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Playlist de la semaine (114)

Playlist de la semaine (114)

02 mai 2015 | PAR Bastien Stisi

Le grand retour de Bloum, la pop toute noire d’Aaron, le décès de l’immortel Ben E. King…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants : 

1. Bloum, « Bells »

On exprimait déjà hier, au moment de faire le point sur les premiers albums français que l’on attendait fort cette année, notre enthousiasme lié au collectif parisien Bloum, à sa synthpop somnambule, à sa fusion de new wave SF et d’électro des temps actuels, à ses lives cinétiques dont on avait pu apprécier toute la pertinence lors d’un concert bien abouti au sein du Badaboum parisien. Avec « Bells » (qui n’est donc pas une référence au morceau cocké de Jeff Mills), les Parisiens annoncent l’arrivée, non pas encore d’un premier album, mais de leur troisième EP Troubled City, porté par un clip semblable à ces drôles de songes dans lesquels l’on ne sait jamais très bien si l’on doit parler de rêve un peu étrange ou carrément de cauchemars méchamment anxiogènes…

2. AaRON, « Blouson Noir »

De passage au Printemps de Bourges cette semaine, Simon Buretet et Olivier Coursier en ont profité pour rappeler que, quatre ans après la sortie de Waves From The Road, AaRon était sur le point de faire paraître un nouvel album studio, quatrième du nom. En attendant de découvrir les composantes exactes de We Cut the Night, on découvre le clip de « Blouson Noir », qui n’est pas aussi brutal que son nom l’évoque, mais qui témoigne tout de même d’une évolution en clair obscur pertinente, entre horizons pop, verticalités électro, et géométrie synthpop.

3. Jamie XX, « Gosh »

Après « Sleep Sound », « Girl » et « Lourd Place », voici « Gosh », le nouvel extrait clipé (et gravitationnel) du premier album solo de Jamie XX, qui n’en est toutefois évidemment pas à son coup d’essai, puisque l’on sait qu’il est initialement membre du groupe mancunien The XX avec qui il a fait paraître deux albums, qu’il en a créé un autre avec Gil Scott-Heron, et que trois EP ont précédés cet album qui sortira en juin chez Young Turks. Le Mancunien, qui passe donc décidément beaucoup de temps en festival, en squattera encore quelques-uns cet été, puisqu’on le retrouvera notamment à l’affiche des Nuits Sonores, du Montreux Jazz Festival et de Rock en Seine.

4. Fakear, « Asakusa »

Déjà étudié sur son premier EP Morning in Japan, qui nous avait permis de découvrir l’electronica voyageuse, voltigeuse et vivace du tapeur de pads Fakear (que l’on a croisé ce week-end au Printemps de Bourges), le Caennais se penche de nouveau sur l’analyse du pays du Japon avec le clip de « Thousand Fires », issu de l’EP Asakusa qui paraîtra le 1er juin chez Nowadays Records, et qui porte le nom de l’un des quartiers les plus populaires de la capitale tokyoïte. Parce que l’ascendance de cet éminent représentant de la scène électro normande (Superpoze, Kuage, Fulgeance…) remplira un Olympia à l’automne prochain, et qu’il squattera un nombre hallucinant de festivals cet été, le morceau est à consommer les tympans grands ouverts, et les sens débridés.

5. Jabberwocky, « Fog »

Chez Jabberwocky, dont on se souvient que le nom fait référence à l’un des plus fameux poèmes de Lewis Carroll, le visuel est indubitablement au moins autant intéressant que le son. On avait déjà noté avec la parution de l’EP Pola, sur lequel figurait notamment le tube très diffusé « Photomaton », la très belle qualité d’une pochette et d’une identité globale focalisées sur un esthétisme de bande dessinée fantastique. Et cette tendance se confirme avec la parution du clip, entièrement en animation, de « Fog », réalisé par le duo Ugo Bienvenu / Kevin Manach (qui rappellera au plus énervés le clip « Get Off » de Metz, qu’avait réalisé Chad VanGaalen) et qui narre le destin tragique d’une fillette livrée en pâture à une armée de notables abominablement immatures…Une métaphore, on l’imagine, du passage toujours complexe de l’âge d’enfant à celui d’adulte, jamais exempt de blessures occasionnées au hasard des tracés…

6. Skip&Die, « Space Girls »

La scène électro-pop sud-africaine est décidément une scène de désaxés chroniques. Aux côtés des dangereux malades de Die Antwoord, de leurs clips immoraux, de leurs lives obscènes, jamais avars de provocations gratuites, subversives (et essentielles), le clip de « Space Girls » vient aussi nous rappeler que demeurent les Skip&Die, qui allient eux aussi une voix féminine (celle de Cata.Pirata) à un cocktail explosif de dubstep, de hip-hop, de R&B, et de tout ce qui a vocation à faire exploser à la morale du bourgeois les sonorités du siècle présent. Cosmic Serpents est le sixième album du groupe (en six ans), a été écrit entre le Brésil, l’Égypte, l’Argentine, la Colombie, l’Afrique du Sud, les Pays-Bas et La Réunion. Et c’est sans doute pour cela qu’il sonne aussi changeant foutraque que le Monde.

7. Ben E. King, « Stand By Me »

Après Percy Sledge il y a quinze jours (dont chacun a déjà entendu le « « When a man loves a women ») c’est au tour de Ben E. King de laisser la planète orpheline de l’auteur de l’un des plus grand tubes du XXe siècle. « Stand By Me » est désormais l’œuvre de l’homme d’un autre monde, décédé cette semaine à l’âge de 76 ans dans le New Jersey et déplacé directement dans le panthéon des figures immortelles de la chanson internationale. Gloire à lui.

Visuel : (c) pochette de Blouson Noir d’Aaron

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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