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Live Report : Elysian Fields n’a pas emmené son public au paradis (17/05/11)

Live Report : Elysian Fields n’a pas emmené son public au paradis (17/05/11)

18 mai 2011 | PAR Yaël Hirsch

Alors que le groupe mené par le duo mené par la diva Jennifer Charles et le guitariste Oren Bloedow vient de sortir un 6e opus acclamé par la critique, le rock noir d’Elysian Fields n’a pas agrippé son public, hier soir au Café de la Danse. Certainement faute de préparation, et non de talent.

Ceux qui étaient présents au Temps du Jazz à Amiens en Avril dernier peuvent en témoigner : sur scène, Elysian Fields est normalement toujours à la hauteur de ses albums parfaitement arrangés et complétement onirique. Plus rock encore que de coutume, leur dernier album, Last Time On Earth (Vicious Circle) sorti ce mois-ci en France sublime le pouvoir hypnotique de leur rythme syncopé et de la voix rauque et envoûtante de Jennifer Charles.

Or, un bon quart d’heure en retard, hier soir, au café de la danse, les deux leaders du groupe accompagnés par leur formidable batteur, et une précise bassiste/ pianiste n’a pas su emporter son public. Bien que toute de noir vêtue, rendant hommage à la chanteuse de Mazzy Star, et tapant délicatement du talon au rythme lancinant de la musique, Jennifer Charles n’a pas su trouver la note juste. Chantant systématiquement faux, tandis que son complice Oren Bleodow essayait de faire diversion avec tout son français pendant qu’il tentait d’accorder sa guitare, la diva semblait bien malheureuse. Et le public sacrément déçu.

Peut-être est-ce l’impatience de ce dernier, venu en masse entendre le groupe, et prêt à l’écouter (trop? ) religieusement qui a dérouté les musiciens? Peut-être s’agit-il d’un retard d’avion qui a empêché Elysian Fields de préparer assez le set de son concert? En tout cas, si l’on pouvait entendre derrière chaque chanson la richesse d’harmonie, et si la force des textes était intacte, le résultat tellement décalé, déboussolé était d’autant plus frustrant. Les couacs et les soubresauts empêchaient de se laisser partir et de rejoindre les musiciens vers ces Champs-Elysées promis par leurs enregistrements.

Espérons que demain soir, le groupe aura retrouvé son esprit si intense pour son public de Lyon.

Elysian Fields est en tournée en France jusqu’à la fin du mois. Toutes les dates sont sur leur myspace.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

8 thoughts on “Live Report : Elysian Fields n’a pas emmené son public au paradis (17/05/11)”

Commentaire(s)

  • jr

    Salut
    complètement en désaccord.

    > un bon quart d’heure en retard,

    Ouh là là !

    > Bien que toute de noir vêtue, rendant hommage à la chanteuse de Mazzy Star

    Bon, ça commence à dater et à bien faire ces comparaisons réchauffées avec Hope Sandoval – due à une vision un peu étriquée (pour faire bref : lascivité, sensualité, bla bla bla). Actualisez vos références ! L’univers de Jennifer Charles est bien plus vaste : comment, en entendant « Johnny », ne pas penser à Edith Piaf, ou du Kurt Weill ? Et la poésie, bordel ?

    > Chantant systématiquement faux,

    Vous exagérez.

    > retard d’avion

    Vu qu’ils étaient hier soir en Black Session à la Maison de la Radio, c’est un peu con de prendre l’avion pour aller au Café de la Danse. Mais bon c’est vous le journaliste !

    > résultat tellement décalé, déboussolé

    Ah ouais ? Oren Bloedow est juste un musicien exceptionnel, le batteur sait appuyer quand il le faut, Sarah Murcia à la contrebasse est discrète mais connaît bien le groupe pour l’accompagner régulièrement en France.
    Ce que vous prenez pour de l’imprécision (le câblage, c’est pas de leur faute) est une qualité d’écoute musicale rare entre eux : un vrai groupe, quoi, pas une machine.
    Et si l’émotion était en effet plus mince que lors de passages précédents, c’était au profit d’un son plus rock, qui effectivement ne rend pas toujours compte des fins arrangements du dernier disque.

    mai 18, 2011 at 12 h 38 min
  • Maenes

    Navrée JR, bien qu’aimant beaucoup Elysian Fiel, je n’aurai pas changé une virgule de l’article. A part peut-être le coup du quart d’heure de retard… Ca on s’en moque un peu, les concerts ne commencent jamais à l’heure.

    En revanche je trouve que vous partez loin concernant Piaf, Weill et la poésie : sur Johnny, Jennyfer Charles était complètement à côté. Il y a une différence entre s’éloigner entre prendre des libertés par rapport à la mélodie et chanter totalement faux du début à la fin.

    J’ai passé le début du concert à me demander si elle tentait des harmonisations mais non, elle a chanté faux tout le long du set. Je ne remet pas forcément en cause son talent, peut-être était-ce un problème de retour, qu’elle ne s’entendait pas et avait du mal à placer sa voix … ou peut-être était-ce simplement un jour sans. J’en sais rien.

    De manière générale j’ai était déçue parce qu’à mon sens, ils n’ont vraiment pas fait un bon concert.Niveau charisme et présence c’était pas ça non plus, compte tenu de leur potentiel et de leur expérience on était en droit de s’attendre à mieux !

    mai 18, 2011 at 20 h 50 min
  • jr

    > Il y a une différence entre s’éloigner entre prendre des libertés par rapport à la mélodie et chanter totalement faux du début à la fin.

    J. Charles ne s’est aucunement éloignée de la mélodie de « Johnny » ! C’est vrai qu’elle a parfois du mal à monter dans les aigus, mais enfin elle a globalement chanté juste ! Surtout sur les titres plus énervés. Ou alors vous étiez en face d’une enceinte défectueuse ! De mon côté le son était très bon. Faut dire la voix est très en avant, pas masquée par un volume assourdissant comme le font beaucoup trop d’artistes. Quelques imperfections techniques certes, mais au niveau de la prise de risques.

    > .Niveau charisme et présence c’était pas ça non plus, compte tenu de leur potentiel et de leur expérience

    Désolé, niveau charisme elle assure. Preuve : un gars débile et bourré sur la droite de la scène beuglait et agitait un drapeau anglais (!). Jennifer : « This guy should start a blog ». La classe !
    Et je répète : Oren est un guitariste hallucinant.

    > Le potentiel
    Plus à prouver, et depuis longtemps !

    >L’expérience
    Parlons de la mienne aussi. Je les ai vus bien 10 fois. Mardi c’était vraiment un bon concert, émotionnellement moins puissant mais d’une énergie bienfaisante.

    Là j’arrête, je trouve que poster des commentaires c’est débile, en fait :-))

    mai 19, 2011 at 9 h 58 min
  • Yaël Hirsch
    yael

    Bonjour Jr, bonjour Maenes,
    Non les commentaires ne servent pas à rien, et comme vous l’avez peut-être deviné à mon ton, j’étais assez désolée de devoir écrire en sens négatif sur le concert. Mais c’est vraiment ce que j’ai ressenti.
    Du coup, votre commentaire, Maenes, est très rassurant, merci : on pouvait bien le ressentir comme cela et ce n’est peut-être pas moi qui ai été complétement fermée à l’art d’Elysian fields. Cela dit je suis heureuse que le site puisse servir de tribune à un vrai fan comme vous, jr.

    Quant au fameux quart d’heure de retard, je ne l’ai pas mentionné pour critiquer le groupe, mais simplement parce que j’ai senti le public s’impatienter et que je me suis dit que son attitude les a peut-être un peu perturbés. Quand on assiste en tant que public à un concert un peu raté, je trouve qu’on se sent toujours un peu responsable.

    Voilà, merci encore pour vos commentaires.

    mai 19, 2011 at 11 h 19 min
  • jr

    OK ! Merci Yael. Bon esprit.

    mai 19, 2011 at 16 h 56 min
  • jr

    OK ! Merci Yael. Bon esprit. Bye.

    mai 19, 2011 at 16 h 56 min
  • Chips

    Je n’étais pas au concert le 17, mais j’étais la veille à la Maison de Radio France… Un de mes meilleurs concerts ces dernières années assurément. Déjà, le son était exceptionnel, très net. Oren Bloedow était en grande forme (il a bien amusé la galerie). On sentait le groupe à deux doigts du débordement sur Last night on earth, jouant sur les limites. A la fin du 1er rappel, sur Red Riding Hood, toute la salle s’est mise à chantonner l’air de fin à la demande du groupe ; les musiciens sont ensuite sortis de scène un par un, nous laissant fredonnant l’envoutante mélodie… Toute la salle était debout, en continuant à chantonner, applaudissant pour demander un 2e rappel. Bref, un moment inoubliable. Je remercie infiniment la copine qui m’y a invité.

    juin 1, 2011 at 10 h 32 min

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