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Playlist de la semaine (124)

Playlist de la semaine (124)

25 juillet 2015 | PAR Bastien Stisi

La sensation Bon Voyage Organisation, la jouvence Declan McKenna, le dernier épisode du triptyque clipé de Paul Kalkbrenner…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Bon Voyage Organisation, « Love Soup »

Le Nil, Brazzaville, des sigles tokyoïtes, et un projet qui plutôt que de sentir la (love) soup industrialisée, sent le (très) bon et (très) inattendu voyage à bien des égards. Géographique donc, par les territoires qu’il explore en les idéalisant par le verbe dadaïste. Et sonore aussi, puisque le projet d’Adrien Durand (le multi-instrumentiste à la base du groupe) mélange ici funk d’hier, disco de demain, pop des années 80, afin d’aboutir à un objet aussi hybride que l’étaient ceux de ses cousins éloignés de La Femme (le label est Disque Pointu) ou de Moodoïd (Lucie Droga, claviériste chez Pablo Padovani, a rejoint récemment le groupe au chant), qui maniaient avec autant de bizarrerie la langue, le rythme, les mélodies tourmentées. L’EP de Bon Voyage Organisation porte un nom imprononçable (XI?NGYÈ ). Ce qui n’est en aucun cas une raison de ne pas demeurer attentif au parcours du groupe déjà précédé par une réputation live dont on a pu constater la cohérence (au Monseigneur,  aux Bains Douches, au Point Éphémère) au cours des semaines écoulées.

2. Declan McKenna, « Brazil »

Le gamin a 16 piges, et a, lors de la seconde soirée du dernier Fnac Live consacrée aux 10 ans de son label Because, assuré la transition entre les lives de Minuit et de Django Django. Le Fnac Live, lors d’une soirée qui verra à son terme l’arrivée de Christine and the Queens, c’est-à-dire un Parvis de l’Hôtel de Ville rempli de la rue de Rivoli aux bords de Seine de parfaits inconnus. Le contexte, évidemment, a de quoi impressionner (on pourrait employer le mot « terroriser », plus adapté). Sauf que Declan McKenna, même pas majeur et semblable dans son parcours et dans son phrasé à ce qu’avait évoqué l’arrivée prématurée de Jake Bugg sur la scène indie folk, ne s’est ce jour-là pas démonté, et a au contraire démontré, seul devant le monde, un talent viscéral simplement véhiculé par une guitare, par une voix inattendue, et par un charisme bluffant. Les plus attentifs l’avaient découvert en 2014 et via son morceau « Brazil », dans lequel le jeune Américain dénonçait, prémonitoire, la corruption qui gangrenait la FIFA depuis l’intérieur. Dieu seul sait où il en sera en 2018, lors de la prochaine Coupe du Monde organisée en Russie…

3. Paul Kalkbrenner, « Free Your Head »

Voici donc, après « Cloud Rider » et « Mothertrucker », le troisième et dernier épisode du triptyque clipé illustrant les premiers extraits du nouvel album de Paul Kalkbrenner (7), qui sortira le 7 août chez Sony. Et le producteur allemand, que l’on avait rencontré la veille de son passage au Solidays, a eu raison de terminer par sa relecture house et aérienne du « Free Your Head » de Jefferson Airplane. Car c’est justement en ouvrant son esprit, et en l’invitant aux rêveries fécondes, que Florian se libère.  Ce personnage que l’on avait vu dans les deux précédents clips obsédés par le partage de sa musique (au point de s’attirer, par trop d’empressement, la foudre (physique et morale) de ses contemporains, on le voit en effet s’imaginer meneur d’une foule disparate (bambins, quinqua, vieillards), partageur contagieux de sourires et de pas de danse bien menés. Le salut par l’imaginaire.

4. Seinabo Sey, « Pretend »

Les Suédois, et même si celle-ci puise aussi ses inspirations dans ses origines gambiennes, sont décidément passés maîtres dans la conception de ces morceaux d’électro pop marqués par une intelligence et un savoir-faire loin d’être récurrents dans le genre. Alors, après le fulgurant « Hard Time », la Suédo-gambienne Seinabo Seinabo Sey mélange de nouveau la puissance vocale de la soul et des gimmicks Uk house d’une redoutable efficacité sur « Pretend », accompagné par un clip agile et métropolitain. Aperçue cet automne au Festival des Inrocks, on la retrouvera à Rock en Seine le 28 août, en amont d’un premier album qui sortira en octobre chez Universal.

5. Jain, « Come »

A 22 ans à peine, sous ses airs très sages, la pétillante  Jain cache une belle énergie très virale. Alors que son premier EP Hope est sorti en juin, la petite chouchoute de Yodelice est passée sur les scènes de Solidays et du Big Festival. « Come », son premier single, est une petite bombe de soleil, dans un décor agréablement surréaliste. Rythmé et à suivre. (Yaël Hirsch)

6. Ropoporose, « Birdbus »

De l’électro pop colorée pleine de bons sentiments et de rebondissements clairement définis : c’est donc une pop de saison idéale que dévoile sans surprise Ropoporose, duo fraternel dont on avait déjà noté la belle détermination mélodique sur son premier album (Elephant Love), paru il y a quelques mois. Le clip de « Birdbus », réalisé par Hugo Bernatas, imite le son, et suggère la bacchanale viscérale que l’on entame sans trop état d’âme. C’est tout simple, c’est tout bon.

7. Arielle Dombasle, Nicolas Ker et le The Hillbilly Moon Explosion, « My Love For Evermore »

La diva rétro Arielle Dombasle quitte le monde latino,  la scène d’Alfredo Arias et sa mise en scène de la Traviata, pour aller à la rencontre du groupe de rockabily suisse, les The Hillbilly Moon Explosion. Alors qu’on attend l’album French Kiss pour le 2octobre, la plongée dans les fifties commence dès le premier extrait « My Love For Evermore ». Harmonica, duo avec Nicolas Ker, guitares qui grattent et rock bien ancré dans la terre et dans un style pin-up, cet univers est une invitation au voyage dans le kitsch le mieux rythmé. (Yaël Hirsch)

Visuel : (c) pochette de XI?NGYÈ de Bon Voyage Organisation

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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