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Playlist de la semaine (113)

Playlist de la semaine (113)

25 avril 2015 | PAR Bastien Stisi

Le retour pompeux-pop de Son Lux, la tombe creusée encore un peu plus profondément par feu Snoop-Doggy Dogg, les Hivers mélancoliques de Baden Baden…la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. Son Lux, « Change Is Everything »

« Change Is Everything », le premier extrait du quatrième album de Son Lux (à venir le 23 juin), porte admirablement bien son nom. Plus grandiloquent encore que sur ses derniers essais (ceci est donc possible), Son Lux, qui est maintenant un véritable trio, et non plus simplement le projet du sensible Ryan Lott, propose désormais en studio ce qu’il propose déjà en live, à savoir une pop habitée et ultra lumineuse proche de la bacchanale de larmes et de sensations extraverties. On le verra à Rock en Seine fin août, et dans notre mémoire d’ici là, puisque l’on se souvient, toujours avec beaucoup d’émotion, de son live donné au Café de la Danse parisien il y a quelques mois de cela…

2. Snoop Dogg, « So Many Pros »

Entre voix affreusement vocodée et couplets pauvrement épuisés (on reconnaît la patte de Pharrell Williams à la production…), Snoop Dogg livre un premier morceau aussi affligeant que la présidence du bonhomme duquel l’extrait est issu (Bush). Pas franchement remis de sa fumeuse escapade jamaïcaine, durant laquelle il avait échangé un nom (il était alors devenu Snoop Lion) et posé la première vraie pierre de son mausolée musical, Snoop se rattrape toutefois avec le clip dudit extrait, dans lequel on le voit apparaître, entouré de ses habituelles figures féminines hyper sexuées, en lieu et place de gangsta movies des années 70 et des années récentes. Un clip à voir, avec le son coupé.

3. Baden Baden, « Hivers »

Dans les locaux de leur label Naïve, les Baden Baden nous disaient en février dernier leur plaisir d’étaler sur leur second album (le joliment nommé Mille Éclairs) une pop plus encore qu’hier écrite et chantée en Français. C’est notamment le cas de ces « Hivers » mélancoliques et thérapeutiques que nous comptent ici les Parisiens à l’aide d’un clip réalisé par Antoine Charlot, dont la réalisation en slow motion et l’esthétisme environnement baroque / personne central figé évoque une fusion entre un Zach Braff et un Xavier Dolan. « En sursis, moi je suis un hiver quotidien », chante Eric à l’aide d’une prose que l’on croit, toujours, être sur le point de s’essouffler. Et cela tombe bien, puisqu’une date est déjà bookée en décembre à La Cigale, et puis avant aux Francofolies de La Rochelle, en juillet.

4. Arca, « Sad Bitch »

Quasiment aussi connu pour sa qualité de producteur d’albums mégalomanes (Yeezus de Kanye West, LP1 de FKA Twigs et cette année le Vulnicura de Björk) que pour ses talents de compositeur mélomane (après trois EP parus en 2012, son premier album, Xen, est sorti chez Mute l’an passé), le Vénézuélien Arca fait paraître le clip de « Sad Bitch », imminente partie de la galerie de personnages présentés sur Xen, une vidéo réalisée avec la compagnie de Jesse Kanda, ami de longue date rencontré sur une plateforme en ligne d’artistes à l’âge de 14 ans, bien loin de la sphère huppée dans laquelle les deux hommes évoluent aujourd’hui…

5. Venera4, « 3 Studies for a Portrait »

On savait Morgane Caux détentrice de l’identité visuelle du groupe Venera4, ce quatuor français de shoegaze vénère et patient auteur récemment d’un premier album studio (Eidolôn) dont on avait déjà célébré les belles nuances lors d’une tirade précédente, en même temps qu’elle en était la chanteuse et la guitariste. On la sait désormais aussi vidéaste, puisque c’est à ses soins polyvalents que l’on doit la relecture visuelle du morceau « 3 Studies for a Portrait », qui mélange le grotesque et l’horrifique dans une vidéo qui dérangera les plus sensibles, et ravira les plus radicaux.

6. VKNG, « Mary »

L’imagerie viking n’appartient donc plus qu’aux métalleux peu soucieux de renouvellement esthétique et aux marques de bières glacées aromatisées à la vodka. Les casques à cornes, puisqu’ils n’auront jamais atteint la tête des hipsters malgré l’obsession de la barbe longue et épaisse, sont donc désormais entre les synthés pop et la basse disco du duo VKNG, composé de Maxime Delpierre (Oxmo Puccino, Damon Albarn…) et de Thomas De Pourquery (Metronomy, Katerine…), et témoigne sur ce single issu d’un premier EP sorti chez Naïve, d’une belle maîtrise du groove et du refrain en sucre (haute qualité). Une électro pop conquérante, en somme.

7. Hyphen Hyphen, « The Fear Is Blue »

Trois ans après le petit buzz qu’avait occasionné l’arrivée de leur électro pop disco et sur-vitaminée, alors convoitée par tout le petit monde de « l’indie rêvant de mainstream » (on se souvient des très bons tubes « Baby Baby Sweet Sweet » et « Atlas »), on retrouve les Niçois de Hyphen Hyphen signés chez Warner et sur le point de faire apparaître leur premier album studio, que l’on nommera donc logiquement Times, sans que l’on sache ou non si ce titre est une référence à ce temps qui est passé en égarant quelque peu le quatuor hier proche de Phoenix et de Talking Heads, aujourd’hui plutôt proche de Florence & the Machine et d’Austra. Cette évolution esthétique, courageuse quoique discutable, constatons-là en écoutant « The Fear Is Blue », extrait d’un album attendu pour le 22 juin.

Visuel : (c) pochette de Times de Hyphen Hyphen

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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