Musique
MaMa 2022, un retour en force  pour le Salon de la Musique Actuelle !

MaMa 2022, un retour en force  pour le Salon de la Musique Actuelle !

18 octobre 2022 | PAR La Rédaction

Comment appréhender les enjeux du secteur musical ? Après deux années Covid,  un virage écolo et digital bien amorcé !

Par Marielle Sade  

Durant trois jours, le Mama, Rendez-Vous incontournable des musiques actuelles, a déposé bagages au cœur de la capitale, dans des salles mythiques du quartier de Pigalle, dont l’Élysée Montmartre, le Trianon, La Cigale.

Après deux années blanches, toute la profession a couru assister aux conférences, ateliers, débats, master class, qui témoignent des soubressauts et nouveaux enjeux du secteur musical. 

Immense vitrine musicale de talents émergents français et internationaux, de nombreux artistes et professionnel(le)s ont multiplié les événements et rencontres : se précipiter pour écouter les précieux conseils, meetings, concerts , show case d’artistes connus ou méconnus. Une façon festive et intense de « prendre la température», permettant à tout ce petit monde de se retrouver, s’échanger, s’informer, se renouveler.

Mais qui sont ces professionnel(le)s de la musique ? 

Un incontournable pour la faune musicale et son entourage. Parmis les professionnel(le)s présent(e)s et/ou accrédité(e)s: Labels, producteurs(rices), éditeurs(rices), manager, distributeurs(rices), artistes-interprètes, artistes-entrepreneurs, musicien(ne)s,  technicien(ne)s, gérant(e)s de salles ou promoteurs de spectacles. Sans compter les « project managers » de plateformes numériques (Youtube, Groover, TikTok, Instagram), reflet évident d’un virage vers la dématérialisation et la digitalisation de la musique, ainsi qu’une volonté d’approche et de sensibilisation écologique qui touche tout le secteur. Ce qui nécessite de nouvelles pratiques professionnelles, plus inventives que jamais.

Car si on devait résumer la vie d’un(e) artiste interprète en 2022 ?

 

On se rend clairement compte que la place de l’artiste n’est plus cantonnée à seulement « faire de la musique, créer, composer ou chanter ». Aujourd’hui, l’artiste a tout intérêt à se positionner en « auto entrepreneur(se) ». 

Et s’ils sont de plus en plus nombreux à se revendiquer comme tels, nos artistes doivent désormais s’enrichir d’une palette de « connaissances » digitales et marketing : créer du contenu régulier, proposer des partenariats, engager des communautés de fans, se « positionner » telle une marque, de façon très business. Bref, se comporter comme de vrais managers.

 

Quel Business modèle pour monétiser son contenu musical ?

 

Car soyons clair : La musique digitalisée est gratuite. Et c’est le grand hic des artistes. Chaque morceau est désormais disponible sur le web, en un seul clic. Et même s’ils sont auteurs(rices) –compositeurs(rices), voir éditeurs(rices) de leurs propres musiques, de plus en plus d’artistes doivent désormais – pour « exister » sur le territoire digital –  sortir de nouveaux sons, véritable enjeu pour émerger-,  et catcher les fameux « algorithmes des palteformes » qui promettent le graal, là où la concurrence se fait parfois très sévère. Il faut donc dépasser les usages traditionnels, trouver des astuces innovantes, créatrices de nouveaux business model.

Le milieu musical est au cœur d’une mutation, qui n’a pas atteint sa totale maturité. Il continue d’évoluer, vers des tendances complexes qu’il va falloir suivre et comprendre.  En résumé, le modèle digital est pourvoyeur d’opportunités, mais comporte aussi son lot d’opacité.

Les fans aussi ne se comportent plus de la même façon !

Avant c’était la radio, le vecteur de découverte, désormais c’est Youtube, les réseaux sociaux et bien sûr TitkTok. C’est l’originalité, le caractère authentique, généreux et parfois même subversif de l’artiste, qui va l’emporter.

Les fans ont désormais un rapport différent à la musique, ils sont plus volatiles, plus compulsifs, découvrent et attendent de leurs artistes, des comportements et une approche différente, et engagée. L’artiste Naps, par exemple, va s’adresser autrement à ses fans. Et c’est aussi ça, qui plait. L’artiste rencontre une nouvelle génération, moins exclusive et plus sonore.

Au-delà de la création musicale, les fans attendent de l’artiste qu’il(elle) crée une relation forte avec son public. L’enjeu de la relation avec sa « fan-base » est un langage qui se réinvente sans cesse. Les fans deviennent des ambassadeurs(rices) de leurs artistes, de leurs musiques. C’est donc bien eux, l’enjeu d’une réussite.

Tout passe par une relation de proximité 

Toute la filière est concernée par trouver des leviers de rentabilité innovants, développer des audiences, engager des communautés, atteindre des achats de contenus musicaux. Qu’il s’agisse de concerts ou de vente de merchandising. Il faut réussir à fédérer son public, de façon directe, franche et intime, donner une valeur à sa relation, de la valeur à son offre (« reason to buy »). L’artiste doit trouver des « assets » pour s’en rapprocher, toucher le plus grand nombre, personnaliser son discours, multiplier les concerts. L’objectif étant de monétiser son contenu musical. Et si le modèle est un défi, de plus en plus d’artistes s’obstinent et s’y collent avec un vrai talent.

Quand la musique de l’artiste rentre en Playlist, c’est gagné 

La première source de découverte de musiques, c’est l’utilisation de Playlist algorithmées  Pour promouvoir sa musique, l’artiste devra conclure des partenariats, développer son audience, en collaboration avec des plateformes de streaming, telles que Deezer ou Spotify L’artiste doit tout faire pour y rentrer.

Artistes services, un métier en plein boom

 

Pourtant, la période Covid a laissé beaucoup d’artistes derrière un écran et sa guitare, provoquant de grands moments de solitude. En résulte une multitude de nouvelles structures émergeantes, qui proposent des « artistes services » à la carte, histoire d’épauler le créateur, ne plus le laisser seul, identifier ses carences.  S’agit de le décharger de toutes les pressions qui l’entourent. Des services qui vont de la construction d’image, aux « deals de distribution », en passant par la relecture de contrats, au pitch en Play List, jusqu’à l’affinage de son identité visuelle et/ou musicale.

Certains acteurs du secteur, tel que le label Believe – né avec le digital-, l’ont bien compris et mettent au point des services d’accompagnement : avec un angle du «digital first », ayant pour mission d’accompagner « sur mesure » leurs pépites, dans le monde digital, impliquant d’optimiser leur image, leur communication, rejoindre et faire grossir leurs « fan-base » de façon organique et intuitive.

Besoin d’artistes qui dérangent !

 

En décrivant l’écosystème musical actuel, on est tenté par conclure que ce choix de vie s’apparente à un rouleau compresseur, quasi suicidaire.

 

Pourtant, si nombreux sont ceux qui s’y cognent et ne s’en relèvent pas,  d’autres trouvent l’opportunité d’affirmer une différence, une identité, un genre qui n’avait pas trouvé place ailleurs. Comme si le milieu acceptait davantage la marge, voire l’encourageait.  Les codes qui souffrent et dérangent dans la vie lambda, trouvent ici tout leur champs d’expression, leurs plein pouvoirs. Peut-être qu’affirmer son genre,  ses positions, dérouter ou déranger reste un outil efficace pour rejoindre sa niche, identifier son public de façon directe. Arca ou Lucky Love, qui déroutent, ont réussi ainsi à rencontrer une vraie communauté de fans, qui s’identifient à l’affirmation de cette marge.

 

Vive l’expression de musiques éclectiques et libératrices, sur scène aussi !

 

Bien sûr, parmi les leviers de rentabilité, n’oublions pas la scène, qui plus que jamais, a repris son galons et son territoire en France comme ailleurs, à travers les tournées, les festivals, les petites scènes pour certains aussi. Step by Step, une étape qui reste, -hormi les leviers cités précédemment-, certainement la plus jolie façon de conquérir son public, monétiser son projet, et pour les fans, de découvrir de nouveaux artistes, le temps d’un soir. 

Parmi les artistes présents cette année au Mama,  nous ne pouvons que clamer le choix, l’éclectisme d’une programmation française, et internationale, haute en diversité, et totalement décomplexée.

 

Côté rock, le retour est annoncé avec Annabel Lee, une Bruxelloise qui décline des mélodies pop, aussi rock que garage, un bon esprit 90’ pour la recette et l’écriture, doté d’une forte personnalité sur scène. Côté R’B’B, Anna Majidson, propose une électro admirablement sensible, le tube Shut Me Down (23 millions de vues à ce jour) reste la démonstration inéluctable d’une conuête d’audience. Avec sa sensibilité proche d’une Françoise Hardy ou Fiona Apple, la chanteuse nous touche en plein cœur. Dans un esprit franchement plus anglo-saxon, Antoine Wielemans (l’auteur compositeur du groupe belge « Girls in Hawaii ») nous dévoile son premier titre en français SEL,  on est illico transporté sur la Côte Ouest !

 

Sans doute traversé par les vibrations de la Manche, depuis sa Normandie, « Animal Triste » propose un rock lancinant,  ténébreux, sorte d’élixirs anglo-saxons, sombres et envoûtants, tels qu’on peut apprécier des « Nick Cave ou « Black Angels», frères d’armes sûrement. Et on sera d’autant plus surpris par leurs fougues et leurs combustions scéniques. Dans un registre « chansons française », assez « club », on s’arrêtera sur « Bibli Club », (le duo Adèle Trottier-Rivard et Nicolas Basque), des chansons comme des fenêtres ouvertes sur le soleil et la mer, on se laisse bercer par des sensations quasi olfactives, festives et suaves.

 

Le mot de la fin va tout de suis à « Charles », une liberté rare et une palette sonore ou la modernité pop flirte avec un goût assumé pour le rock. Un parcours sans faute pour la gagnante de The Voice Belgique , et deux hits qui résistent à tout (Wasted Time, Without You), avec plus de 6 millions de streams avec l’EP Falling While Rising.

 

Vive le stream et la scène,  le combo gagnant d’un « business Modèle » qui définit désormais le succès de nos courageux artistes, qui ne lâchent rien !

A bon entendeur,  Merci MaMa !

Marielle Sade

 

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