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[Live report] Les Puppetmastaz en chair et en peluche à Nanterre

[Live report] Les Puppetmastaz en chair et en peluche à Nanterre

10 novembre 2012 | PAR Sarah Barry

Des zéniths de métropole aux plus grands festivals européens, ils sont partout, même aux fins fonds de Nanterre. Les fantoches de Puppetmastaz ont fait remplir la salle Daniel-Féry pour une nouvelle démonstration basée en grande partie sur leur dernier album « Revolve and step up ! » De moins en moins effacés derrière leurs marionnettes, les versions homo sapiens du groupe de hip-hop électro allemand font désormais le show devant le rideau de scène. Retour sur un battle « Original Puppetmastaz vs Puppetmastaz du futur » …

Il fut un temps où Puppetmastaz, c’était avant tout le guignol des grands, version Gangstoy Band : deux mètres de rideau, et une bande de bestioles lookées pour raper au-dessus. Autour de Mr Maloke, la taupe calée sous son chapeau haut-de-forme, qui semble faire office de leadeur, s’ébattent les autres animaux de la forêt : Panic the Pig, Snuggles the Bunny, Wizard the Lizard, Turbid the Toad, Frogga, et j’en passe … Aujourd’hui, ils sont une trentaine de pantins savants à chanter, battre le rythme du menton et meubler les interludes avec des scènettes cocasses. Autrefois, leurs alter ego de chair et d’os jouaient les bouquets finaux en osant une sortie au terme du show, souvent planqués des pieds à la tête dans d’impénétrables déguisements. Mais les Puppetmastaz du futur, comme ils se nomment eux-mêmes, se dévoilent maintenant au coeur du spectacle, et sous l’impulsion de special guests : R2-D2 et Yoda, les médiateurs du futur …

Le rideau s’ouvre en son centre comme une bouche de l’enfer, ils n’arrivent plus par la petite porte. Ca en impose des gueules à chapeaux avec groins et oreilles pendantes.  C’est comme un spectacle dans le spectacle. Et l’énergie dansante du clan berlinois électrise l’auditoire, à part deux trois types amorphes sur les côtés qui ont dû manger un truc avarié. On valse sur les samples sur-efficaces et les lignes électro qui ont fait la fortune du groupe, en suivant les couplets mitraillés par les voix contrefaites. Chacun sa personnalité, chacun son rôle dans le carnaval musical des MC’s animorphes. Mais lorsqu’il s’agit de faire revenir les « originals », personne ne proteste, les marionnettes aussi ont le diable au corps.

La maison Daniel-Féry a pour vocation de mettre en avant les petits génies de son secteur, et ce en parallèle des virtuoses de la scène musicale professionnelle. Pour sûr, les jeunes et même les quelques très jeunes Nanterriens présents ce soir-là, la nuque pliée à 90°, ont découvert un sillage à suivre.

Les Puppetmastaz diversifient le spectacle, pas moyen de s’ennuyer. Après un duel au pistolet laser, les originals et les futuristes refusionnent bons amis, et la salle y va de trois ou quatre rappels pour faire durer le plaisir. On retient les tubes revisités de « Creature Shock Radio » (album de 2006) et la promotion convaincante d’un dernier opus peut-être moins coloré sur disque que les précédents.

 

Visuels : (c) Sarah Barry

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Sarah Barry

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