Musique
Live report du 15 décembre : fabuleux Noël avec Florent Marchet au Café de la Danse

Live report du 15 décembre : fabuleux Noël avec Florent Marchet au Café de la Danse

16 décembre 2011 | PAR Olivia Leboyer

Cette année, Noël a eu lieu hier, jeudi 15 décembre. Les calendriers n’étaient pas tous d’accord entre eux, à commencer par ceux des Chrétiens et des Chamois, mais Florent Marchet a tranché pour cette date, qui ne tombe pas plus mal qu’une autre !

Doit-on encore dire que les concerts de Florent Marchet sont époustouflants, bien plus enthousiasmants que la plupart des autres concerts qui fleurissent un peu partout ? Il y a chez lui une grâce, une fragilité, mais aussi une vraie force, une voix claire et ferme à la fois, qui vous tient complètement sous son charme.

Hier donc, au Café de la Danse, nous avons sagement attendu, fébriles, au pied du beau sapin qui ornait la scène, flanqué d’une fausse cheminée, de paquets cadeaux brillants et d’instruments de musique. Après une distribution de petits ours en guimauve et une bière, Florent Marchet, le Santa Claus Orchestra et la Fiancée ont fait leur entrée, en tenue de réveillon. Aussi chic que dans Courchevel, le chanteur en petit pull jacquard rouge, cravate rentrée et jean slim, a cette silhouette adolescente sur laquelle le temps, comme sur son Benjamin, n’a aucune prise. La Fiancée (« Les mains sales », « Soleil pâle », « O avait juré »), d’une beauté exquise avec sa frange et son chignon, porte une robe noire col Claudine, légèrement décalée par des collants roses flashy et des salomés.

Chez Florent Marchet, justement, tout est dans le décalage, imperceptible, qui permet de toucher, comme par mégarde, à quelque chose de sublime. Les chants de Noël ont toujours été beaux, avec lui ils deviennent magiques, ils reprennent vie.

Le concert s’ouvre ainsi avec « Ah ! quand reviendra-t-il ce temps ? », chanté en duo avec La Fiancée, dont la voix très pure s’accorde merveilleusement avec celle, vibrante et claire, de Florent Marchet. Les chansons retentissent, avec de superbes fléchissements, des temps suspendus, qui se déclinent un peu différemment. Avec « Les neiges de Finlande », Florent Marchet peut même nous émouvoir au détour d’une histoire triste : espérons que « les neiges de Finlande » tombent aussi sur les Noëls d’Aubervilliers. Nous frissonnons aussi à « Courchevel », décidément bouleversante.

Enfin, entre le Père Noël en personne, très grand, athlétique, visage couvert de poudre blanche et regard fixe : bref, un peu flippant ! Drôle de Père Noël, qui s’avance pour embrasser gravement Florent Marchet, avant de relever, subrepticement, le bas de sa pèlerine. Il porte des chaussures rouges pailletées à talons hauts, ce Père Noël ! Lorsque Florent Marchet l’invite à chanter, voilà qu’il ôte d’un geste théâtral son manteau rouge. Magnifiquement travesti, il se dresse devant nous, fille du Père Noël maquillée de rouge et de blanc, pour chanter d’une étrange voix tantôt aiguë et tantôt plongeant dans les graves, une complainte des amants du Pont de l’Alma. Sous ces travestissements gigogne, la fille du Père Noël est incarnée par Nicolas Martel, qui nous a impressionnés par ses interprétations habitées et ses danses lentes et sensuelles. Une véritable diva tragique, pour une fête de Noël aussi belle qu’étrange.
Qu’il chante ou qu’il accompagne au piano, Florent Marchet dirige son orchestre de chamois d’une main de maître, avec une précision et une finesse remarquables. Il est rare d’entendre un concert aussi soigneux, aussi lumineux !

Rien ne manque à ce Noël de rêve, loin des fastidieux dîners de famille, pas même une gentille distribution de cadeaux, ni le verre de vin chaud après le concert !
Pour notre part, nous avons fêté Noël hier soir, et c’était fabuleux ! Bien évidemment, nous mettrons son délicieux CD de Noëls Songs pendant le dîner du 24, cette date improbable et arbitraire.

Répétons-le : à Noël, à Courchevel, à Rio Baril, Florent Marchet est un chanteur délicat, à la voix incroyablement ferme et précise, aux textes forts et au style vraiment classe. On se serait moqué de lui, quand il a proposé un concert de Noël ? Florent Marchet ne s’arrête pas à cela, sa folie douce nous emmènera toujours plus loin !

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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