Musique

[Live report] Les Francofolies de La Rochelle : Allonz’ enfants de la musique !

[Live report] Les Francofolies de La Rochelle : Allonz’ enfants de la musique !

16 juillet 2017 | PAR Cedric Chaory

Jour 3 des Francofolies et jour feu d’artifices dans le ciel et sur la Grande Scène Jean-Louis Foulquier en ce 14 juillet. À l’affiche Imany, Camille, M-Lamomali et Julien Doré.

Imany, classe politique !

C’est avec sa classe folle et nonchalance assumée que la belle comorienne Nadia Mladjao aka Imany ouvre la soirée. Inspirée par des artistes Tracy Chapman, Nina Simone ou Lauryn Hill, elle a a fait du chemin depuis son premier passage aux Francofolies en 2012 et compte désormais dans le paysage de la chanson française surtout depuis son tube-surprise qu’elle obtint malgré elle : le remix house de Don’t be so shy au printemps 2016.

C’est dans sa version folk qu’elle chante ce hit et avec la même soul dans la voix qu’elle égrène ses titres les plus connus : You Will Never Know, Try Again, Silver Lining (Clap your hands) et se lance dans une sublime reprise du Bohemian Rhapsody de Queen. Artiste engagée, Imany dédie une chanson à Nelson Mandela tout en appelant le public, qui continue de remplir l’esplanade durant son set, « à plus d’espoir et moins de peur ».

Le blue de Camille

Puis la mélancolie d’Imany laisse place à un univers tout aussi singulier : celui de Camille. Artiste inclassable, exploratrice de la voix, c’est dans une formule atypique que l’artiste retrouve le public de La Rochelle : entourée de deux trois choristes et deux musiciens-percussionnistes. Revenue en force sur le devant de la scène avec l’album OUÏ, son premier n°1 depuis ses débuts en 2002, Camille livre un live totalement habité. Du fond de scène recouvert d’une immense toile bleue qui danse au gré du vent se détache la chanteuse improvisant des pas de danse qu’on pourrait croire africains mais en fait inspirés d’anciennes danses paysannes. « Qui sait danser la bourrée ? J’ai besoin de 3 couples pour danser avec moi » lance t-elle au public au moment d’entonner Les Loups. À cette adresse succède un joyeux bordel comme ces bals de villages qui sans doute ont cours en ce 14 juillet. Scénographié par la chorégraphe sud-africaine Robyn Orlin, l’actuelle tournée (dont le live de Camille ce soir n’est qu’un petit aperçu) nous rappelle – si nécessaire – que la discrète artiste est une implacable professionnelle, maîtrisant sa performance sans jamais brider son goût de l’improvisation et du partage.

M comme Magistral

Le goût de l’improvisation et du partage, M en est le roi. À la croisée des mondes avec Lamomali, album africain créé à six mains, aux côtés de Toumani et Sidiki Diabaté, maîtres maliens de la kora, instrument à cordes d’Afrique de l’ouest, Mathieu Chédid livre un concert hallucinant d’énergie. Accompagné d’un casting de rêve  – la splendide chanteuse Fatoumata Diawara, Oxmo Puccino et le contre-ténor Philippe Jarousski – M fait voyager son public dans un déluge de lumières colorées et de tissu wax tous plus somptueux les uns que les autres. Le bal de Bamako et les principaux titres du dernier album électrisent le public qui improvise un bal-poussière façon Charente-Maritime. Quelques tubes de M filtrent également dans la set-list dont Machistador (bientôt vingtenaire !). Pour l’occasion l’artiste ressort ses iconiques lunettes-lumineuses. S’ensuit un vibrant hommage à Daniel Balavoine, artiste qui participa activement au développement de l’Afrique, via son association Action Écoles. Vers 23h alors que Camille rejoint la folle équipée pour un final endiablé se prépare dans les cieux rochelais un autre feu d’artifice. C’est fêt’nat dans l’Hexagone ! Ce feu est somme toute moins explosif que le live que vient de vivre, ébahis, les festivaliers de St-Jean D’Acre.

Julien, joli cœur

Difficile d’enchaîner après M et dans une moindre mesure un feu d’artifice. C’est le défi de Julien Doré dont le montage de la scène a pris une bonne heure et irrita quelques spectateurs. Phénomène de la chanson française depuis son album LOVE, Julien Doré est un showman hors-pair qui en un clin d’œil, un déhanché sexy et une main passée dans sa crinière vous retourne l’auditoire féminin tout en irritant celui masculin, envieux de son sex-appeal. Les limites, Kiss me forever, Paris-Seychelles, Chou-Wasabi, les anciens tubes s’enchaînent auxquels s’ajoutent les titres de son dernier album (Le lac, Coco Caline, Sublime et silence…). Un live honnête, extrêmement maîtrisé mais qui peine à faire oublier M et ses fulgurances maliennes.

Cédric Chaory.

Arte Flamenco a enflammé son public
Pays des démons de Weiro Huang, mise en scène Miao Zaho. [AVIGNON OFF]
Cedric Chaory

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