Musique

L’Electro Symphonic Project de Laurent Couson avec Charles Schillings et Tom Fire fait vibrer l’Opéra de Bordeaux

L’Electro Symphonic Project de Laurent Couson avec Charles Schillings et Tom Fire fait vibrer l’Opéra de Bordeaux

20 octobre 2018 | PAR Yaël Hirsch

Nous vous en parlions dans notre émission mensuelle sur Radio Néo en invitant le compositeur et chef d’orchestre Laurent Couson. Sur place, à Bordeaux, nous sommes allés à l’Opéra de Bordeaux entendre la première de son Electro Symphonic Project, réalisé avec les 90 musiciens de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine. Salle comble et comblée pour un pari réussi : celui de mêler le son symphonique à divers genres d’électro. Un souffle d’inventivité et une forme originale qui ouvre le sanctuaire de l’Opéra vers d’autres horizons.

Grande première à l’Auditorium de Bordeaux qui a dû refuser plus de 500 spectateurs. Le public est mêlé : curieux, public du Fab, fans de Charles Schillings et habitués de l’Opéra. Nous attendons les musiciens déjà sur scène donnent l’impression de partager notre impatience. L’ouverture se fait dans une lumière bleutée. Chef d’orchestre et compositeur, Laurent Couson semble d’abord diriger les 90 musiciens de l’Orchestre National de Bordeaux Aquitaine pour qu’ils s’accordent. Puis le beat commence et Laurent Couson lui répond de son clavier, soutenu par la basse d’origine bordelaise, Benoit Lugué. La pression et le son montent jusqu’à déborder.

Une petite pause d’explication est installée où le compositeur se dit heureux de jouer pour la première fois à l’Opéra dans la ville où il est né. Il présente ses musiciens et nous explique comment ça marche : il précise que pour faire écho à la texture de l’orchestre, il a puisé dans tous les styles de musique électronique : techno, house industrielle  et R’n’B.

La lumière se tamise à nouveau, des rondes de lumière viennent du plafond et l’on part vers une musique plus industrielle avec les deux mouvements suivants : le martial « Gangs » et »FIRES ». Un zeste de piano et le morceau s’interrompt intelligemment en nous laissant sur notre faim.

Introduits également par le compositeur, les deux morceaux suivants s’enchaînent : « Three beats », valse machiavélique est une nocturne qui finit de manière tellurique. Puis « Strings » le bien nommé suit un rythme presque « break ».

Laurent Couson parle ensuite de son rapport au 7e art  : « Je suis tout de même aussi compositeur de musique de films », avec des images de l’histoire du cinéma pour rendre hommage aux œuvres pionnières Buster Keaton et Charlie Chaplin sur une musique « Crazy circus » de fanfare.

Après un  poignant hommage à Didier Lockwood : « C’était mon modèle et c’était mon ami » le « Project » propose un titre inédit en la mémoire du musicien ,« The Key », où l’intensité dramatique monte et où le denier mot revient au clavier mélancolique.

Avec l’entraînant « Mr C » où tous les instruments jouent la cavalerie est lancée. La lumière monte aussi et des lampions s’allument sur l’écran pour suivre les aigus de l’orchestre dans « The following day » bien rythmé par la basse: c’est un autre jour, un autre monde.

Sans transition de Laurent Couson, le noir tombe et la musique électronique l’emporte. Concrète, elle prend toute la place tandis qu’apparaît en hauteur celui qui manquait encore : Charles Schillings. Jolie mise en scène qui permet au chef d’orchestre de sortir discrètement de scène pour revenir rétablir l’équilibre en lançant l’orchestre sous des phares imposants.

Le morceau suivant commence, rythmé par l’electro et il est orné de vidéos léchées d’une danseuse à l’œuvre. L’electro semblent l’emporter  à nouveau dans une danse satanique. Laurent Couson a chaussé ses lunettes noires pour célébrer un moment de son aussi saturé et festif qu’il a pu être au Queen à 4 heures du matin d’un lundi d’octobre 1998.

Looké également de ses lunettes noires, le saxophoniste Thomas Lachaize fait apparition sous les applaudissements rythmés du public. L’orchestre reprend le pouvoir avec le très joyeux « Second beam ». Un salut et l’on part dans les étoiles  pour un final tout en son et lumière, avec My Funeral initié au piano et surligné par le violoncelle. C’est pourtant aussi extrêmement mélancolique. Si bien qu’en bis, l’Orchestre heureux et les Djs nous offrent une joyeuse, cinématique et irrésistible « Parade finale ». Longue vie à ce projet qui réveille et révèle les correspondances entre des mondes que l’on croyait cloisonnés.

Lien vers l’album « The Modern Symphonic Album » paru en 2017 chez Universal, ici. 

Visuel : page facebook de Laurent Couson

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : yael@toutelaculture.com

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