Musique

Lena Horne: Plus qu’une légende

11 mai 2010 | PAR Tristan Karache-Prudent

Lena Horne, connue pour ses interprétations cinématographiques et sa voix mise au service du jazz, est morte dimanche dernier à l’âge de 92 ans dans un hôpital new-yorkais. Plus qu’une femme, c’est un symbole, elle est la première artiste afro-américaine à avoir signé un contrat de longue durée avec un grand studio hollywoodien.

Lena Calhoun Horne est née le 30 juin 1917 dans un quartier populaire de Brooklyn à New York. Alors qu’elle était encore petite fille, ses parents ont divorcé. Sa mère souhaitant devenir actrice, Lena est confiée à ses grands-parents. Lorsqu’elle a sept ans, sa mère est revenue la chercher et l’emmena avec elle. Ballotée durant 2 ans la petite fille parcourt de nombreux états dont la Floride, la Géorgie et l’Ohio. Revenue à Brooklyn, elle arrête l’école à 14 ans et trouve son premier travail à 16 ans au sein du célèbre Cotton Club où les artistes noirs jouaient devant un public blanc. Elle y rencontre Cab Calloway et Duke Ellington qui lui font partager leur passion pour le jazz et qui l’aident à passer les moments difficiles.

Si sa seule carrière dans le domaine de la musique aurait suffi à l’inscrire au panthéon des artistes de légendes, à 21 ans après être passée brièvement à Broadway, elle tourne son premier film musical « Le duc est en tête » en 1938. Quatre ans après ses débuts difficiles, elle accepte le rôle d’une chanteuse de boite de nuit dans « Panama Hattie » et signe le fameux contrat avec la Metro-Goldwyn-Mayer. Malheureusement, le film se heurte à quelques problèmes raciaux dans le sud du pays, en effet la population ne souhaite pas regarder des films où les noirs sont représentés hormis s’ils sont subordonnés aux blancs. Lena refuse de jouer dans des films entrant en accord avec ce stéréotype. Les cinémas ne voulant pas prendre le risque de perdre leurs sources de revenus refusent de projeter le film. En 1943, elle incarne Selena Rogers en accord avec la 21h century Fox et fait une bonne performance au box-office. La même année elle excelle dans « Cabin in the sky » où elle joue Georgia Brown aux côtés d’Ethel Waters et d’Eddie Anderson Rochester. La suite de sa carrière cinématographique est moins glorieuse, la diva ne chante plus que pour des seconds rôles et les différentes rumeurs minent sa carrière. Sa dernière apparition sur les écrans de cinéma remonte en 1978 avec « The Wizz » dans lequel elle personnifie Gloria, la bonne sorcière.

Lena est chanteuse avant d’être actrice. En 1939, après son premier film plutôt raté, elle s’illustre dans la revue de Broadway intitulée « Leslie Blackbirds of 1939 ». En 1940, elle devient choriste pour le groupe de Charlie Bennet. Durant toute sa vie la chanteuse à la voix cristalline a enchainé les albums, entre 1955 et 2005, 27 disques auront été produits. Le jazz a perdu l’une de ses plus vieilles et plus grandes égéries. Jusqu’en 1963, Lena Horne est restée avec la RCA et a réalisé à ses côtés la moitié de l’ensemble de ses performances comme le live unique et éblouissant « At the Waldorf-Astoria » ou encore « Porgy & Bess » aux côtés d’Harry Belafonte. Entre 1963 et 2005, la chanteuse a alterné les contrats avec divers labels, Charter en 1963 pour « Sings your request », UA en 1966 avec « Lena in Hollywood » et bien d’autres.

Du côté de ses relations, son surnom de « tigresse » est surement plus dû à ses mimiques sur scène et sa silhouette plutôt qu’à ses amours. En 1937, alors que sa carrière débute à peine, la chanteuse se marie avec Louis J. Jones, le couple donnera naissance à deux enfants avant de divorcer en 1944. En 1947, elle rencontre Lennie Hayton et se marie plus tard avec celui-ci, ce juif américains est l’un des premiers chefs d’orchestre et arrangeur de la Metro-Goldwyn-Mayer. Jusqu’à la mort de ce dernier en 1971, l’union tiendra l’épreuve du temps bien que les directeurs exécutifs des studios ainsi qu’une bonne partie de la population aient désapprouvé leur couple interracial.

Lena Horne interprète Moon River, la chanson déjà chantée par Audray Hepburn pour le film « Diamants sur canapé ».

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Tristan Karache-Prudent

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