Musique

Nuits Sonores à Lyon, jour 1 : on est très sérieux quand on a 17 ans…

Nuits Sonores à Lyon, jour 1 : on est très sérieux quand on a 17 ans…

30 mai 2019 | PAR Rodolphe Pete

Le vent et les nuages n’ont en rien gâché, mercredi, le lancement des Days et Nights de Nuits Sonores, 17e du nom jusqu’à dimanche à Lyon. Comme depuis plusieurs années, les après-midis à la Sucrière sont devenus beaucoup plus qu’un before fait pour patienter.

Désormais, un grand nom se charge d’une sélection à son image. Pour la première, l’Anglais Bonobo a uni les styles et les générations, tel un éventail où le jazz, la techno et la world music se croisent comme des messagers familiers. Voir jouer sur l’esplanade la légende anglaise Andrew Weatherall, icône absolue depuis 30 ans, est un régal, surtout quand il déroule un set sombre, lent et si envoûtant. Constater l’effervescence de la grande salle avec le set impeccable et impressionnant de la Chilienne Shanti Celeste, voilà qui donne le sourire. Comme vibrer au son du live jazz très groovy de Nubya Garcia, dans le rooftop du Sucre. Le public a également fait honneur au live survolté de l’Italien Clap ! Clap ! Et saluer comme il se doit le set magistral de Bonobo, emportant tout le monde dans l’obscurité pour un grand voyage sonore.

À peine le temps de se remettre de ces émotions qu’il faut enchaîner avec la première Night aux anciennes usines Fagor-Brandt à Gerland. Trois grands moments au moins attendaient les oreilles curieuses, en dehors de l’événement James Blake, sûrement intéressant pour qui aime la guimauve. Un peu écœurant sans modération… Plus intéressant et prenant, au centre de la halle 3, la voix et les sons de Deena Abdelwahed, qui réussit une superbe fusion entre l’electro et l’Orient avec une magie qui ne retombe jamais. Pas question non plus que la passion cesse un peu plus tard quand il s’agit d’accueillir, dans la halle 2, l’un des précurseurs de la techno, Juan Atkins, sous son alias Model 500. Entouré des fidèles Skurge et Mark Taylor, timide mais parfaitement maître du sujet, le génie de Detroit fait revivre les bases devant un public où beaucoup n’étaient pas nés quand il composait certaines des plus belles pages de l’electro, au sens large. Il s’appuyait sur des visuels bienvenus mais mal mis en valeur dans un espace un peu trop réduit. Ce qui n’était pas le cas, dans la grande halle 1, pour l’un des moments forts de cette soirée, à savoir le live du prodige Jon Hopkins. Un jeu d’images, de lumières, deux danseuses sur scène, un univers foisonnant, original et profond, pour une expérience délicate, où le dancefloor peut se concilier avec la contemplation. Du grand art.

visuels :affiche et images (c) rp

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Rodolphe Pete

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