Musique

« Ombra Mai Fu » : Le contre ténor Philippe Jaroussky nous plonge dans la féerie du compositeur Francesco Cavalli.

« Ombra Mai Fu » : Le contre ténor Philippe Jaroussky nous plonge dans la féerie du compositeur Francesco Cavalli.

06 septembre 2019 | PAR Jean-Christophe Mary

 

La voix du contre-ténor Philippe Jaroussky se magnifie avec le temps et conserve une belle onctuosité comme le témoigne ce nouvel opus consacré au compositeur vénitien Francesco Cavalli.

Dans « Ombra mai fu » le contre-ténor explore l’univers d’une des figures majeures de l’opéra vénitien du 17ème siècle, qui sut rendre le genre populaire à Venise au travers de livrets épiques alternant entre lamento, émotion et humour. Au travers de cette magnifique sélections d’arias, le chanteur qui aime dépoussiérer les partitions peu connues ou oubliées du répertoire baroque, revisite l’œuvre du compositeur vénitien. Dès son entrée la scène lyrique en 1639 jusqu’à sa mort en 1676, Francesco Cavalli n’aura eu de cesse que de jeter des ponts entre l’opéra de cour, réservé à la noblesse et ce qui devient à la mode, l’opéra public, l’opéra ouvert à tous. Le disque débute avec « Ombra mai fu » de l’opéra Xerse, un air dont le titre est devenu populaire car Handel reprendra le livret 85 ans plus tard en le rebaptisant « Serse ». Entre lamento et airs bucoliques, ces 24 pièces musicales sont toutes propices à la détente et à la zen attitude. A chaque morceau, c’est la surprise. On laisse son esprit s’évader, vagabonder au grès de l’instant et tisser des liens avec les notes et la voix pleine de virtuosité et de sensibilité du contre-ténor. Philippe Jaroussky a puisé ces pièces vocales à travers une douzaine d’opéras, qui vont d’œuvres assez connues comme « Calisto », « Ercole amante », « Ormindo », « Giason »e ou Eliogabalo jusqu’à des œuvres plus rares comme, « Statira, principessa di Persia » ou « La virtù dei strali d’Amore ». Cerise sur le gâteau, on découvre des duos célébrant l’amour pastorale en compagnie de la soprano hongroise Emöke Barath et la contre alto canadienne Marie Nicole Lemieux dont la voix ample et généreuse fait des merveilles sur « Callisto ». Pour illustrer ces chansons d’amour et airs martiaux émouvants, Philippe Jaroussky s’est entouré de ses musiciens fétiches, l’ensemble Artaserse. Grâce à un timbre délicat et généreux et une technique sans faille (merci Nicole Fallien), le contre ténor redonne vie à des œuvres d’une douceur extrême et nous renseigne sur la richesse d’un génial compositeur trop peu connu. Un régal.

Visuel : Pochette officielle 

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