Musique

Mais au fait, pourquoi s’habiller ?

Mais au fait, pourquoi s’habiller ?

28 septembre 2012 | PAR Olivier Handelsman

La vocation première du vêtement est de protéger des conditions climatiques hostiles. Il est ensuite devenu un accessoire de distinction et de mode, et enfin de pudeur, lorsque les pulsions sexuelles ostentatoires ne furent plus du goût des gouvernements spirituels ou temporels. Aujourd’hui, nous contrôlons les éléments, nous apprenons à nos enfants l’art d’ « être soi-même » et « à l’aise avec son corps », et la nudité ne choque plus autant que naguère. Longtemps symbole de provocation ou de pureté innocente dans l’art, une troisième voie semble s’ouvrir pour le plus simple appareil : celui de la simplicité.

Vous préférez bien trop souvent le paraître à l’être. Vous copiez pour renvoyer une image compatible avec les normes, neuves ou anciennes. Quitte à devoir enfiler des habits, autant qu’ils soient beaux, qu’ils améliorent l’image.

Ou bien vous vous appréciez très bien tout(e) nu(e), mais les générations de pudibonds, de laiderons et de bombes sexuelles vous ayant précédé ont contribué à vous rendre, tel quel, illégal en public. Vous devez payer.

Les artistes, eux, font ce qu’ils veulent. Provocante, la nudité expose la peau et évoque la chair, la sensualité incontrôlable, à ceux qui ne la connaissent que dans l’intimité, et reste un tabou dominant (sauf chez le médecin) ; difficile donc de se concentrer sur autre chose que sur le corps nu de Gotye chantant « Somebody that I used to know » jusqu’à l’apparition de peinture le recouvrant, ou d’oublier le corps sculpté de MC Jean GAB’1 introduisant et concluant le clip de « J’t’emmerde ». Pour ce clash contre toute la raposphère des années 2000, le rappeur controversé a choisi de rappeler la brutalité de son passé par son « emballage » tout en énonçant le « contenu ». Ni s’exhiber, ni se cacher, mais tout simplement refuser de modérer son être, et prétendre à un retour aux sources, à l’animalité nue des sentiments et de l’esprit.

Pour les New -Yorkais Matt and Kim, la liberté passe par la nudité, qui permet d’apprécier le monde extérieur avec une authenticité inégalable, comme ils le montrent dans « Lessons learned ». C’est aussi ce que le célèbre groupe de rock expérimental islandais Sigur Rós a démontré en exposant dans le clip de « Gobbledigook » une communauté retournée à l’état de nature, vivant entre forêt et rivière, nus comme des vers et heureux de vivre. Dans un esprit plus militant, le chanteur anglais Tariq Jay Khan rappelle dans « Nackt » que l’égalité n’est pas un droit, mais un fait : nus, nous sommes tous humains, et les vêtements n’y peuvent rien changer.

Jugez donc ! Et sortez couverts quand même.

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Olivier Handelsman
Olivier Handelsman est étudiant en master de management à Grenoble École de Management, et étudie en échange à la Simon Fraser University de Vancouver (Colombie-Britannique, Canada) au second semestre 2013-2014. Licencié de Sciences Économiques à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, Olivier est intéressé par la micro-économie, l'entrepreneuriat, le management stratégique, de l'innovation, de la musique, des systèmes d'information et des nouvelles technologies. Olivier Handelsman a été scénariste de courts et longs-métrages en machinima (images de synthèse issues de jeux vidéo), et a une expérience professionnelle de pigiste dans différents médias tels que le journal Le Point (hors-série Références), PC Jeux et Millenium Source, ainsi que d'auditeur de service client, de programmeur Visual Basic et de démonstrateur produit.

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