Musique
Live Report : Emika, Release Party au Batofar (02/11/2011)

Live Report : Emika, Release Party au Batofar (02/11/2011)

03 novembre 2011 | PAR Yaël Hirsch

Comme nous vous l’avions annoncé, Emika fêtait hier soir la sortie de son premier album éponyme chez Ninja Tunes au Batofar. Petit aparté berlinois aux racines de la techno à Paris.

Après une longue première partie mélancolique et noire, Emika entre seule en scène vers 21h40. Toute de cuir vêtues, cheveux de jais et lèvres carmin, elle est sur tous les fronts : platines et micros.Sa voix naturellement grave monte parfois vers des aigus planant. Diva de l’electronica, Emika propose une musique étonnante, qui met en transe avant de se syncoper, qui puise aux sources hypnotiques du dubstep de Bristol et réveille tout à coup avec parfois une candeur enfantine. Ainsi de « Professional loving », doux et amer, planant et dérangeant. Ou encore avec « Double edge » presque oriental à son début et qui devient de plus en plus métallique.

Sur scène, l’on voit dans ses grands yeux bleus le reflet  de ses textes, d’un romantisme fin de 20e siècle, sur les douleurs du couple aux volontés divergentes. Ainsi, de son « tube », « Pretend », délivré en 3e chanson et acclamé par le public : un couple se sépare mais prétend qu’il existe encore une intimité. Intimité que la musique d’Emika sait rendre parfaitement intense et  étouffant.  Ou alors terriblement résignée dans « Drop the other ». A ceci, elle ajoute un soupçon de provocation gothique tout de même notamment avec « 3 hours » où la belle demande à son amant de la frapper :  » Frappe-moi quand tu veux et c’est moi qui sera à blâmer / Frappe-moi et je te garantis que tu te sentiras comme moi/ Frappe-moi si tu crois que cela aiderai la douleur. Frappe-moi, frappe-moi, frappe-moi de toutes façons ».

Après une heure de forte présence sur scène, Emika conclut son set avec un long mix en l’honneur de son Berlin natal, afin de prouver que la musique électronique est pour elle un collage de sons qui fait appel à l’imaginaire et à la danse : « à l’origine, c’était une musique spirituelle profonde faite par des enfants pour des enfants ».

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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