Musique

Live Report : Serafina Steer et Lord Huron à la Flèche D’or: de la performance en solitaire au collectif extatique (12/02/2013)

Live Report : Serafina Steer et Lord Huron à la Flèche D’or: de la performance en solitaire au collectif extatique (12/02/2013)

13 février 2013 | PAR Arnaud Berreby

Serafina Steer et Lord Huron, dont les récentes productions très appréciées ont été chroniquées par nos soins (ici et là), se sont offerts sur la scène de La Flèche D’or ce 12 février.

Des artistes radicalement différents, si ce n’est un talent commun évident et le même label, PIAS, qui les héberge, se sont donc succédés dans le cadre des Pias Nites, dont l’ambition est de présenter les nouveaux poulains de l’écurie.

C’est donc chargés d’avoine et piaffant d’impatience, tel Jolly Jumper hennissant avant l’obstacle, que nous avons tout d’abord assisté à la prestation étonnante de la londonienne Serafina Sterr venu défendre son dernier album « The Moths Are Real ».
C’est sous une lumière zénithale de cathédrale accueillant sa prophétesse immanente que le set démarre : la chanteuse accompagnée de sa harpe et uniquement soutenue par un acolyte à la basse et aux boucles.
Vous aviez Jimmy Hendrix et sa guitare, Elton John et son piano, Ian Anderson et sa flûte, maintenant il faudra compter aussi avec Serafina Steer et sa harpe et c’est déjà un spectacle en soi qui durera dix bonnes minutes de la voir installer l’encombrant instrument et l’accorder avec patience et amour.

Elle commence son concert par quelques mots en français : « je parle mal votre langue mais je peux vous chanter une chanson en français ! » : stupeur dans l’assistance ! Non, Elle ne va pas nous faire le coup de l’étranger qui ne connaît que « Frère Jacques » ou « Au Clair De La Lune » ?
Mais elle nous surprend en nous gratifiant d’une adaptation française, et ce dans une traduction presque littérale, du single « Night Before Mutiny » extrait de son dernier album :
« Je salue le capitaine, mais c’est le matelot qui me plaît… »

Un climat apaisant s’installe et elle réussit un véritable tour de force en interprétant la majorité des chansons de son dernier album- quasiment dans l’ordre- sans aucun autre instrument que sa harpe : sa voix captive nos pensées les plus fugaces et nous emmène vers une planète lointaine des plus envoutantes dont seule elle connaît l’adresse.
Elle poursuit avec « Machine Room », « Lady Fortune », « Island Odessy », le public de la Flèche D’or s’endort délicatement, un sourire d’imbécile heureux aux lèvres avec l’envi de susurrer un « Je t’aime » ridicule mais langoureux à sa voisine tant un cocon douillé semble vous protéger de la vie qui mord !
Le final enlevé avec « Disco Compilation » nous extrait d’une rêverie naissante, contrariant le triptyque annoncé « les dents, pyjama, dodo », il n’est que 23h et la soirée n’est pas terminée !

Serafina laisse donc la place à ses cousins américains, Lord Huron, et à leur Folk-Rock décapant.
Vous connaissez bien sûr New- York et ses Yuppies impatients, San Francisco et ses babas barbus, Los Angeles et ses bobos hallucinés, Seattle et le grunge de Nirvana, le Jazz fondateur de la Nouvelle-Orléans, le New Jersey de Springsteen…
Mais nos amis de Lord Huron sont, eux, du Michigan, cet Etat du nord -est américain bercé par les grands lacs, que nous vous mettons au défi de situer sur une carte !

Ils sont cinq sur scène avec le classique batterie, guitare, basse plus deux autres guitaristes au look large d’épaule-bucheron- mais tellement sensible- et tous chantent ce qui démultiplie d’autant l’effet explosif dévastateur de leur musique !
Le chanteur lead dispose de deux micros- petite coquetterie personnelle- un pour le chant, l’autre pour les youyous, hurlements et envolées vocales diverses dont il ponctue le show !

Ils attaquent avec « Lit My Fire », agressif à souhait, leur cohésion est impressionnante, les Backing Vocals parfaitement en harmonie, soutenues par une balance parfaite.
Les titres s’enchainent comme à la parade, la salle hurle de plaisir : « Time To Run », « Lonesome Dreams », bref la majorité de l’album y passe et, après trente minutes d’un set sans erreur, malgré l’heure tardive, le public réclame un rappel qu’il obtiendra : Ben Schneider, le leader du groupe, visiblement ému par l’accueil, remercie l’audience en annonçant qu’ils seront bientôt de retour…
Affaire donc à suivre et TLC ne manquera pas de vous tenir informé de leur réapparition dans l’hexagone !

Photos : Arnaud Berreby

Soirées performances à Orléans : vive la performance !
Le mariage selon Sordi et Mastroianni ou la Commedia all’italiana

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *