Musique

Live report : Yeasayer au Trabendo

20 mars 2010 | PAR Mikaël Faujour

Hier soir, le Trabendo accueillait la sensation pop venue de Brooklyn. Le groupe a confirmé son énorme talent, après un deuxième album malgré tout en demi-teinte. La salle comble était conquise par la performance généreuse de ce groupe aux compositions à la fois planantes et dansantes. Un régal.

La soirée débute avec une première partie aussi convaincante que drolatique. C’est en effet Hush Hush, artiste nouillorcais installé à Berlin, qui prend possession de la scène pour délivrer son electro pop très 80s. Costume, cravate et barbe hirsute, le musicien chante avec ses morceaux en quasi playback. D’abord assez prenant, le charme de cette musique entêtante et physique invitant d’emblée à la danse, Hush Hush s’avère aussi franchement drôle. Chaque chanson est ponctuée d’applaudissements enregistrés – qu’il remercie –, comme un comique qui mettrait des rires en boîte à ses bons mots. Mais le public n’en est pas moins conquis. Drôle encore par les paroles délibérément sexuelles aux refrains improbables. Voilà un artiste que nous vous invitons vivement à découvrir s’il repasse par la capitale.

Mais le gros morceau était bien évidemment Yeasayer, groupe de Brooklyn que nous vous avons plusieurs fois vanté. En près d’une heure et demie de show, le groupe, constitué en quintette, fait un tour quasi complet de son répertoire (deux albums). Il débute avec la bizarrerie electroïde qui ouvre son dernier album Odd Blood (« The Children »), puis enchaîne rêveries psychédéliques et ses « tubes » (« O.N.E. », « Ambling Alp », « Sunrise », « 2080 »). La pop de Yeasayer, élégante, racée, expérimentale et sophistiquée ne ressemble à rien d’autre qu’à elle-même. Surtout, elle a ce charme immédiat, à la fois cérébral et physique qui lui donne toute sa force. Elle ne sacrifie pas l’immédiateté des mélodies à l’expérimentation, mais y trouve tout son charme étrange et son raffinement.

Sur fond d’écrans blancs animés de couleurs vives et tout aussi psychédéliques que leurs compos, les musiciens ont pris, de toute évidence, un pied très communicatif, la foule en sueur remuant gentiment aux rythmes asymétriques des Nouillorcais. Après cette performance, on se dit tout simplement que Yeasayer plane haut dans le ciel de la pop. Et, même si son dernier album était un peu décevant après le fabuleux All Hour Cymbals (2007), il ne s’agit vraisemblablement que d’un – très relatif – faux pas, car Yeasayer a tout pour s’imposer parmi les plus grands.

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Mikaël Faujour

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