Musique
Live report du 23 mai : Concert d’Ours au Divan du Monde

Live report du 23 mai : Concert d’Ours au Divan du Monde

24 mai 2012 | PAR Olivia Leboyer

Poétique, ludique, chaleureux, le deuxième album d’Ours, El, est une réussite. Le concert d’hier soir, en toutes libertés, nous a absolument enchantés !

C’est dans un endroit plein de charme, au Divan du Monde, qu’Ours a donné hier soir un concert extrêmement rafraîchissant et d’une grande qualité musicale. Ironiquement, la première chanson, « Le cafard des fanfares », parle de la difficulté à se sentir en phase avec le bonheur ambiant, obligé. Si ses chansons disent souvent le décalage (comme « Vélo », sur la gamberge), une certaine mélancolie, Ours respire la joie d’être sur scène. Très à l’aise, en jean et chemise en jean (parfait pour chanter « En jean et féminine »), il s’adresse au public avec simplicité et gentillesse, comme on le ferait lors d’un bœuf entre amis. Des amis, Ours en est d’ailleurs entouré, à commencer par le très talentueux Lieutenant Nicholson, au clavier, Djeuhdjoah aux chœurs, un excellent bassiste, et même un joueur « cruche » (sorte de tam-tam rond) ! Tout en groove, les chansons possèdent une vraie singularité : une mélodie prenante, très rythmée, et des paroles souvent drolatiques, fondées sur de petits jeux de mots, qui habillent joliment une sensibilité touchante. Avec « La Maison de mes parents », Ours chante ainsi son attachement à sa famille, à ses points d’ancrage : « Au milieu de mes aventures / C’est la chanson qui rassure / Et dans ma vie sans structure / Il y a ces deux personnes sûres, sûres ».

Sur la scène, un pot de miel géant, renversé (comme sur la pochette de l’album) : à califourchon sur ce pot de miel, nimbé d’une lumière dorée, Ours interprète quelques titres doux-amers, « Quand Nina est saoule », « Miel ». Sa voix particulière, au timbre un peu voilé, fait merveille.
Rien de statique dans ce concert : Djeuhdjoah et Ours se lancent dans des danses bondissantes et joyeuses. Tout naturellement, Ours cède sa place à Djeuhdjoah, qui chante un morceau de sa composition, très entraînant. Le groupe qui a assuré la première partie, Scotch et Sofa, le rejoint également le temps d’un joli trio sur l’amour. Ours remercie ses musiciens et amis à de multiples reprises. C’est bien un esprit de groupe, familial, chaleureux, qui règne ici. On sent une vraie complicité, un plaisir à jouer ensemble, comme des enfants farceurs. Nous avons même droit à un joli intermède humoristique « Leçon de flûte », magistralement mené par la belle Cheesecake.

Et quand Ours chante « L’amour sorcier » de Claude Nougaro, il met carrément le feu ! Détendu, conquis, le public reprend sans complexe avec Ours les sympathiques paroles des « Chocottes » : « T’es chaud / T’as la côte / Pourquoi t’as les chocottes ? », « Tes bises / Ont la côte / Elles craquent comme des biscottes / crr-crr-crr ». Suivent « De Guingois », le tube « Balancer », la chanson chorale « Silex ».
Un très joli moment suspendu, pour un mercredi de récréation (où nous avons tous, à nouveau, dix ans !). Pour la touche finale, une douce mélancolie avec la très belle chanson « Comment c’est ton quotidien » sur l’amour perdu et ce qu’il en reste…
Entre la joie de danser et le temps de la nostalgie toujours souriante, un concert parfait, où toutes les émotions prennent le temps de nous toucher, directement. Un grand merci à Ours et à ses musiciens !

Visuel : (c) Ketherine Hoffmann

 

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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