Musique

Le monstre sacré Amitabh Bachchan au théâtre des Champs-Elysées

14 juin 2010 | PAR Margot Boutges

Hier soir, Amitabh Bachchan était sur la scène du théâtre des Champs-Elysées pour une représentation unique et exceptionnelle.

Amitabh Bachchan est sans aucun doute la plus grande star du cinéma Bollywood, une légende aujourd’hui vieillissante qui se fait moins présente sur les plateaux de tournage pour des raisons de santé. L’acteur de 67 ans, célèbre pour ses rôles de rebelle s’est illustré dans plus de 150 films tels que Zanjeer ou Solay (voir vidéo) pour lesquels il s’était vu attribuer le surnom d’ « angry young man ». Il incarne aujourd’hui des rôles de patriarche indien dans des films chorals où il est bien souvent la pierre angulaire d’un casting prestigieux (Kabhi Khushi Kabhie Gham (voir vidéo), Veer-Zaara (voir vidéo)). Hier soir, il était là pour lire et chanter les poèmes de son père Harivansh Rai Bachchan. On a eu droit à deux heures de grand spectacle emmené par la voix du maitre et par le rythme des musiciens traditionnels. La superstar déclamait en hindi et en anglais avec charisme et éloquence. (La production avait prévu un surtitrage en français.)

Harivansh Rai Bachchan, mort en 2003 est un poète très célèbre en son pays. Né en 1907, il a grandi dans une famille d’intellectuels de l’Inde sous domination anglaise, a étudié à Cambridge, a participé au mouvement d’indépendance mené par Gandhi, a connu la partition Pakistan/Inde… En poste au ministère des affaires étrangères, il a œuvré à valoriser la langue officielle : l’hindi. Durant toute sa vie, il a composé des poèmes tantôt drôles, tantôt poignants, tantôt engagés… Ses œuvres témoignent d’un regard sur le monde d’une rare acuité et d’une grande sensibilité à la nature et à la vie quotidienne. On a particulièrement aimé la lecture de Traces de sang qui aborde le rôle du poète dans la dénonciation des atrocités du monde et de Bouddha et le bal qui revient avec beaucoup d’humour sur la figure mythique de Siddhartha Gautama, prince devenu Bouddha l’éveillé et qui s’est changé avec les siècles en une figure décorative et clinquante que l’on dispose dans les salons… Les lectures étaient entrecoupées de textes chantés par la voix profonde d’Amitabh. « On a cru que mon père était alcoolique » a-t-il confié après avoir entrainé le public sur la route du cabaret avec la chanson Madhushala (voir vidéo). On a apprécié ses petits récits familiaux teintés d’humour.

La représentation était très animée. Le théâtre avait revêtu les couleurs de l’Inde et fourmillait de somptueux saris. Le public, en partie composé d’indiens était enthousiaste, toujours prêt à se lever pour saluer celui qui est bien souvent déifié dans sa patrie. La plupart le voyait pour la première fois en chair et os et n’ont pas pu s’empêcher de faire crépiter les flashs, ce qui avait été formellement interdit par la production. Le spectacle s’est clôturé en chanson. La superstar a signé quelques autographes et un tout petit garçon est monté sur la scène pour offrir un bouquet de fleurs au Big B et en a profité pour lui toucher les pieds, marque de respect adressée à la figure du père dans la société indienne.

Dans la cohorte de spectateurs se tenait sa femme Jaya Bachchan, actrice célèbre avec laquelle il a bien souvent partagé l’affiche. On espérait secrètement voir son fils Abhishek acteur Bollywood reconnu et sa belle fille Ashwarya Rai mais ce ne fut pas le cas. Après sa venue traditionnelle à Cannes, l’actrice, ex Miss-Univers et égérie de l’Oréal, est retournée en Inde.

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Margot Boutges

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