Musique
Le Rock d’Animal Triste pour sublimer la morosité du présent

Le Rock d’Animal Triste pour sublimer la morosité du présent

18 octobre 2022 | PAR Anne-Christine Caro

Dans le cadre de l’édition 2022 du MaMA Festival nous avons rencontré Animal Triste, le groupe de rock idéaliste qui va au bout de sa passion.

Il y a eu Rennes, il y a eu Reims, depuis longtemps on sait que la Bretagne et la Champagne recèlent certains des meilleurs millésimes de musiciens. Mais il faut aussi compter avec la Normandie, et oui ! Rouen et Evreux sont les bastions de ces 6 garçons – enfin on ne peut pas vraiment dire garçons parce que ce sont résolument des hommes – avec un passé musical déjà bien habité.

Il ont tous d’abord eu ou ils ont encore leurs groupes : La Maison Tellier pour Yannick Marais (alias Helmut Tellier) ici au (chant) et Sébastien Miel (guitare), Radiosofa pour Mathieu Pigné (batterie) et Fabien Senay (guitare), Dallas pour Cédrick Kerbache (basse), et Darko pour David Faisques (claviers, guitare).

Créer son groupe pour faire la musique qu’on aimerait entendre

Avec La Maison Tellier on a dansé sur le volcan, on est partis en virée à Chinatown, bref on a pas mal changé de décor, et aujourd’hui où va-t-on ? Partout sauf dans le « c’était mieux avant ». Comme ces couples qui, passé la quarantaine, font un bébé tardif pour rester de jeunes parents, tous les 6 ont créé leur groupe. Ils se refusent à devenir des vieux cons qui critiquent la musique qui sort et décident de créer leur formation pour faire la musique qu’ils auraient envie d’écouter. Ça se tient !

Il est 18h et dans moins de 3 heures ils seront sur la scène de la Boule Noire pour le MaMA Festival 2022. Assis là en face de moi il y a Fabien, Mathieu, Darko et Cédrick. Plus les absents, ça fait 6 hommes en tout et ensemble ils sont Animal Triste. Pourtant il y a bien plus que la tristesse qui relie ces amis de la fac de Rouen, même si c’est vrai, ce fond de l’œil teinté de triste est bien là, et nous fait nous dire qu’ils sont un peu comme nous. Il y a quelque chose de personnel oui, mais aussi d’universel dans le triste, et en particulier dans les moments qu’on vit là.

Leur rock, classique et brut, à l’ancienne quoi, séduit et rafraîchit nos oreilles. On a hâte de découvrir ça en live dans quelques heures.

Voici l’audio de notre rencontre :

Ensemble on s’est demandé si la tristesse pouvait faire du bien et s’il y avait un renouveau du rock, ils m’ont aussi raconté ce que ça fait de rencontrer son idole et même de travailler avec comme ils l’ont fait avec Peter Hayes de Black Rebel Motorcycle.

On a évidemment parlé de Bruce Springsteen dont ils ont signé la superbe cover de « Dancer in the Dark », du rituel de l’Animal Triste avant de monter sur scène, et puis de leur univers graphique. C’est Léonard Titus qui signe leurs pochettes et invente leur logo, ces deux flèches qui ne sont autres qu’un A et un T détournés.  

J’ai eu l’impression de rencontrer une famille formée non seulement par les membres du groupe mais aussi par leur entourage. Et justement ils m’ont raconté le passage du mainstream à l’indé, (Darko a travaillé entre autres avec Julien Doré pendant des années) et comme il nous l’a si bien dit « Il y a ce que tu fais pour vivre et ce que tu fais parce que tu as besoin de vivre ».

Bref après des carrières bien remplies, l’unique question qui se pose devient le pourquoi tu brûles encore.

© Photos : Anne-Christine Caro

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Anne-Christine Caro

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