Musique

Master Musicians of Bukkake le 18 avril aux Mains d’Œuvres

21 mars 2011 | PAR Mikaël Faujour

Venu de la très profuse scène alternative du nord-Pacifique et constituée de membres de groupes expérimentaux tels que Earth ou Burning Witch, Master Musicians of Bukkake signait en 2010 un second album passionnant, intitulé Totem Two, et dont le psychédélisme capiteux brasse sonorités du monde, saturations droniques et space rock. Passé par la France à l’hiver 2010, le groupe n’avait pas joué à Paris. La venue aux Mains d’Œuvres de Saint-Ouen est donc une bénédiction pour tous les amateurs de musique étonnante, onirique, et pour tous ceux avides d’une réelle mise en scène.

Aussi estrange que son nom, la musique des Master Musicians of Bukkake est tout à fait imprévisible. Ici, une longue brume de saturations de guitare s’étire, se lève et se dissipe, griffée de cloches tintinnabulantes, de giclées de cor ou de furtives percées de chant guttural (« Bardo Chonyid / Master of All Visible Shapes »). Là, une paisible flottaison psychédélique entre space-rock des éthers et réminiscences de Dead Can Dance, un va et vient marin crachotant çà et là l’écume d’un chant à l’unisson (« Patmos »). Ailleurs, s’enroulent et se déroulent à l’infini des mantras mélodiques simples, survolés par un duduk hypnotique et scandé par des tambours fiers, implacables, processionnels (« Perde Kaldirma »). Atmosphères changeantes, mais toujours hiératiques, à l’image encore de l’impérieux orgue ecclésial de « The Heresy of Origen », ou du plus mélancoliques « Coincidential Oppositorum », cousin du post rock de Mono.

Saturations droniques et mélodies embryonnaires, rythmes lancinants : les ambiances musicales construites par le groupe de Seattle ont quelque chose de primitif, d’un psychédélisme qui se diffuse comme un encens capiteux. De nul espace et de nul âge très circonscrits, la musique des Master Musicians of Bukkake est onirique, tantôt sombre, tantôt lumineuse – d’une beauté étourdissante.

Infos pratiques

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Mikaël Faujour

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