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[Live Report] Hellfest – Jour 2

[Live Report] Hellfest – Jour 2

23 juin 2019 | PAR Simon Théodore

Samedi 22 juin, le marathon métallique du Hellfest se poursuivait sur le site de Clisson. Après l’épisode Manowar, cette journée a également été marquée par l’annulation des Danois Myrkur en raison de la grossesse de la chanteuse. Cependant, l’éclectisme de la programmation a permis de profiter pleinement du festival.

Il est 10h30, le soleil est au rendez-vous et le camping émerge tranquillement. Les plus matinaux assistent à la bonne prestation des Français Coilguns à la Valley. En fin de matinée, le choix est déjà compliqué. Les Anglais Skindred et leur charismatique chanteur mettent le feu sur une mainstage encore accessible. Du côté de l’Altar, Cypecore réveille les métalleux préférant l’ombre de cette scène. Originaire d’Allemagne, le groupe évolue dans un registre proche de celui de Fear Factory et de Dagoba. Directement sortis d’un film de science-fiction, les musiciens imposent leur univers post-apocalyptique. Le son est bon, les refrains accrocheurs et puissants et les premières nuques se délient tranquillement. Sans aucun doute, l’intérêt d’un festival comme le Hellfest est de pouvoir assister aux concerts de groupes comme celui-ci dont les passages dans l’hexagone sont trop rares…

Alors que le soleil est à son zénith et illumine les mainstages, la foule commence à investir l’immense espace où l’ombre se fait rare, voire inexistante. Le mauvais hard rock du groupe FM fait patienter la nouvelle génération venue assister à la prestation des Américains Whitechapel. L’excellent dernier album The Valley a fait franchir un nouveau cap à ce groupe originaire de Knoxville. Ces fers de lance du deathcore lui consacrent donc logiquement la moitié du set. Dans le pit, tatouages, débardeurs et casquettes sont de sortie. « Brimstone », « Black Bear » ou encore « The Void » sont les moments choisis par le public pour se défouler, lancer les premiers circles pit de la journée et faire voler les slameurs. Alors que les trois guitares rendent les breaks de plus en plus en lourds, le chanteur force parfois un peu sa voix mais assure des growls résonnants dans les cages thoraciques. Au terme de quarante minutes de show, l’ultime et magnifique « When a Demon Defiles a Witch » clôture le set. Sans aucun doute, les mélodies et la voix claire assumée de ce titre prouvent les qualités artistiques du combo, envoûtent le public et laisse un léger sentiment de regret concernant l’heure de passage de la formation.

En fin d’après-midi, le rendez-vous est donné à l’Altar Stage avec Moonspell. Emmené par Fernando Ribeiro, depuis près de trente ans, il s’agit de l’un des groupes les plus intéressants du Portugal. Cet « autel » est bien rempli lorsque les premières notes de « Em Nome Do Medo » résonnent. Très vite, la scène se transforme en un lieu où le groupe communie avec son public. Certains n’hésitent pas à fermer les yeux pour se laisser bercer par les mélodies majestueuses de la formation lusitanienne. Depuis plusieurs albums, Moonspell réalise des disques de plus en plus intéressants, tant sur le plan de l’inspiration que de la production et de la qualité de son. Cette progression se ressent en live et, à l’instar de « Breathe (We Are No More) », les voix claires et autres soli sont maîtrisés. Alors que le public ne cesse de taper dans ses mains à la demande du frontman. Le classique et fédérateur « Alma Mater », puis le doomesque « Full Moon Madness », sonnent le glas d’une prestation que l’on aurait aimé plus longue. Sur la même scène, succède alors le groupe Suédois Candlemass qui joue devant un public venu en grand nombre. Déjà aperçu au Fall of Summer 2015, les Scandinaves voyaient, ces dernières années, le retour de leur chanteur originel Johan Langqvist. On se laisse alors emporté par les titres du premier album Nightfall. En cette fin de journée, l’Altar est dédiée au death metal suédois puisque se succèdent Dark Tranquility et Bloodbath pour des prestations plus énergiques et extrêmes.

Pour son nouveau passage au Hellfest, Cradle of Filth hante la Temple avec son black metal symphonique. Néanmoins, la prestation fut entachée par une voix stridente de Dani Filth parfois difficile à digérer. Musicalement, « Nymphetamine (Six) » et « Her Ghost in the Fog » n’ont rien perdu de leur charme et efficacité en live. Au même moment, les légendaires Kiss endiablent une mainstage quasi inaccessible. Hard Rock, maquillage et paillettes rythment cette prestation très « américaines » pendant 90 minutes. Pour les derniers concerts de la nuit, les plus anciens vont assister au grand retour des Sisters of Mercy et de leur dark wave, tandis que les amateurs de metalcore moderne, encore capable de supporter les pogos et autres slams se défoulent lors du concert d’Architects, Durant cet ultime set de la journée, les jeux de lumières envoient au lit les épileptiques. Pour cette seconde journée, le Hellfest aura donc tenu ses promesses. Entre groupes légendaires de hard rock et formations plus modernes et brutales, il y en avait pour tous les goûts…Rares seront ceux qui attaqueront la dernière journée à cent pour cent de leur capacité…

Visuels :  (c) Mouskito

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Simon Théodore

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