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Les Nîmois adoptent avec enthousiasme les Rencontres musicales

Les Nîmois adoptent avec enthousiasme les Rencontres musicales

23 août 2022 | PAR Victoria Okada

À Nîmes, à deux pas des Arènes, les Rencontres musicales ont donné leurs premiers concerts. La cité qui vit les Romains construire un amphithéâtre le mieux conservé au monde, sera tout aussi fière de ce nouveau rendez-vous que de l’œuvre de ses ancêtres.

Concert inaugural « Genèse » sous un orage

Pour la naissance d’un événement d’envergure, il faudra une mise en scène à grande envergure. Elle n’a pas manqué, car le ciel offre sa collaboration pour tester l’ambition du festival. Le 17 août, un violent orage avec une pluie diluvienne, n’empêchera nullement la volonté des organisateurs et l’enthousiasme des auditeurs. Déplacé au Grand Temple, le concert inaugural se déroule en une véritable fusion musicale des musiciens de la première édition, tous des amis et complices des trois directeurs musicaux : la violoniste Liya Petrova, le violoncelliste Aurélien Pascal et le pianiste Alexandre Kantorow. L’idée de la démocratie régit le festival, tous les musiciens ont une part équitable dans la programmation.
Le thème de « Genèse » — chaque concert a un thème particulier — se reporte, outre la naissance du festival, à des œuvres écrites à l’aube de la carrière de compositeurs. Des grands moments se succèdent l’un après l’autre, dans une interaction visible entre la scène et la salle : au fil du temps, l’écoute attentive des auditeurs permet aux musiciens d’aller plus loin, ce qui impressionne encore davantage le public, et ainsi de suite. Au final, le Quintette de Korngold, extrêmement rare en concert, recueille un accueil triomphal comme une pièce très populaire de Beethoven ou de Brahms. Le coup de foudre, que l’orage semble nous envoyer, est visible et immédiat entre les deux parties.

« Danse macabre » sous le signe de l’égalité et de la fraternité

La démocratie est le mot-clé de ces Rencontres, nous l’avons déjà vu, mais le thème du deuxième concert est « ce qui est de plus démocratique qui soit, car rien n’est plus égal que la mort ! » lance Philippe Bernhard, directeur du Festival. Les cinq œuvres du programme sont toutes poignantes, évoquant la mort ou l’idée de la mort. Parmi elles, le Quintette de Schnittke, probablement encore plus rare que Korngold de la veille, s’écoute sous un silence religieux, personne ne voulait faire échapper une seule note. Apres la Danse macabre de Saint-Saëns et La sonate à la « marche funèbre » de Chopin interprétées en solo avec grand engagement par Alexandre Kantorow puis par Adam Laloum, le Trio de Chostakovitch, sombre et oppressant, suscite encore davantage d’enthousiasme que Schnittke. Le public du Grand Temple répond avec une ovation debout les musiciens qu’ils ont définitivement adoptés comme enfants du pays.

Nous avons quitté Nîmes, sans pouvoir assister aux deux autres concerts (qui, quant à eux, ont lieu au Cloître des Jésuites comme prévu), le cœur remplir de tant d’émotion de voir naître ces rencontres qui deviendront l’un des rendez-vous incontournables de musique de chambre.

Les 17 et 18 août à Nîmes. Comptes rendus détaillés sur vivace-cantabile.com

photo © Thomas Manillier

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Victoria Okada

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