Musique

La playlist impérieuse

La playlist impérieuse

07 avril 2019 | PAR Antoine Couder

Cette semaine Clara Luciani, Nusky&Vaaty, Emmanuelle Seigner et l’épée, Mathias Agayo et Maliibu Mitch. 

Nue — Clara Luciani

C’est la nouvelle petite fiancée de la France (chopée à la lisière italo-marseillaise) : une meuf qui kiffe Metronomy et finit par reproduire son propre première album dans le genre pub Gini (what did you expect ?) en se disant que ça pourrait être super. Donc l’idée :  déjà je souris et je pourrai même pourquoi pas bosser dans l’édition. Il n’empêche, je viens nue vers toi (vers moi ?). Nue, c’est-à-dire, « mettant de côté ma personnalité publique » comme dit la presse people. Yes comme dirait un moins de 18 ans en se posant la question suivante :  Est-ce qu’il faut liker ou, juste, on est (son) obligé  ? 

Chyna white (remix) — Maliibu Miitch

Alors c’est bête mais Clara Luciani donne furieusement envie d’écouter Maliibu  Miiiiiitch pas trop nue pour le coup mais – à l’inverse- entièrement revêtue de ses oripeaux pas du tout féministes; pas du tout la candidate à la playlist de France Inter. La prochaine grande rappeuse venue du Bronx comme dit la presse branchée. Mais pourquoi elle ? Parce qu’elle revient aux fondamentaux, nettoyant le hip-hop de ce qu’elle appelle le « fuck shit ». Une bonne lessive (du Portugal comme disait Jacqueline François)  et ça repart comme en 1990.

Succès fou — Nusky & Vaati

Et puis de nouveau, c’est le coup de blues… Tout triste, en effet, de constater que même un Nusky peut se ranger du côté de la variété, qu’il peut mettre son réel talent d’écriture au service de gimmick de téléphone portable. D’accord, la cible est clairement shabada-teenage mais est-ce que ça valait le coup que le dandy cool se transforme en dandy-frice à pâte d’ado ?  C’est affreux, affreux. On préfère de loin  sa reprise de « Succès fou », sans doute l’un des meilleurs titres de l’album de duo proposé par Christophe et disponible en mai prochain. Très Richard Cocciante en fait.

Dreams — L’épée (Emmanuelle Seigner)

Puisqu’on en est aux années 60, on pense bien fort à Jacqueline Taieb, « 7 heures du matin » , l’année 1967 et tout ce qui va avec avant de tendre le micro à Emmanuelle Seigner et oui ça marche tout de suite, juste un peu plus compliqué au niveau du psyché féminin mais bon, on nous a déjà livré le manuel de survie. Et puis vous accompagnez tout ça avec Anton Newcombe (The Brian Jonestown Massacre) et Lionel & Marie Liminana (The Liminanas) qui, forcément, font le job à donf. Et voilà un morceau avec lequel il n’est pas possible de ne pas passer un bon moment. 

Pikin — Matias Agayo

Pour finir, tout simplement notre clip préféré de la semaine. Pousser le territoire de la danse à la limite du déséquilibre, faire mine de pas grand chose mais en fait, enrichir la recherche formelle au delà des performances bourgeoises sans se départir des sonorités simples et violentes qui nourrissent les rythmes à partir d’une musique quasiment traditionnelle et qui pourtant apparaît absolument moderne. Énergie oui, commentaire non. Titre extrait d’un nouvel album solo à paraître très vite. Le premier depuis 6 ans.

visuel  : Clara Luciani (couvertur d’album)

Stitchomythia, partition performative à Beaubourg
Concert du couronnement : A l’Atrium de Chaville, le 5 Avril 2019
Antoine Couder
Antoine Couder est journaliste. Il est l’auteur de « Fantômes de la renommée (Ghosts of Fame) », une autofiction portée par l’histoire de la musique enregistrée qui a été sélectionnée pour le prix de la Brasserie Barbès 2018. Son travail explore le lien narratif entre document et fiction et plus particulièrement le thème de la musique, entendue au sens de l’écoute et de l’inspiration qu’elle procure. Il écrit actuellement une fiction anthropologique se déroulant entre l’Allemagne, la Suisse et la France.

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