Musique

Live report : These New Puritans à la Machine du Moulin Rouge (8/07/11)

10 juillet 2011 | PAR Mikaël Faujour

Vendredi 8 juillet, la Machine du Moulin-Rouge accueillait These New Puritans, l’un des groupes les plus atypiques et, partant, l’un des plus passionnants à avoir émergé de la scène britannique ces dernières années. Déroutant, intense, onirique et physique.

A la réécoute, Hidden, le deuxième album du groupe des jumeaux Barnett, est bien un des meilleurs disques rock (encore que le mot n’est que modérément approprié pour qualifier la musique de These New Puritans) sortis en 2010. Pas un hasard s’il a été coproduit par Monsieur Graham « Bark Psychosis » Sutton, maître du rock expérimental anglais (il faut écouter et réécouter l’immense album Hex). Un bijou expérimental s’aventurant hors sentiers dans des territoires sonores complètement inédits, annexant post-punk sauvage renforcé par des percussions inhabituelles (tambours japonais), jazz, touches d’electro réminiscentes d’Aphex Twin, ainsi que des instruments plutost réservés à des formations classiques (basson, trombone, clarinette…).

Quelques mois après un passage mémorable à Beaubourg en formation orchestrale (15 musiciens, 10 choristes), These New Puritans se produisait de nouveau à Paris vendredi soir. Evoquant par instants une sorte d’hybride de Sigur Rós et de Killing Joke (mais c’est fort peu dire tant les influences sont diverses autant que distantes et digérées), le groupe a déroulé un set essentiellement axé sur son merveilleux deuxième album. La puissance dévastratrice, profonde, du jeu de batterie, centrale dans plusieurs compositions du groupe, est impressionnante : George Barnett est un sacré cogneur, emportant à lui seul plusieurs morceaux. Jamais sans doute la batterie n’avait paru si centrale. Autour, les sonorités de trombones s’étirent, les samples et sons synthétiques éclatent, le chant de l’invitée féminine (est-ce la chanteuse de Salem ?) apporte une quiétude éthérée bienvenue ; et une curieuse harmonie se dégage de ces vifs contrastes entre la percussion puissante, terrestre, et les sonorités plus planantes, et de ces chavirements rythmiques en quoi These New Puritans excelle.

On pense par instants à la bande à Thom Yorke, qui s’est un peu perdue sur son dernier enregistrement – et l’on se dit que l’on a peut-être en These New Puritans des héritiers, dans un (des) registre(s) différent(s), et d’une audace égale. Avec sa musique anguleuse, surprenante, changeante, difficile, mais ô combien gratifiante, le collectif anglais a livré un concert envoûtant… mais par éclipses. Il est en effet à regretter que le groupe ait marqué des pauses entre chaque morceau : en enchaînant les morceaux comme pour former une seule pièce, il aurait maintenu sans doute l’enchantement. On passera aussi sur le public parisien, qui paraît encore une fois presque maladivement statique, même lorsqu’une musique invite de façon aussi puissante à la danse…


[Pour des photos du concert, c’est sur le site de Robert Gil.]

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One thought on “Live report : These New Puritans à la Machine du Moulin Rouge (8/07/11)”

Commentaire(s)

  • l’enfer,c’etait le bzzzz tout le long du concert.Je n’irai plus à la machine.

    juillet 12, 2011 at 17 h 19 min

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