Musique

Live report : les Transmusicales (vendredi 10/12/10)

12 décembre 2010 | PAR Floriane Gillette

Pour cette 32ème édition, les Transmusicales ont mis les petits plats dans les grands. Si ce vendredi soir, l’artiste la plus attendue est incontestablement M.I.A, attention à ne pas  passer à côté de très belles découvertes.

Commençons par un détour au Hall 9, qui accueille Janelle Monáe, étoile made in the USA, remarquée d’abord par Big Boi d’Outkast puis par P. Diddy (rien que ça) et dont le premier LP sorti cette année, The ArchAndroid, est garanti de figurer dans un grand nombre de classements des meilleurs albums 2010. Elle a préféré délaisser la comédie pour la musique. Le verdict est sans appel : Janelle a bien fait d’opérer ce tournant et ce n’est pas le public qui dira le contraire. On danse sur des rythmes hip-hop, funk et on se repose lorsque la belle s’empare du Hall 9 pour entonner a capella son titre « Oh, Maker », la salle frisonne d’émotion. On peut dire que la diva ne manque pas de coffre ni de soul. On soupçonne un passé de chanteuse gospel ; les danseuses aux airs de Sister Act confirment l’impression. Miss Monáe a le sens du détail. D’abord la tenue : elle et ses musiciens exhibent le même dress code : smoking et noeud pap sur fond « black and white ». La classe jusqu’au bout avec des accents jazzy et un moon walk bien maîtrisé. Le spectacle continue lorsque Big Boi arrive sur scène pour « Tightrope ».

Les Trans 2010 commencent fort, très fort : Janelle Monáe sera sur toutes les lèvres. Direction  le Hall 2 pour découvrir le coin VIP. L’ambiance y est plus calme ; le bar à champagne accueille toujours autant de monde. On aperçoit même la jeune Suisso-ghanéenne Oy qui se prête au jeu d’une séance photo. Quant à la déco, elle diffère du Hall 5 (bars et restauration) et nous plonge dans un univers feutré et doux. Mais pas le temps de s’attarder trop longtemps : Is Tropical nous attend.

Cette fois-ci c’est le Hall 3 beaucoup plus petit que le Hall 9 et moins étouffant. Les nouveaux prodiges du label Kitsune balancent une electro pop teintée de sons tribaux. Pour certains, le groupe londonien Is Tropical rappelle les Klaxons. Certes, il y a un lien mais il y a quelque chose de plus joyeux et plus aérien, à la manière des Danois d’Efterklang, même si ces Londoniens offrent des ballades moins mystiques, plus rythmées et chaleureuses. Un beau voyage qui s’apprécie en dansant et ça le Hall 3 l’a bien compris. Malheureusement le concert se termine plus vite que prévu, apparemment pour raison de sécurité car le Hall 9, déjà plein à craquer, attend M.I.A impatiemment.

Pas de temps à perdre, le Hall 3 se vide à vitesse record et hop c’est au pas de course qu’il faut atteindre les portes de la sacro-sainte salle. Problème : la sécurité ne veut plus laisser entrer le public. On croit à une mauvaise blague. Si certains optent pour la méthode protestataire, nous on choisi la ruse : vite, direction les portes du fond. S’ensuit une lutte dans les escaliers des gradins (la fosse étant interdite d’accès pour cause de foule trop importante) et nous voilà arrivés au sommet.

M.I.A apparaît derrière une console ornée d’une énorme touche Power. Le show est impressionnant, tant par les images projetées en arrière scène que sur le plan strictement musique. M.I.A enragée nous entraîne dans sa lutte. Assister à ce show du haut des gradins donne le vertige. De mémoire d’habituée, le Hall 9 n’avait jamais accueilli une foule aussi immense. Seul bémol : le son qui sature sur certains titres et M.I.A qui donne de la voix jusqu’à la perdre un peu sur le fameux « Paper Planes ». Mais elle peut compter sur le public pour la soutenir en donnant de la voix… et également sur la chorégraphie. Un moment puissant. La touche Power de la console s’éteint : l’heure M.I.A se termine déjà, le temps pour nous d’aller à la pêche aux réactions. Du point de vue de la fosse, on comprend vite que le concert s’apparentait à une  lutte de tous les instants pour rester debout et ne pas sombrer dans les affres du pogo. Le son n’a pas non plus été perçu de la même façon, trop fort pour certains de la fosse, parfois trop saturé pour les gradins.

« Portraits d’écrivains » à la Maison de Victor Hugo
CD : Bruce Springsteen, The Promise
Floriane Gillette

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