Musique
Live report: Saul Williams électrise le Nouveau Casino (17/05/2011)

Live report: Saul Williams électrise le Nouveau Casino (17/05/2011)

18 mai 2011 | PAR Moriane Morellec

Drum and bass, hip-hop, slam, pop, difficile de mettre une étiquette sur le son de Saul Williams tant il est aussi inattendu que maîtrisé. Véritable expérience musicale, Saul Williams présentait les titres de son nouvel album Volcanic Sunlight au Nouveau Casino hier soir.

C’est en cape jaune, chapeau haut de forme orné d’une plume de paon et pantalon bleu cobalt que Saul Williams fait son apparition sur scène. Il ne dénote en rien de l’ambiance futuristico-baroque du Nouveau Casino, plaques métalliques au murs et énormes chandeliers en verre au plafond. Ses 4 musiciens – un batteur, un bassiste/guitariste, un clavier et un multi-instrumentaliste (cowbell, trombone, loops, tamtams…) – le suivent de près. Saul se penche pour attraper deux baguettes rouges et entame la première chanson à grand coups rythmés sur le tambour placé à côté de son micro.

Un chef d’orchestre

Dès les premiers rythmes, la cape glisse de ses épaules et laisse voir une veste de costume vert pomme. Saul est le seul maître sur scène et dirige d’une main de fer les musiciens qui l’entourent. La symbiose est palpable et chaque musicien garde les yeux rivés sur leur chef d’orchestre. « This is a special time for us so I hope we will spend a special time together » (C’est un moment spécial pour nous alors j’espère que nous passerons un moment spécial ensemble) explique Saul, à la fin de sa première chanson – c’est le premier concert que Saul fait pour promouvoir son nouvel album, Volcanic Sunlight.

Saul Williams alterne anciens titres plus noirs et underground, tels que « Grippo » ou « List of Demands » avec des titres plus dansants comme le très pop « Dance » ou « Explain my Heart » de son nouvel album. Concept surprenant aux premiers abord, la fin des chansons est souvent abrupte, comme si la fin pour Saul n’existe pas. Il improvise, scat, chante, slam, prose mais toujours en rythme. Sur « Give it Up », Saul et le bassiste font une improvisation plus qu’impressionnante, où les sons s’entremêlent, les mots fusent, les rythmes perdurent.

Un New-Yorkais très frenchy

Habile mélange de chansons et de poèmes, la chanson « Black Stacey » a cappella provoque un émouvant silence à ses mots « They say you’re too black, man. I think I’m too black Mom, do you think I’m too black? I think I’m too black » (Ils disent que tu es trop noir, mec. Je crois que je suis trop noir Maman, tu penses que je suis trop noir? Je pense que je suis trop noir). Plus un son ne retentit dans la salle, chaque personne est pendue à ses lèvres et absorbe attentivement chacun de ses mots. Le flow est parfait, les rythmes soutenus – chacun est en transe. Saul explique qu’il est parisien d’adoption et communique avec le public dans un français restreint mais impeccable « Ça va? Vous voulez danser? ».  Il confirme ses engagements politiques à travers ses mots et philosophe même sur l’affaire DSK au sein d’une de ses improvisations « Europe-convict-colony, well France too, look what’s happening in New York! » (Europe-colonie-prisonnier,  en France aussi, regardez ce qui se passe à New York!) .

Un concert sans fin

Finalement, les lumières s’éteignent, le concert touche à sa fin. Le public, lui,  a encore faim. Le groupe est rappelé une fois, puis deux. Personne ne veut se quitter. Une expérience plus qu’un concert, même la première partie de C.R. Avery n’est pas prête de se faire oublier – il beatboxe, prose et joue de l’harmonica, et ce tout à la fois, pour un son hip-hop/slam/rock aussi contemporain que vintage. Saul remercie chaleureusement le public de s’être réuni et disparaît avec le charisme qui lui est propre. Une fois les lumières allumées, chacun est un peu sonné. Mais même si le concert a pris fin, la légende Saul reste en suspends – pour Saul la fin n’existe pas.

Site de Saul Williams

Myspace de Saul Williams

 

Visuels: (c) Moriane Morellec

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Moriane Morellec

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