Musique

Live report : Ijahman au New Morning (9/10/2010)

12 octobre 2010 | PAR Jerome Gros

Samedi 9 octobre, 20h30, ouverture de la salle : le New Morning se remplit en un tournemain. Ijahman n’est pas seul. L’ambiance est explosive, la température monte. Elle monte, et monte encore… Il a vraiment fait très (trop ?) chaud. Dommage.

La 1e partie commence, Dan Bawakaz monte sur scène, assisté de The Moon Band. Petite rectification quant à l’article qui annonçait le concert : il s’agit d’un groupe qui back les artistes reggae. En vue en ce moment, ils sont présents sur l’album de Dan Bawakaz, de Jips (artiste reggae franco-haïtien), et accompagneront prochainement Alpheus en tournée. Le son est bon, The Moon Band en forme. Quant à Dan Bawakaz, en plus d’être chanteur, c’est un comédien. Son album, Terre Mère, est sorti en mai. On retiendra « Africa Dream », dans lequel sa maîtrise vocale est à son apogée. Dan peut néanmoins s’améliorer encore sur le plan des paroles. Artiste à suivre. Jips poursuit la première partie. Son album, Laisse-moi leur dire, est sorti le 27 septembre. On retiendra « Ils nous blessent ».

La suite est moins drôle : Il a fallu attendre près de 40 minutes après le départ de Jips pour voir arriver Ijahman sur scène. En effet, l’installation des instruments de son band, Surefiyah Crew, pose quelques problèmes techniques. La salle s’impatiente. Ijahman arrive enfin, donc, vers 22h45. Il s’apprête à faire une session acoustique. Le roi du reggae roots s’installe, du haut de ses 64 ans. Malheureusement les problèmes techniques persistent et sa guitare est inaudible. Ijahman le fait remarquer plusieurs fois. La salle continue de s’impatienter, dans une salle qui a des airs de chaudron.

Finalement Ijahman, qui continue de réclamer plus de son pour sa guitare, entame une session a cappella (pour ceux qui sont plus loin que le premier rang). Sa voix est toujours aussi magique. Le silence se fait pour pouvoir l’écouter. Malheureusement, agacé par de nombreux larsens provoqués par les réglages qui n’en finissent pas, Ijahman quitte la scène, une dizaine de minutes plus tard. Il aura eu le temps de faire un hommage à Bob Marley, « Jah Heavy Load » version acoustique, ainsi qu’une nouveauté pas encore enregistrée. Là, c’en est trop. Les gens n’en peuvent plus.

Heureusement le Surefiyah Crew débarque sur scène quelques minutes plus tard. Il leur faudra 10 minutes pour finir d’accorder leurs instruments. Il est finalement plus de 23h quand ils entament le rythme d’« Africa ». Alors, Ijahman remonte sur scène. La salle s’emplit d’une joie immense et c’est sous les applaudissements frénétiques du public qu’il entame enfin un concert digne de ce nom. L’heure qui suit est alors magique. Les rythmes roots s’emparent des derniers sceptiques et la salle est enfin comblée. Le band ne s’arrête jamais, le son pénètre en moi comme « une amibe vampire venue des rapides psychiques du Haut Niger ».

Ijahman néanmoins multiplie les petites pauses de quelques secondes pour se rafraîchir. Compréhensible. La joie est cependant de courte durée : à minuit, l’organisateur  monte sur scène pour expliquer que la salle doit être rendue. Il est accueilli par quelques huées. Ijahman, qui s’était déjà retiré, harassé par la chaleur étouffante, remonte sur scène pour finir avec « Tell It to the Children ». Il salue ensuite la salle. Le Surefiyah Crew réussit à garder la scène encore une quinzaine de minutes avec des rythmes toujours plus plaisants. On pourrait y rester toute la nuit (avec de l’eau! de l’eau !). Puis le son s’arrête. La vie reprend son cours, la salle se vide.

C’est donc marqué par de nombreux points noirs que s’est déroulé l’un des concerts les plus attendus de cette année dans le reggae. Le plaisir a tout de même été là pour les fans et Ijahman est resté le même.

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Jerome Gros

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