Musique
Playlist de la semaine (122)

Playlist de la semaine (122)

11 juillet 2015 | PAR Bastien Stisi

La triple actu de Pegase, la vague sensuelle véhiculée par Her, la mutation dommageable d’Aufgang…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Pegase, « Well Bell »

Triple actu pour Raphaël d’Hervez, que la plupart connaissent sous le nom, ailé et synthpop, de Pegase. D’abord, il y a ces deux titres, dévoilés ces dernières semaines (« Well Bell » est accompagné d’un clip réalisé par Anthony Poulon), qui annoncent un second album prévu pour le début de l’année 2016. Ensuite, et alors que la première édition du FVTR Festival avait lieu ces jours-ci, il y a cette présence, programmée, au festival Hello Birds, où il se fera le porte-étendard de FVTVR Records (Rhum For Pauline, Minitel Rose, Disco Anti Napoleon…) ce label nantais dont il est le fondateur et le directeur artistique. Enfin, il y a ce mix, justement réalisé pour le festival, une mixtape estivale dans lesquelles les élans funky et IDM rencontrent les ralentissements dream et indie pop, et où Aphex Twin cohabite, efficacement, avec Mac DeMarco, Ariel Pink et autres LA Priest. Du 18 au 19 juillet à Etretat.

2. Her, « Quite Like »

Outre la vertigineuse ascension des chiffres (120 000 plays sur SoundCloud en 3 mois), et outre le fait que l’on entendra bientôt ce single jouissif et jouisseur à-peu-près partout où il sera possible de l’entendre, on note la sortie ces jours-ci du premier clip de « Quite Like » de Her, ce duo encore désireux de conserver, pour l’heure, une certaine forme d’anonymat. Dans la lignée de l’esthétisme lié au nom du projet (« her », pour ceux qui ne sont absolument pas bilingue, ça veut dire « elle »), qui avait déjà utilisé un corps de femme dénudée pour sa pochette, le clip (réalisé par Raphael Frydman) s’attarde sur les mouvements d’une muse en sous-vêtements et en état de réchauffement. Ce clip, qu’on a censuré un temps parce qu’il est important de porter des vêtements, résonne aussi parfaitement avec le son proposé par Her, qui propose une électro pop sensuelle et enivrante, faite de basses groovy et de verbes sexy, semblable à la vision que ceux qui aiment les filles peuvent avoir d’un corps féminin fantasmé. Indéniablement, le grosse coup de chaud / humide de l’été.


3. Aufgang, « Summer »

On avait déjà noté avec « Shaman », le premier extrait du prochain album d’Aufgang, le virage résolument pop et discoïde entreprit par le trio devenu duo suite au départ précipité de Francesco Tristano. Sans celui sans qui Infiné n’aurait jamais vu le jour (le label lyonnais s’est en effet construit, d’abord, afin de signer ses productions en solo), Rami Khalifé (le frère de Bachar) et Aymeric Westrich mutent ce qui pouvait hier paraître cérébral, quoique mélodique, en compositions purement estivales. On croirait ainsi « Summer », ce nouvel extrait plein de « ohohohoh », non pas issu du passif électro-classique des trois premiers albums du groupe, mais plutôt d’une rencontre entre Château Marmont, Todd Terje, et une mauvaise compile regroupant les essayages disco-house les plus faciles du début des années 2000. Aufgang quitte ainsi le spacieux laboratoire pour la piste de dance transpiratoire. Et c’est une très mauvaise nouvelle.

4. Bertrand Belin, « Folle, Folle, Folle »

Alors que le nouvel album du crooner auteur compositeur Bertand Belin est attendu pour le mois d’octobre chez Cinq7 / Wagram Music, le premier titre, déjà disponible sur i-tunes, va flirter du côté du surréalisme et du psychédélisme. Voix de velours, guitare maîtrisée, texte dans la lignée d’un Breton, « Folle Folle, Folle » suggère tout un monde de fantasmes et de rêves. A écouter sans modération pour inviter un petit brin de folie à rafraîchir les apéritifs de l’été…En attendant de voir Belin sur la scène du Bataclan le 15 octobre 2015. (Yaël Hirsch)

5. ALA.NI, « Suddenly »

Malgré les apparences et l’esthétisme vintage qu’elle déploie, (via le son, mais aussi via les vidéos, comme ici dans le clip de « Suddenly »), c’est bien dans le XXIe que la Londonienne ALA.NI a eu l’occasion d’expérimenter ses essayages jazzy et soul, qui la placent tout droit entre une émule singulière de Norah Jones et de Mélanie Di Biasio. Ancienne choriste de Blur, et protégée de Damon Albarn, ALA.NI a déjà dévoilé deux de ses quatre EP qui formeront, au final, l’ensemble d’une année entièrement consacrée à l’analyse du sentiment amoureux. Ainsi, après les sorties de Winter et de Summer, les deux autres parties de You & I sortiront respectivement le 21 septembre (pour Autumn) et le 21 décembre (pour Winter). Et en attendant que s’accumulent les saisons, le public parisien aura l’occasion de la découvrir, après l’avoir vu récemment à la Maison de la Radio, au cours du Festival Fnac Live le 17 juillet. On peut aussi écouter le remix de son « Ol Fashioned Kiss » par Vendredi, le duo parisien signé, comme elle, sur le label NØ FØRMAT!.

6. Farao, « Hunter »

Dans la lignée de ses voisines du Nord de l’Europe (First Aid Kit en Suède, Sóley en Islande, Valravn au Danemark…), elles aussi venues réchauffer les rudesses du froid scandinave par le biais d’une voix perchée et réchauffée, Farao vient chasser en dehors des plaines de Norvège, et introduit avec son single « Hunter » un album – Till It’s All Forgotten – à paraître le 11 septembre chez Full Time Hobby (Timber Timbre, Braids, The Hold Steady…) Electro de sorcière, folk de fée, multi-instrumentations habitées : la grande prêtresse prochaine de la rentrée.

7. Buvette, « Casual Outfit »

L’an passé, Cédric Streuli, signataire de chez Pan European (Koudlam, Flavien Berger, Poni Hoax, Judah Warsky) avait livré avec The Never Ending Celebration, son troisième album (mais le premier parvenu jusqu’aux oreilles d’un public un peu élargi) l’un des tous meilleurs disques d’électro pop vagabonde de l’année. Sans doute pas assez remarqué (car assez peu accessible…) malgré la diversité azimut de ses compositions (l’objet a été construit entre la Suisse, la France et le Mexique), le disque se voit aujourd’hui rejoint par un EP, Casual Outfit, qui poursuit l’application de mélodies tordues sur une voix nasillarde et vocodée. Le clip, DIY, met pour sa part en scène Buvette himself, entouré de cerfs-volants et d’un ciel pas tout à fait bleu. Soit un beau résumé de que représente la carrière de cet ancien batteur de Koudlam à l’heure actuelle : un horizon pas tout à fait dégagé malgré un esprit et une musique empreinte d’une liberté absolue.

Visuel : (c) pochette de Folle Folle Folle de Bertrand Belin

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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