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Playlist de la semaine (133)

Playlist de la semaine (133)

03 octobre 2015 | PAR Bastien Stisi

Le retour (sans DJ Pone) de Birdy Nam Nam, le nouvel EP de Cubenx, la pop house docile mais quand même cool de Broken Back…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Birdy Nam Nam, « Can’t Do Me »

Sans DJ Pone, désormais occupé par une carrière solo et par un projet (Sarh) lancé en duo avec José Reis Fontano (from Stuck In The Sound), le début de l’année 2016 sera marqué par le retour, forcément guetté, de Birdy Nam Nam sur la scène électro française. En trio, Crazy B, Little Mike et DJ Need font déjà paraître le titre « Can’t Do Me » et un clip entre Tarantino (le plan avec le coffre) et Dupieux (le flic salasse). Et ça tombe bien que l’on cite Dupieux, puisque le son évoque pour sa part l’électro épidermique de Mr Oizo tout autant que les premiers albums d’un projet renouvelé dont on peut déjà deviner les contours via un titre d’album (Dance or Die) largement évocateur…

2. Broken Back, « Happiest Man On Earth »

Bien que le garçon soit natif de Saint-Malo, il semble peu probable, avec les préoccupations pop house qui sont les siennes, qu’on le voit un jour à l’affiche de la sacro-sainte Route du Rock. Broken Back, qui tire son nom de l’accident des vertèbres qui l’a obligé à s’immobiliser un temps et ainsi à se consacrer plus pleinement à musique (un mal pour un bien, comme dit l’autre), on le retrouvera en revanche dans tous ces clubs (ils sont nombreux) qui ont finis par imposer le règne d’une deep house jazzy et solaire, dans la lignée des parrains du genre Bakermat et autres Klingande, et qui apprécient ces mélodies faciles à retenir et ces gimmicks faciles à imiter avec la bouche. Un premier EP paraît chez Sony. Et, bon, la recette, miraculeuse bien que déjà éculée, fonctionne parfaitement.


3. Cubenx, Pris Wayland, « Deauville »

Né d’une rencontre (avec la chanteuse Pris Wayland, qui pose sa voix de velours sur la moitié du disque), le Cubenx nouveau se rapproche moins du Cubenx ancien (on collait les bases technoïdes du garçon) que d’un SAYCET ou d’un Matmos, avec lesquels il partage ces addictions renouvelées pour les plages éthérées et progressives qui finissent, souvent, par se perdre dans une désarticulation superbe. Rayonnant, l’EP Banquet annonce le LP Elegiac, qui sortira le 6 novembre prochain sur le label lyonnais InFiné, un label qui verra aussi sortir quelques toutes petites semaines auparavant (le 16 octobre) et dans un genre diamétralement contraire le nouvel album du franco-libanais Bachar Mar Khalifé.

4. Chinese Army, « The Narcissist »

Déjà pourvue de deux EP et d’une douzaine de titres globalement ancrés dans un blues rock crasseux, vagabond, et post-punk (on avait par exemple dévoilé en exclusivité le clip de « Gengis Khan », issu du second EP du groupe, qui citait autant Jack White que Suicide), la discographie de Chinese Army (Oan Kim / Benoît Perraudeau)  se pare aujourd’hui d’un extrait nouveau (« The Narcissist ») qui, très loin d’être uniquement préoccupé la contemplation de son nombril, regarde plutôt vers demain, puisque le morceau laisse supposer l’avancée progressive vers un premier album.

5. Heymoonshaker, « Take the Reins »

Après Shakerism, un premier album paru en 2013, le duo Heymoonshaker (accompagné sur ici d’un beatbox inattendu…) dévoilera son second album le 2 octobre, auquel il faudra bientôt associer un live à la Cigale, dans le cadre du MaMA, le 16 octobre. En attendant l’échéance du tandem et de son blues rock jamais avare de mélodies suffisamment crevassées pour qu’elles ne donnent pas l’impression d’une tentative pop bien mal placée (ce n’est pas si fréquent), on s’arrêtera un instant sur « Take the Reins » et son clip sprinteur.

6. Kurt Vile, « Pretty Pimpin »

Kurt, son double, sa banlieue pourrie et son chat… Le chansonnier américain avait prévenu ses fans que son sixième album studio  B’lieve i’m goin down (Matador records) serait « all over the place ». Et le premier extrait annonce la couleur. Sur des jetés de guitares lumineux, le trentenaire chevelu erre dans un décor de suburb américaine glauque  à la recherche de son moi. Refrain entêtant, texte bien chiadé, vidéo nostalgique des années American Beauty, Pretty Pimpin regorge d’autant d’humour que de vague à l’âme et de maîtrise des cordes. Une mise en bouche sucrée-salée pour  un album corsé et bien mené. A écouter sans modération. (Yaël Hirsch)

7. First Hate, « Trojan Horse »

On avait déjà noté, il y a une année, l’existence du duo Danois First Hate (un garçon qui se dandine au chant, et un autre statique aux machines), alors auteur d’un EP éponyme qui mettait en avant une dark wave moite, lyrique et gothique, tantôt faite pour les pistes de danse défouloirs (« Funny Urge »), tantôt pour les sous-sols en forme de boudoir (« Girl In The Club »), tantôt pour les rêveries purement illusoires (« In My Dreams »). Avec « Trojan Horse », le nouveau single du tandem scandinave, les synthés et la voix cafardeuse de son chanteur affirment un peu plus encore leur filiation new wave, et viennent proposer une alternative satisfaisante à ceux qui auraient jugé le dernier New Order un tout petit peu trop bien dans sa peau.

Visuel : (c) pochette de Banquet de Cubenx

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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