Musique

Negura Bunget et Enslaved au Nouveau Casino (25/04/11)

26 avril 2011 | PAR La Rédaction

Ce lundi 25 avril, le Nouveau Casino accueillait deux excellentes formations de metal, toutes deux tenantes d’un metal progressif ancré dans le black metal. Les deux groupes ont livré des sets de bonne facture mais sans éclat, légèrement entachés par un son pas toujours à la hauteur.

Découverte à l’occasion du Hellfest 2010, je saisis l’occasion de son passage en première partie d’Enslaved pour aller voir la remarquable formation roumaine Negura Bunget. Le groupe sortait en 2010 l’un des meilleurs albums metal de l’année (Vîrstele Pamîntului), cinquième LP à son répertoire, suivi d’un EP sorti cette année, intitulé Poarta de Dincolo. Quoique labellisée black metal progressif, sa musique n’est guère dans l’orthodoxie du genre que définirent les premiers albums de Bathory puis les premières formations norvégiennes. Dans des compositions étirées, le groupe alterne les passages tempétueux typiquement black metal (voix feulante, blastbeats, riffs acérés) avec des passages ambiants dont l’envoûtement doit tout à l’usage d’instruments fokloriques roumains (oboi, flûte de Pan, percussions…) et nappes de synthé. Musique épique, donc, riche, donnant toute carrière à l’imagination, elle a quelque familiarité avec celle des Ukrainiens de Drudkh ou des Américains d’Agalloch, notamment par la précision de la production.

Negura Bunget a donc joué pendant environ trois quarts d’heure un set de bonne tenue, déployant dans la fournaise du Nouveau Casino des compositions issues pour l’essentiel des derniers LP, les fantastiques OM (2006) et Vîrstele Pamîntului (2010), notamment « Tesarul de lumini » et « Pamînt ». Quelques problèmes de sonorisation, mais surtout le contraste avec l’écoute des albums studios, dont la production est assez minutieuse, laissent sur l’impression que le groupe reste plus fascinant par ses captivants enregistrements, quand bien même sur scène il est irréprochable.

La formation norvégienne Enslaved était donc la tête d’affiche. Actif depuis le début des années 90, le groupe n’a eu de cesse d’affiner son black metal en y incorporant des influences progressives. Son dernier album, « Axioma Ethica Odini », sorti fin septembre 2010, a confirmé une fois de plus l’excellence de ce groupe héritier de Bathory, l’un des hérauts du viking metal (black metal explorant la mythologie, en l’occurrence scandinave et parfois même le patrimoine scandinave) et dont la démarche musicale se rapproche quelque peu d’Opeth. Malgré un problème de micro au début, Enslaved a livré un set de très bon niveau, parfois mélodique, souvent agressif, balayant son large répertoire, aussi bien les derniers albums que les plus anciens à l’occasion d’un « collage » (dixit le bassiste/chanteur Grutle Kjellson, l’un des deux membres originels avec le guitariste Ivar Bjørnson), c’est-à-dire un medley, de titres plus anciens. Les fans ont manifestement été enchantés par la performance des Norvégiens. Quant à nous, nous avions fait le déplacement surtout pour Negur? Bunget…

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La Rédaction

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