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[Live report] The XX : extase mélancolique

[Live report] The XX : extase mélancolique

19 décembre 2012 | PAR La Rédaction

Venu présenter sur scène leur deuxième opus «Coexist» (encore plus épuré que le premier, oui, c’est possible), sorti en septembre dernier, le trio londonien, composé de Romy Madley Croft au chant et à la guitare, Oliver Sim au chant et à la basse et Jamie Smith aux synthétiseurs et boîte à rythmes, est fortement attendu par les fans parisiens, très nombreux. Les deux concerts affichèrent complets dès le premier jour de la mise en vente des places, ces deux dates au Centquatre clôturant d’ailleurs leur tournée française.

Découverts en 2009, avec leur premier album pop minimaliste et aérien, «XX», ces trois jeunes anglais, unanimement salués par la critique, ont, cependant, parfois essuyé quelques reproches concernant leurs prestations live, qualifiées le plus souvent d’ennuyeuses voire de soporifiques.
Le groupe est, en effet, connu pour être assez stoïque sur scène et communiquant peu avec leur public, plus par timidité que par prétention, cela ne fait aucun doute. Ne les ayant jamais vus en live, je ne m’attends évidemment pas à un incroyable show scénique digne d’une pop star américaine, mais peu importe, je ne suis pas là pour ça, la musique avant tout.

La lourde tâche de la première partie revient à John Talabot, DJ originaire de Barcelone, produisant un son électro-pop assez plaisant mais dont le public est assez peu réceptif. Accompagné du DJ et producteur Pional, le set du duo durera environ une petite demi-heure.
Il faut préciser que le concert était prévu initialement sur le papier à 19h30 et qu’il a fallu attendre près d’une heure dehors avant de pouvoir pénétrer dans la salle!
Cela donne inévitablement un public plus qu’impatient de voir le trio anglais, l’attente est donc bien palpable et la tension à son comble.

À 22h, le trio arrive enfin alors qu’un rideau plus ou moins transparent est placé devant la scène. Ils commencent en douceur avec le premier morceau de leur deuxième album, «Angels», pendant que des formes étranges sont projetées sur le fameux rideau.
Le public, très éclectique, semble déjà conquis par ce petit effet. Le rideau tombe à la deuxième chanson, laissant apercevoir les protagonistes, tous vêtus de noir de la tête aux pieds.
Des jeux de lumière sont également mis en place pendant tout le show: passant d’une lumière blanche presque aveuglante à des ambiances monochromes (bleue, violette, jaune) selon les morceaux, le résultat est très réussi.
Ils enchaînent très vite les chansons, laissant parfois à peine le temps de les applaudir.
Cependant, Romy et Oliver sont loin de l’immobilisme annoncé et leur complicité sur scène est touchante. Niveau communication, il faut l’avouer c’est un peu léger, mis à part quelques «merci» et «on est très contents d’être là», rien. Néanmoins, on les sent sincères et vraiment ravis d’être là.
Ils entament très vite, «Crystalised», fameux morceau du premier opus qui les a fait connaître. C’est une version réarrangée et beaucoup plus lente qui nous est proposée:
les voix sont justes et puissantes, une belle réinterprétation dont la dernière phrase «go slow» répétée plusieurs fois, prend véritablement tout son sens ici.
Au fur et à mesure, alternant subtilement chansons des premier et deuxième disques, l’ennui pourrait commencer à se faire sentir mais s’ensuit un parfait retournement de situation avec l’enchaînement de trois morceaux, «Sunset», «Night Time» et «Swept Away». Une ambiance dancefloor, renforcée par les effets de lumière, qui réveille le public et le sort de sa rêverie pour le conduire dans une phase très dansante.
Ils enchaînent ensuite avec trois très beaux morceaux issus du premier album, bien connus du public, «Shelter», «VCR» et «Infinity» durant lequel le rideau, placé en arrière scène, remonte petit à petit pour laisser la place à un grand X, symbole du groupe.
Le public, une fois de plus, semble apprécier cette petite «surprise» assez prévisible mais qui fait, il faut bien l’avouer, son petit effet. Le groupe, visiblement lui aussi satisfait, sort de scène.
Ils reviennent une dernière fois pour interpréter le sublime «Intro», premier morceau de «XX», seule chanson dépourvue de chant mais qui donne beaucoup de frissons, puis enfin «Tides» et «Stars», faisant briller de mille feux le X au fond de la scène.
Conclusion, une bonne prestation du groupe qui réussit à nous emmener dans son univers mélancolique avec une très belle humilité et sans une once d’ennui.

Mathilde Bartier

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