Musique

Live Report’: Festival Radio Classique

Live Report’: Festival Radio Classique

20 juin 2012 | PAR Marie Charlotte Mallard

Ce week-end la station de radio favorite des fans de musique classique offrait à ses auditeurs trois jours de festival dans une des salles les plus mythiques de Paris, L’Olympia. De grands artistes parmi lesquels la violoncelliste Anne Gastinel, la pianiste Claire-Marie Le Guey, le violoniste Nemanja Radulovic mais surtout la grande Barbara Hendricks se sont succédés sur scène, accompagnés par l’orchestre de Paris, ainsi que par l’orchestre de Lille. Vendredi nous étions à l’ouverture.

Le concert débute par le premier mouvement de la cinquième et plus célèbre symphonie de Beethoven. Très vite un constat s’impose : l’Olympia n’est malheureusement pas une salle faite pour la musique classique. Si l’on reconnait la prestation parfaite de l’orchestre de Paris, il nous faut avouer que l’acoustique de la salle peinait à le mettre en valeur. Certes la salle revêt un caractère populaire en totale adéquation avec l’esprit de la radio pour qui il est important de donner un meilleur et plus grand accès à la musique classique, néanmoins force est de constater que la salle amenuisait considérablement la puissance orchestrale.

Malgré cela, le public semble être ravi de pouvoir écouter un répertoire varié et des solistes d’exceptions. Le hautbois d’Alexandre Gattet, clair, pur et chantant emplit malgré tout la salle avec le pétillant concerto de Bellini. Le violoniste Valery Sokolov fut quant à lui éblouissant, gracieux, virtuose, nous livrant une interprétation magique, pleine de sensibilité et tout en contrastes de Saint-Saens (introduction et rondo cappricioso). Le public très impressionné n’en finissait plus de saluer sa prestation. De même, la divine Khatia Buniatishvili véritable star de la soirée, séduit tant par son élégance et sa beauté que par son interprétation magistrale du premier concerto pour piano de Prokofiev. Son touché cristallin, fascinant, émeut et emporte la salle. Virtuose, elle fit preuve d’une grande maestria et d’une énergie époustouflante, martelant parfois le piano avec une rage dévastatrice et passionnelle. De la douceur à la ferveur, à la fois candide et sauvage, elle nous fit entendre une palette gigantesque de couleurs et de caractères. Le public ne s’y trompe pas et l’ovationne, les applaudissements ne cessaient plus de crépiter. Anne Gastinel, fidèle à elle-même nous donne à entendre comme à son habitude toute la douceur, la rondeur et sensualité de son violoncelle. Elle interpréta en toute simplicité, fidèle à sa personnalité, le rondo pour violoncelle et orchestre de Dvorak avec beaucoup de justesse.

L’orchestre de Paris a également transporté l’auditoire avec la première suite de Peer Gynt, bien qu’il faille encore une fois déplorer de n’avoir pu entendre distinctement chaque timbre. Si les cuivres arrivent encore péniblement à passer, les bois sont parfois à peine distinguables. Enfin c’est avec une œuvre de Katchaturian Valse, Nocturne et Galop de la suite Mascarade que se clôt le concert. Une œuvre originale, à la fois solennelle et malicieuse, festive et joyeuse.

 

(photo:emmanuel donny)

Le reste du week-end l’orchestre de Lille dirigé par Jean-Claude Casadesus interpréta lui aussi de grands tubes du répertoire, tel Strauss, Haydn, Berlioz, Bizet, Tchaïkowsky, Ravel. De nombreux solistes ce sont succédés sur scène: Romain Leleu, Nemenja Radulovic, Gauthier Capuçon. Toujours dans une volonté de rendre la musique classique plus accessible et ouverte à tous y compris aux plus jeunes, deux concerts spécialement dédiés à la famille étaient donnés samedi et dimanche après-midi, articulés autour de l’oeuvre de Camille Saint-Saëns, le Carnaval des animaux.  Outre les nombreux solistes le week-end était surtout marqué par la présence de la célèbre soprano Barbara Hendricks, invitée d’honneur du festival.

 

 

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Marie Charlotte Mallard
Titulaire d’un Master II de Littérature Française à la Sorbonne (Paris IV), d’un Prix de Perfectionnement de Hautbois et d’une Médaille d’Or de Musique de Chambre au Conservatoire à Rayonnement Régional de Cergy-Pontoise, Marie-Charlotte Mallard s’exerce pendant deux ans au micro d’IDFM Radio avant de rejoindre la rédaction de Toute la Culture en Janvier 2012. Forte de ses compétences littéraires et de son oreille de musicienne elle écrit principalement en musique classique et littérature. Néanmoins, ses goûts musicaux l’amènent également à écrire sur le rock et la variété.

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