Musique

Nuits Sonores : un vendredi très complet

Nuits Sonores : un vendredi très complet

01 juin 2019 | PAR Rodolphe Pete

Jusqu’à dimanche se tient à Lyon la 17e édition de Nuits Sonores, l’événement le plus important des musiques électroniques en France. Retour sur un vendredi très chaleureux et complet…

Qu’il est dur d’assurer un warm-up dans une grande salle presque vide. Les absents avaient tort vendredi après-midi à la Sucrière pour l’ouverture du Day préparé par Maceo Plex. Le Parisien Madben s’en est parfaitement sorti, tandis que le boss du label Ellum brillait en set dark electro dans l’écrin climatisé du Sucre. Un endroit propice à la découverte, celle par exemple de CAR, dont le live promet une belle carrière. 

Sous une chaleur écrasante, les clubbers cherchaient le frais et l’ombre mais il fallait accepter de suer pour apprécier le redoutable sens du mix des Londoniens Joy Orbison et Midland sur l’esplanade. Un même sens du tempo dans la grande salle, d’abord avec l’Australien Jensen Interceptor, suivie d’une démonstration de Danny Daze, en mode Miami bass, avant de céder les platines à Maceo Plex sur le classique « Disco Rout » de Legowelt. L’Americain, fidèle à sa réputation, a donné un set à la fois sombre et lumineux, magistralement incarné par sa relecture de « Blade Runner », d’après Vangelis.

De quoi arriver en parfaite condition pour la Nuit 3 aux usines Fagor-Brandt, qui affichait complet depuis longtemps. Avec une foule déjà compacte dès 22 h 30 dans la halle 1 pour ne rien manquer de la fanfare allemande Meute, très applaudie à l’issue d’un live conclu par « The man with the red face » de Laurent Garnier. Moins de monde hélas devant les prestations de trois grands noms des musiques électroniques, à des titres divers. Et c’est ce qui fait l’importance de Nuits Sonores de les réunir sur une même affiche. Tant les pionniers de l’italo disco Rago et Farina (halle 3) que le duo EBM américain Curses et la légende Nitzer EBB, de retour avec Douglas McCarthy au chant et Bon Harris aux claviers (halle 2), donnaient des frissons aux plus anciens, tout en permettant aux plus jeunes de redécouvrir ces « historiques ».

La halle 3 devenait en revanche ultra compacte pour le show house circus de Camion Bazar, costumes et accessoires scintillants comme pour un bal masqué sous boule à facettes. De quoi souffler un peu après le set de la jeune Palestinienne Sama (halle 1), très convaincante même si son set techno aurait gagné à être moins autoroutier.

L’apothéose de cette Nuit 3 pouvait ensuite démarrer en trois temps. D’abord en priant pour avoir le don d’ubiquité et apprécier à la fois le set de l’Allemand Marcel Dettmann (halle 2), un habitué jamais décevant du festival, et le live du maître canadien Richie Hawtin (halle 1), sous le titre « Closer », apte à réconcilier ses fans de la première heure, oubliant sa minimale fade à la sauce Ibiza. Visuellement et musicalement, le show s’avère dense, époustouflant et très efficace. Enchaînant aux platines, le résident Laurent Garnier reprenait au même tempo avant de varier les plaisirs comme il sait si bien le faire. En moins de deux heures. Une durée inhabituelle pour celui qui s’épanouit tellement lors de longues prestations. Une autre fois. La prochaine fois…

visuel : Rodolphe Peté 

La beauté de Larché et Rousseau, la folie de Adam Ben Ezra, le feu de Fatoumata Diawara et la flûte iconique de Magic Malik à Jazz sous les Pommiers
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Rodolphe Pete

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