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La sélection des disques POP-ROCK-INDÉ-ELECTRO-RAP et JAZZ ! (du moment)

La sélection des disques POP-ROCK-INDÉ-ELECTRO-RAP et JAZZ ! (du moment)

21 août 2020 | PAR La Rédaction

La rédaction reprend la bonne habitude de vous livrer ses pépites mensuelles. En cette fin d’août, voici les albums que nous avons écouté tout l’été et que nous écouterons encore à la rentrée. A vos playlists et à vos casques… 

 

Drab city – Good Songs For Bad People

Islamiq Grrrls (Asia) et oOoOO (Christopher Dexter Greenspan) ont signé en juin sous le label Bella Union Good Songs For Bad People. Une bombe trip-hop aux origines aussi diverses et floues que ses protagonistes. Ce que l’on sait c’est qu’elle est née à Hagen, de parents Bosniaques. Lui est américain. Où créent-ils, ça on ne sait pas ! 32 minutes, tout court donc, mais intense. 32 minutes d’une bande son comme une ballade dans les années 60 et le futur. C’est totalement distordu comme l’annonce l’instru du début, « Entering Drab City », la guitare donne le ton, un peu western, un peu cassée : ici ça tourne pas rond.  La voix d’Asia vient se glisser aux flûtes dans des boucles orientales dans « Working For The Men ». L’album est une bombe de bout en bout, avec un immense coup de cœur pour « Troubled Girl », ballade très addictive et le délicieux « Problem », dont les paroles sont en français ! A la fin du voyage, en ayant croisé un piano sur « Hand on my pocket », on se dit qu’en fait cet album est totalement jazz…Inclassable donc, et vachement bien.

Amélie Blaustein Niddam

Staplin – Neon Shades

Encore un duo, et encore du trip-hop qui frise le jazz ! Norman Langolff et Arno van Colen sont Staplin et viennent de sortir leur premier album très très nouvelle vague. Il s’appelle Neon Shades et à y regarder de prés, ici on joue plutôt collectif. Sur quasiment chaque morceau, on trouve un invité. Halo Maud (sur le très bon « starlight » qui ouvre l’album comme un travelling) mais aussi April March, Sacha Sieff ou Mark Kerr.  Résolument french touch et très élégant grâce aux croisements batterie/basse/guitare/mix, il se décline efficacement comme un grand film où parfois on éclate de joie « Let’s Go Crazy »,  où parfois la tension monte, « The Neon Shade ». Les morceaux alternent les instrumentaux et les présences vocales fortes et oniriques à la fois ( Halo Maud, encore une fois, pour « From de Fire », un morceau aux accents downtempo, planant à souhait).  Idéal pour les derniers jours d’été, sur le retour de la dernière plage avant la rentrée.

Amélie Blaustein Niddam

Carla Bley Trio – Life Goes On

L’aussi inventive qu’inclassable pianiste Carla Bley fait un retour remarqué en 2020 sous le label ECM avec un album studio d’une profonde légèreté. Steve Swallow à la basse et Andy Shepard au Saxophone accompagnent Carla Bley au gré de trois suites, trois fugues, aux retentissements philosophique. Life Goes On, Beautiful Telephones et Copycat, divisés en dix morceaux, innovent dans le sillon de Count Basie, dans lequel la compositrice a cultivé sa personnalité depuis les années 60, et ouvre encore un peu plus les oreilles à l’inentendu.

Emmanuel Niddam

 

Fontaines D.C. – A Hero’s Death

Risquant la sortie de leur deuxième album seulement un an après le premier, récompensé par un succès gigantesque et ravageur, Fontaines D.C. se devait d’être irréprochable. Le quintet irlandais a réussi la prouesse de surpasser le niveau de Dogrel, leur première oeuvre. Sûr de lui, le groupe de post punk voulait absolument confirmer son talent avec tous les moyens possibles, dont certains pas forcément accessibles à leurs débuts. Comme le dit le chanteur au terme de « Hero’s Death », chanson titre de l’album (au clip extrêmement intelligent par ailleurs), « That was the year of the sneer, now the real thing’s here », le groupe est déterminé à montrer ce dont ils sont capable. Et, avec la poésie, le post punk maîtrisé à la perfection, la voix posée, A Hero’s Death est une folle aventure dans l’univers des cinq jeunes musiciens. Prenant, bouleversant, renversant, surprenant, cet opus est une merveille.

Pierre Poughon

Voyou Des confettis en désordre 

Le 18 Septembre, Voyou sort un nouvel EP, chez Entreprise après la révélation de cette poésie urbaine qui n’est pas du slam, ni de la pop dans Les bruits de la ville en 2019.  Thibaud Vanhooland qui a travaillé entre autres avec  Elephanz et Pegase nous invite à souffler Des confettis en désordre. Cet EP de 7 titres confirme le style de ce voyou très doudou qui chante « tout le monde cherche ses idylles de jeunesse ».

Un voyou pas méchant et très attachant, qui parle de sa maman et des bad boys de la cour de récré. Sa voix quasi parlée rappelle désormais Dominique A. La musique fait un pas de côté vers la bossa, notamment dans le très coloré « Carnaval ».

Teinté d’une belle dose de nostalgie, l’EP se clôt sur la reprise de « Jardin d’Hiver ». Voyou semble happé par le passé, comme si le célèbre coup de vieux l’avait frappé, tant mieux, cela provoque des textes bien écrits et des mélodies plus riches. On réécoute « Interlude »une dernière fois, coupure vintage qui invite la trompette à faire des boucles avec des nappes électroniques, toutes douces…

Amélie Blaustein Niddam

 

Visuel : Pochette Grab City

 

 

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