Musique
Pascal Mathieu revient « Sans motif apparent »

Pascal Mathieu revient « Sans motif apparent »

26 janvier 2013 | PAR Bérénice Clerc

Pascal Mathieu revient poser ses mots et sa voix, « Sans motif apparent » sortira en mars 2013 et pour le plus grand plaisir des spectateurs il fît escale à La Reine Blanche le 25 janvier.

Primé à tous les plus grands festivals, aimé des amoureux de la chanson française, Pascal Mathieu arpente le monde, la langue et les scènes depuis de nombreuses années.

Décalé, révolté, anarchique diront certains, libre serait un mot plus juste mais la liberté a un prix, le talent aussi sans doute car Pascal Mathieu n’est pas sur les plateaux de télévision, à l’antenne des radios ou dans des salles de spectacles grand public.

La Reine Blanche marchande de théâtre comme d’autre parisienne accueillit le 25 janvier un concert d’une heure, trop courte pour une salle trop vide où les spectateurs heureux applaudirent à tout rompre pour se démultiplier.

Nouvelles chansons accompagnées par le compositeur principal de l’album, Claude Mairet (ex compositeur et guitariste de HF Thiéfaine) Florent Marchet en signe deux.

Rock, pop, électro, guitare pertinente, Amour grinçant, humour éclatant, jeux de mots habiles, Pascal Mathieu n’a rien perdu de sa verve.

Le verbe haut, les chansons tissent le fil insaisissable de l’amour, en retard, au quotidien, passé ou à venir.

Costume élégant, chemise hors du pantalon Pascal Mathieu habite la scène, son charisme, sa passion et le niveau de ses recherches est puissant. En parfait accord avec Claude Mairet il virevolte, sautille, s’assoie, joue avec la salle, se laisse applaudir sans jamais se gargariser.

Pascal Mathieu est aux antipodes de ceux qui veulent plaire, loin des branchés bobos, il ose prendre le temps de la poésie, aphorismes, réflexions, tranches de vi(e)(s), jonglages de mots légers, acrobaties verbales, un cirque pour langue vivante.

Sa voix chaude, son sourire de poète ravageur, écorché par les vagues de la vie, le séducteur se moque de lui même et dessine le monde avec tendresse et ironie.

Exhausteur de couleur, avide de noirceur, heureux dans le désespoir, mélodie douce, rock dur, Pascal Mathieu est un oxymore nécessaire.

La chanson française creusée par le vide doit retrouver la force des chansonniers créateurs d’un monde où Gainsbourg, Barbara et bien d’autres étaient rois.

Une heure de chansons, une heure de lâcher prise pour des spectateurs frustrés de ne pas en avoir plus même amputé de la perte de temps des rappels et autres baissers de rideaux pseudo improvisés.

De Besançon ou dans toute la France, il faut soutenir le travail de Pascal Mathieu, acheter son album et passer un concert avec lui pour ne plus jamais l’oublier.

 

Visuels : (c) : Pascal Mathieu/Francis Vernhet

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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