Musique

múm ou la sophistication pop

02 septembre 2009 | PAR Mikaël Faujour

C’est le retour de múm, avec un cinquième album élégant et finement ouvragé. Éloigné de l’electro des premiers albums, le groupe islandais poursuit dans une direction plus instrumentale qu’avait inaugurée son précédent opus. Ou la preuve que même lorsqu’on change une équipe qui gagne, le changement peut avoir du bon.

mum-sing_along_to_songs_you_dont_know2

C’est en 2000 que les Islandais de múm s’étaient signalé avec un premier album (Yesterday Was Dramatic, But Today Is OK) plein de charme et de grâce enveloppante. Les albums suivants déclinèrent la grammaire musicale du groupe, d’une égale beauté, féerique, enchanteresse. Ambiances flottantes, carillonnantes, chant féminin éthéré, instrumentation riche (synthés, piano, cordes…), toute à la délicatesse – une caresse sonore. Naviguant entre douce mélancolie et paisible abandon, la musique de múm rappelle quelque peu l’ambiance onirique des compatriotes de Sigur Rós, dans un registre musical cependant dominé par l’électronique.

Voici donc que paraît le cinquième album des Islandais, au titre aussi curieux qu’habituellement : Sing Along to Songs You Don’t Know. Tout comme sur leur précédent album, Go Go Smear the Poison Ivy (2007), le groupe poursuit ce qui est peut-être la deuxième phase de son évolution musicale, plus instrumentale et moins électronique, qu’avait possiblement provoqué le départ des chanteuses jumelles Valtýsdóttir. Sur ce précédent album, déjà apparaissaient des voix masculines côtoyant celles des deux nouvelles chanteuses, donnant une coloration différente des trois premières merveilles du groupe.

Sans perdre drastiquement de sa sensibilité originelle, múm paraît pourtant un autre groupe. Sans doute faut-il acter le changement de direction vers une musique moins ambiante et légèrement plus rythmée… Mais évitons les regrets de conservateur et le « c’était mieux avant ». Car, après tout, ne serait-il pas pareillement saugrenu de rejeter le Pink Floyd de Barrett au nom du Dark Side of the Moon ? ou le Radiohead des années 2000 au nom d’OK Computer et The Bends ?

mum
À considérer múm à sa juste valeur, l’exigence musicale reste haute et l’inventivité expérimentale jamais ne se corrompt dans l’abstrusion. Au contraire. Sing Along to Songs You Don’t Know monte en puissance de titre en titre et, fourmillant d’idées, recèle de plaisants délices d’harmonies vocales, d’arrangements toujours très fouillés, de beats synthétiques singuliers et parfois entraînants, et d’ambiances parfois élégiaques, à l’image du très beau final

See the light au Rex club, demain
Des artistes mobilisés contre le SIDA chez Yvon Lambert
Mikaël Faujour

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *