Musique

La playlist à répétition

La playlist à répétition

17 novembre 2018 | PAR Antoine Couder

Cette semaine Gilles, Féroce, Catastrophe, Marble Arch et Bertrand Belin.

Je l’écrirais — Gilles

Tout est dans le conditionnel, l’écriture chamforienne de celui qui est aussi le romancier (Ariel Kenig), marche donc derrière les autres et tourne la tête, peut-être par peur d’être trop vite reconnu. Rien n’est très clair et pourtant c’est tellement simple lorsque tout tient dans un prénom. Fuyant, faux fuyant, Pont de Sèvre ou Mairie de Montreuil ? À suivre.

Une tempête de neige sur l’autoroute — Féroces

C’est la voix ici qui n’est pas si facile à capter, belle et grave mais qui semble aussi jouer à cache-cache avec les fréquences. Et puis l’impétuosité de la guitare qui sème un flou ultime sur ce qui pourrait être la dernière, sur ce qui est peut-être la première fois. Des hommes qui tombent, un hommage rock’n roll aux 120 battements par minute.

Nuggets — Catastrophe

Est-ce qu’on peut parvenir à plus sensible que dans cette façon de se rencontrer sans se connaître et de se voir confier un secret, joli secret écrit tout simplement sur un bout de papier que l’on tend à l’autre, en lui effleurant furtivement la main ? Dans une cabine au milieu du vide, sans espoir de se revoir (ou alors peut-être…). «Sans se connaître on s’est aimé» chantait Léo Ferré dans sa vie d’artiste. De cet amour, voici quelques images.

Glissé redressé — Bertrand Belin

Ça commence comme un vieux Bowie («Win» période Young America) mais rien à voir, très vite ça glisse, ça tombe ça se tortille derrière les violons, la guitare donc qui reste au premier plan, ramène le Belin éternel par petits à-coups astucieux. Parce que voilà, rien n’a vraiment changé, «il s’est redressé» car l’histoire bizarrement finit plutôt bien.

I’m on my way – Marble Arch

À Marble Arch, au nord-est d’Hyde Park, à Londres, on trouve un drôle de bar joliment nommé The Duke of Kendal. Pas grand-chose à signaler sinon que tous les dimanches soirs, on y vient pour chanter autour d’un piano qui le reste du temps est plutôt fermé. On chante tout et n’importe quoi, des trucs de vieux, des trucs de jeunes et surtout on boit. C’est vraiment ici que les petits Français qui ont choisi de s’appeler comme ce quartier devraient venir filmer leurs fantasmes de baby-sitter.

Visuel : @Bastien Burger

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Antoine Couder
Antoine Couder est journaliste. Il est l’auteur de « Fantômes de la renommée (Ghosts of Fame) », une autofiction portée par l’histoire de la musique enregistrée qui a été sélectionnée pour le prix de la Brasserie Barbès 2018. Son travail explore le lien narratif entre document et fiction et plus particulièrement le thème de la musique, entendue au sens de l’écoute et de l’inspiration qu’elle procure. Il écrit actuellement une fiction anthropologique se déroulant entre l’Allemagne, la Suisse et la France.

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