Musique

Mintzkov, révélation power pop de la rentrée

14 septembre 2009 | PAR Mikaël Faujour

Rejeton putatif de dEUS, fleuron du rock belge (et européen), Mintzkov s’inscrit dans cet héritage clairement revendiqué et distille avec intelligence des compositions brillamment accrocheuses. Déjà célébré en Flandre, le groupe est encore inconnu en France. La réédition de leurs deux premiers albums pour le marché français est l’occasion de les découvrir.

Voilà une belle surprise, venue du pays de la bière, du Manneken Pis et de Plastic Bertrand. Combo anversois comme dEUS, le groupe développe un rock qui doit beaucoup à ces glorieux aînés. Les mauvaises langues diraient de Mintzkov qu’ils n’ont pas inventé la poudre, qu’ils ne sont pas très originaux, sonnant comme une réplique de dEUS (il faut reconnaître que la voix de Philip Bosschaerts est très proche de celle de Tom Barman)… Si l’on a l’esprit étroit, admettons ; mais reproche-t-on aux avions d’imiter les oiseaux ? L’efficacité seule compte. Et en la matière, Mintzkov est un groupe très efficace.

mintzkov-m-for-means-l-for-loveDoué d’un sens de la composition affûté, le groupe signe des morceaux dont l’énergie et la puissance n’excluent jamais une attention aux ornementations sonores. D’où un son qui a cette épaisseur peut-être typique du rock belge (dEUS, Ghinzu, Venus…). Si le premier album, M for Means And L for Love (2003), avait permis de faire découvrir un groupe prometteur, sa production paraît encore timide (voix trop en avant, instruments au son encore trop froid). Il reste néanmoins un bon disque, aux morceaux divers et changeants qui, surtout promet une belle ferveur scénique.

mintzkov-360Mais c’est clairement le deuxième album, 360° (2007) qui est le plus remarquable. Le groupe avait trouvé le producteur qu’il lui fallait en Mark Freegard (co-producteur du classique Last Splash des Breeders, producteur des Dead 60’s…). La voix se mêle ici parfaitement au son bouillonnant et organique des instruments. Résultat : un excellent disque de power pop enlevée, tumultueuse, où la nervosité électrique le dispute au raffinement. Des compositions dont la mélancolie feutrée s’étourdit dans le mouvement perpétuel et rythmes tourbillonnants. 360° s’annonce comme un des bons albums rock de cette fin d’année 2009. Des morceaux aussi parfaits que « Life After Life », au rythme têtu et à la pulsation irrésistible, le single « Ruby Red » ou ce très beau « Return & Smile » qui lentement s’emporte et monte comme un vent d’automne – suffisent à convaincre. Album solide, d’une belle exigence mélodique, merveilleusement mixé et arrangé, 360° fait largement oublier le rapprochement avec dEUS, qui est de peu d’importance au vu du résultat.

En deux albums, le groupe s’est constitué un petit répertoire qui mérite l’intérêt. À surveiller sur scène. Rendez-vous le 20 octobre au Nouveau Casino.

M for Means and L for Love (2003), 360° (2008), Volvox Music.
MySpace de Mintzov

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Mikaël Faujour

5 thoughts on “Mintzkov, révélation power pop de la rentrée”

Commentaire(s)

  • ça ne sonne pas vraiment power pop mais bon?

    février 8, 2010 at 16 h 48 min
  • Retrouvez Mintzkov en concert au Glazart pour les Concerts Outrageusement Publics de radio Néo spécial Scène Belge
    Jeudi 6 janvier 2011 à 20h00
    COP #46 avec MINTZKOV / VISMETS / SAMIR BARRIS
    Glazart : 7/15 av. de la Porte de la Villette Paris 17
    Métro Porte de la Villette sortie n°4
    Entrée libre

    décembre 28, 2010 at 15 h 56 min

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