qui forment ensemble le projet TOYS (et qui accompagnent aussi accessoirement Christine and the Queens sur scène), remettent la lumière sur leur dernier EP Golden Line, en clipant leur vaporeux, latent et mélodique « Fire » grâce aux images de Louis De Caune, qui met en scène via le duo (qui est aussi un couple) Adèle Exarchopoulos / Jérémie Laherute la naissance d’une passion amoureuse aussi tumultueuse que bienheureuse. Flamme dans les images et fumée dans le son, via ces nappes synthétiques que ces jouets pour adultes déversent au-dessous de cette voix et ces accords foalsiens.

4. Little Comets, « Little Italy »

Contrairement à ce qu’indiquent le nom de leur projet (Little Comets, trois albums depuis 2011) et le nom de leur dernier single en date (« Little Italty », comme le quartier new yorkais), tout n’est pas tout petit chez ces Anglais autant inspirés par The Maccabees que par Vampire Weekend : les petites balades d’indie rock mélodiques qui parcourent Hope Is Just A State Of Mind, le dernier album du trio, venu de Newscastle, fait même figure de grand petit album du genre. En concert aux Etoiles le 20 novembre prochain, dans le cadre du Howl Music Festival.

5. Armand Méliès, « Constamment je Brûle »

Après le clip saisissant de « Mon plus bel incendie », où il éliminait ses concurrents de la « nouvelle chanson française » Jean-Louis Fiévé alias Arman Méliès continue de jouer avec le feu. Dans le premier  titre de son nouvel album plébiscité par Télérama (4 clés), Vertigone (At(ho)mes, sorti le 23 octobre 2015), le chanteur à la voix grave flirte dangereusement avec des belles femmes en ronde de nuit autour de toiles psychédéliques.  Avec sa jolie barbe et son air folk mélancolique, nous on aime bien l’entendre brûler à petit feu dans ce clip réussi. (Yaël Hirsch)

6. Sin Tiempo, « Deeper In The Sea » 

Produit par l’un des meilleurs éléments de la scène indé berlinoise (Hannes Bieger, collaborateur de Howling, d’Ame ou de Dixon), le Lyonnais Sin Tiempo introduit son second EP Immanence (sortie le 20 novembre) par le petit tube en puissance « Deeper In The Sea », instant de synthpop lascive et lyrique dont le clip (la réalisation est signée Arthur Palluy) évoque, parce qu’il explore lui aussi les recoins des fins-fons sous-marins, le clip d’ « Océan Rouge » de Flavien Berger. Souhaitons-lui le même parcours.

7. Vendôme, « Hymne A »

Faites à six mains, l’électro pop toute fraîche de Vendôme converse par le biais d’un langage double. La new wave, d’abord, puisque l’électro pop de ce trio remplit ce premier EP de ces couches de synthés superposées, avec justesse, les unes sur les autres. Le Français, ensuite, puisque le groupe assume parfaitement, décomplexé, d’hurler l’espoir dans la langue de Daho et maintenant d’Aline (lorsque les textes sont aussi légers, ce n’est pas si fréquent). Issus de la très foisonnante cité nantaise, où l’électro pop aux refrains sucrés salés est en train de s’imposer comme une option au Bac (Elephanz, Pegase, Rhum For Pauline, Sexy Sushi, Pony Pony Run Run, Disco Anti Napoleon…), le premier EP de Vendôme est sortie ce vendredi. Il se nomme Romancero, et dit les préoccupations d’un projet en recherches de romances baroques et ordinaires.

Visuel : (c) Damien Krisl

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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